UN PRESIDENT ? POUR QUOI FAIRE ? (suite)

 

De 1789 à nos jours, la France a connu une quinzaine de Constitutions étalées sur cinq Républiques, trois monarchies, deux empires et une dictature.

Construites à l’opposé des régimes autoritaires, nos constitutions républicaines posent en principe que le peuple est censé se gouverner lui-même ; sans toutefois pouvoir se faire entendre autrement que par la voix de ses représentants, donc par personnes interposées ; de même que dans les films doublés ce ne sont pas les acteurs qu’on entend mais leurs doublures, qui parlent à leur place. Si le peuple est « représenté », comment s’assurer que l’image  est conforme au modèle ?

Sous l’Ancien Régime, le Roi pouvait se permettre de dire « l’Etat c’est moi ».

Un Président élu à 51% peut-il en dire autant aujourd’hui ?

 

Les trois-quarts de nos livres d’histoire sont encombrés des faits et gestes de ces quelques 75 rois ou empereurs qui, depuis les temps mérovingiens, ont administré la France. Les huit ou neuf constitutions de nos cinq Républiques ne sont encore jamais parvenues à se débarrasser tout à fait d’un vieux reste de monarchie ; de sorte qu’à défaut d’un roi ou d’un empereur, plus de deux siècles après avoir pris la Bastille, les citoyens, dans leur ensemble, en sont toujours à trouver naturel, aujourd’hui, d’être  gouvernés par un Président, qui n’est après tout qu’un individu comme un autre.

A moins de voter « blanc » ou « nul » en inscrivant au verso de leurs bulletins de vote :  « Un Président ? pour quoi faire ? »

Quelle que soit l’issue de cette élection, nous aurons besoin de faire un peu de ménage dans nos institutions.

Comme d’autres, avant nous, l’ont fait en créant « la Société de 1789 » aux fins d’établir de nouvelles règles.

 

 

 

 

 

 

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