ROUVRIR nos bras...

Comme il est dangereux le chemin qui consisterait à nous faire croire qu’un MASQUE peut nous protéger de la mort, car il reviendrait à nous faire croire qu’il peut nous protéger de la vie. Comme il est dangereux de laisser la peur prendre la place de l’avenir car elle le referme, jour après jour.

Cher.e inconnu.e que je croise par hasard dans la rue, je veux de nouveau te rencontrer sans avoir peur que l’on s’effleure.

Je veux de nouveau te voir sourire.

Cher enfant, je veux de nouveau que l’on cabriole en éclatant de rire.

Chère vieillarde, je veux m’arrêter parler du temps qu’il fait sur le même banc que toi.

Cher toi, que j’aime ou que j’aimerai demain, je veux te serrer de nouveau dans mes bras.

Cher nous, je veux ROUVRIR LA VIE avec toi.

Nous sommes des êtres vivants. Des pierres aux arbres en passant par les fleuves les animaux et nous, nous sommes des êtres du lien, de la peau, des corps, des caresses, immanentes sèves de nos âmes.

Nous sommes capables de protéger les plus faibles d’entre nous car nous savons, et depuis longtemps, comment faire.

Nous sommes capables de comprendre et d’agir en conséquence.

Nous sommes capables de nous responsabiliser.

Nous devons rouvrir la vie ensemble.

Rouvrir les théâtres, les salles de concerts, les opéras, les cinémas, les librairies.

Rouvrir les cafés, les petits commerces, les marchés de quartier.

Rouvrir les lieux de culte, les écoles, les parcs, les squares.

Nous devons ROUVRIR LES BRAS.

Les rouvrir aux personnes âgées qui meurent de solitude, aux enfants des foyers qui subissent de nouveaux abandons, aux femmes qui vivent de nouvelles blessures, aux prostituées qui supportent de nouvelles violences, aux prisonnières et prisonniers qui s’effondrent ; aux malades (pas que du Covid 19) qui luttent seul.e.s.

Rouvrir les bras pour ne plus les refermer jamais et réinventer nos danses.

Les rouvrir pour réinviter les « plus faibles » d’entre nous à vivre avec nous, et pour en prendre soin comme l’on prend soin de la chaleur d’une braise d’hiver ; les rouvrir avec douceur comme l’aube rouvre le jour chaque matin ; les rouvrir parce que là est non le superflu mais l’essentiel ; les rouvrir parce qu’on n’arrête pas un peuple qui s’unit ; les rouvrir pour reprendre ensemble le risque de vivre.

Il nous faut rouvrir la vie que ce système a refermée violemment en tentant non de nous protéger mais de se protéger lui car la vie n’appartient qu’à la vie, tout comme la mort, qu’un masque ne nous protègera jamais de rencontrer un jour.

Il nous faut rouvrir la vie parce que c’est les un.es avec les autres, et non les un.e.s sans les autres, que l’on se renforce et surtout :

que l’on EXISTE.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.