#Repenser - Fashion generation

Mode, consommation… Et s’il fallait repenser le système sur le long terme? Et si nous donnions les moyens aux jeunes générations, en leur donnant les outils nécessaires au développement d’une économie, d’une société, tout en protégeant l’environnement, en recyclant, en adaptant la consommation, mais surtout la production?

 Alors que le déconfinement se met en place en France et dans d’autres pays du monde, la crainte, pour certains, serait de repartir comme avant et tirer un trait sur toutes ces “like” Instagram, Facebook et autres réseaux sociaux, de dauphins dans la lagune transparente de Venise, de canards ou des renards dans les rues de Paris, de biches, de pingouins dans les villes de Nouvelle-Zélande, de chants d’oiseaux dans les espaces urbains… Sur la diminution drastique du taux de pollution à travers le monde; sur terre, dans le ciel et dans les mers. Mode, consommation... Et s’il fallait repenser le système sur le long terme? Et si nous donnions les moyens aux jeunes générations, en leur donnant les outils nécessaires au développement d’une économie, d’une société, tout en protégeant l’environnement, en recyclant, en adaptant la consommation, mais surtout la production?

Un des secteurs les plus polluant de la planète est celui de l’industrie textile. Selon un article publié sur la revue Nature (Nature Reviews Earth & Environment, publié le 7 avril 2020 et révisé le 23 avril 2020), l'industrie de la mode produit 8 à 10 % des émissions mondiales de CO2 (4 à 5 milliards de tonnes par an). C’est également un grand consommateur d'eau  (79 000 milliards de litres par an), responsable d'environ 20 % de la pollution des eaux industrielles due au traitement et à la teinture des textiles, contribue à environ 35 % (190 000 tonnes par an) de la pollution primaire microplastique océanique et produit de grandes quantités de déchets textiles (> 92 millions de tonnes par an), dont une grande partie finit en décharge ou est brûlée, y compris des produits invendus.

Textile © Kate LERIGOLEUR Textile © Kate LERIGOLEUR

L'industrie textile s'étend à l'échelle mondiale et génère des millions de dollars, représente  7 % du total des exportations mondiales et emploie environ 35 millions de travailleurs dans le monde entier. Malgré son importance indéniable, ce secteur industriel est l'un des plus grands pollueurs mondiaux et il consomme de grandes quantités de carburants et de produits chimiques. L'industrie textile est responsable d'une longue liste d'impacts environnementaux. La pollution atmosphérique produite implique, par exemple, le rejet de matières particulaires et de poussières, d'oxydes d'azote et de soufre et de composés organiques volatils. Les chutes de tissus et de fils textiles et les emballages jetés constituent les principaux déchets solides. Les sédiments résiduaires du textile révèlent des problèmes liés à des volumes excédentaires et à une composition indésirable, présentant souvent des charges élevées de matières organiques, de micronutriments, de métaux lourds et de micro-organismes pathogènes (pouvant causer des maladies). Les principaux dommages causés par l'industrie textile à l'environnement sont ceux résultant de la décharge d'effluents non traités dans les plans d'eau, qui constituent normalement 80 % des émissions totales produites par cette industrie. Dans la composition de la plupart des eaux résiduaires de l'industrie textile, on observe des niveaux relativement élevés de demande biochimique en oxygène (c’est-à-dire la quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder les matières organiques (biodégradables) par voie biologique, donc par des bactéries. Elle permet d'évaluer la fraction biodégradable de la charge polluante carbonée des eaux usées. Appelé aussi DBO) et de demande chimique en oxygène (c’est-à-dire la consommation en dioxygène par les oxydants chimiques forts pour oxyder les substances organiques et minérales de l'eau. C'est l'une des méthodes les plus utilisées pour évaluer la charge globale en polluants organiques d'une eau (rivières, lacs, mer, ou eaux usées ou résiduaires industrielles. Appelé aussi DCO).

Il convient de souligner la grande quantité de composés organiques non biodégradables, en particulier les colorants textiles. Les colorants sont des composés organiques qui présentent une grande solubilité dans l'eau, ce qui rend difficile leur élimination par des méthodes conventionnelles. La couleur associée aux colorants textiles ne cause pas seulement des dommages esthétiques aux masses d'eau, mais empêche également la pénétration de la lumière dans l'eau, ce qui entraîne une réduction du taux de photosynthèse et des niveaux d'oxygène dissous affectant l'ensemble de la vie aquatique. Les colorants textiles agissent également comme des agents toxiques, mutagènes et cancérigènes, persistent en tant que polluants environnementaux et traversent des chaînes alimentaires entières en assurant une bioamplification, de sorte que les organismes des niveaux trophiques supérieurs présentent des niveaux de contamination plus élevés par rapport à leurs proies. Certains colorants du textile (à environ 15-50%), ne se lient pas au tissu pendant le processus de teinture et sont libérés dans les eaux usées qui sont couramment utilisées dans les pays en développement pour l'irrigation de l'agriculture.

L'augmentation de l'impact environnemental et sa prise de conscience peut être attribuée à l'augmentation nette de la consommation de vêtements et, par conséquent, de la production textile. La production textile mondiale par habitant, par exemple, est passée de 5,9 kg à 13 kg par an sur la période 1975-2018. De même, la consommation mondiale est passée à 62 millions de tonnes de vêtements par an, selon les estimations, et devrait atteindre 102 millions de tonnes d'ici 2030. En conséquence, les marques de mode produisent aujourd'hui près de deux fois plus de vêtements qu'avant l'an 2000 . En effet, l'augmentation drastique de la production textile et de la consommation de mode se reflète dans l'émergence de la mode rapide (Fast Fashion - Pronto moda), un modèle commercial basé sur l'offre de nouveautés fréquentes aux consommateurs sous la forme de produits à bas prix et à la pointe de la tendance. La consommation récurrente et l'achat impulsif; un modèle qui a connu un énorme succès. L'augmentation de la consommation et de l'efficacité de la production de produits de mode a fait baisser le prix des vêtements à un niveau très bas. Les faibles coûts amplifient encore le phénomène qui consiste à acheter plus et à porter moins fréquemment des articles. Davantage de vêtements neufs sont achetés par personne et par an. Le temps moyen d'utilisation des vêtements a donc diminué de 36 % par rapport à 2005. Étant donné la prolifération mondiale de la Fast Fashion et le volume d'articles produits (et gaspillés), l'industrie de la mode représente une menace environnementale majeure. En effet, les considérations de pollution et de gaspillage n'étaient pas la préoccupation première des producteurs et des détaillants de mode rapide, l'accent étant plutôt mis sur la réduction des coûts et l'augmentation de la rapidité de livraison sur le marché. Toutefois, l'attention du public étant désormais très portée sur la crise climatique, la dégradation de l'environnement et la durabilité en général (par exemple, les objectifs de développement durable des Nations unies, l'industrie (producteurs, détaillants et consommateurs) est contrainte de rechercher des pratiques plus durables et de prendre note de ses impacts environnementaux.

Fashion © Kate LERIGOLEUR Fashion © Kate LERIGOLEUR

L’impact est tel que les plus grands noms de la mode prennent position, afin d’encourager, de bousculer, de se donner bonne conscience aussi, d’y croire, on espère. On entend parler de disparition des défilés Juin 2020, Paris-Milan-Londres, certains défilés seront repensés à travers le digital, qui jouera un rôle important dans les prochains mois. Certaines maisons de haute couture, comme Yves Saint Laurent (France), Ermenegildo Zegna (Italie), décident d’instaurer leur propre  calendrier - “pas de défilé classiques en 2020”, ils choisiront leurs propres dates. En effet, en plus de la production étouffante, les défilés de la Fashion week, toujours plus démesurés, font déplacer des personnes du quatre coins du monde, à Paris, Londres, Milan et New-York, le temps d’un défilé. Natacha Ramsay- Levi - créatrice pour Chloé confié il y a quelques jours; “Nous polluons trop et je trouve cela irresponsable de continuer ainsi. Le business des défilés de mode doit s’arrêter”. Favoriser le digital pour certains, repenser la mode pour d’autre, ralentir la production... Giorgio Armani, dans une lettre à WWD Women’s Wear Daily, une revue de référence dans le monde de la mode, écrivait que “le déclin du système de la mode, comme nous le connaissons, a commencé lorsque le  secteur de luxe  a adopté la modalité opérative du fast fashion, avec un cycle continue d’arrivage, dans l’espoir de vendre toujours plus… Personnellement, je ne veux plus travailler comme cela, c’est immoral”. Encore hier un article du journal The Guardian écrivait: “Fashion week is over, according to Gucci” (La semaine de la mode est terminée, selon Gucci). En effet, le directeur créatif de la maison Gucci, Alessandro Michele, a annoncé que la marque réduisait de cinq à deux le nombre de défilés de mode qu'elle organise chaque année. "Les vêtements devraient avoir une durée de vie plus longue que celle qui leur est attribuée", a-t-il déclaré.

Conséquence directe de cette pandémie COVID-19, le monde de la mode a dû passer au second plan. Nombre d’entre nous, se sont rendus compte de la non-nécessité immédiate de devoir s’acheter de nouveaux vêtements, de nouvelles chaussures… Certains ont réévalué des fonds de placards, d’autres n’ont pas cherché plus loin que la tenue du jour et...la tenue du jour. Cela a éventuellement permis à certains de remarquer parfois de la qualité médiocre de certains vêtements et au contraire de la résistance infatigable d’autres.

Arrêter la mode? Non, ce n’est pas l’idée. Mais la renouveler, l’innover, la recréer, afin de lui donner à elle aussi ses responsabilités environnementales, son éthique et lui redonner une valeur question qualité, un made in local aussi, pourquoi pas. Trouver de nouveaux matériaux pour créer des vêtements éco-responsable, des fibres végétales, des processus de fermentations, des matériaux résistants pour éviter de “jetable” au bout de quelques semaines ou quelques mois. Favoriser les secondes vies en adaptant, modifiant, ré-utilisant. Pour cela, ce sont les jeunes générations que nous devons viser, les étudiants passionnés mais également à l’écoute, les jeunes créateurs, ingénieurs, scientifiques. C’est le défi que se donne La fondation Slow Factory , fondée par Céline Semaan - chercheuse et designer Liban-candienne - se consacre à l'amélioration de la connaissance de la durabilité dans le domaine de la mode. Faire le pont entre la science, les droits de l'homme, la technologie, la mode et la culture pour développer des produits, des ressources et des certifications pour l'industrie et les consommateurs. “La connaissance de la durabilité implique la compréhension des principes d'organisation des écosystèmes écologiques et sociaux, afin que l'humanité puisse travailler avec ces systèmes au lieu de travailler contre eux. Nous devons repenser la manière dont nous extrayons et traitons les ressources, l'orientation des investissements, l'orientation du développement technologique et du changement institutionnel ; tout cela doit être conçu pour maintenir l'équilibre et l'harmonie de nos écosystèmes et pour améliorer le potentiel actuel et futur. Dans la nature, il n'y a pas de déchets, les déchets d'un organisme sont le combustible d'un autre".

Montrer la voie de la durabilité dans l'éducation. Un des projets mis en place par la fondation, est Landfills as museum - Les décharges comme musée. L’objectif étant d'éduquer et de plaider en faveur d'une approche de conception basée sur les déchets, qui prend en compte la fin de vie des matériaux, au début du processus de conception. Il faut initier et guider “les étudiants et les designers émergents et à les encourager à mettre en œuvre la conception circulaire et d'autres méthodes de réflexion sur la durabilité dans leurs produits afin de réduire la charge placée sur les décharges”. Pour cela ils les amènent à prendre conscience des réalités concernant la fin de vie des objets, en visitant des décharges. Cela permet de re-considérer ces objets, une opportunité précieuse pour éduquer sur les déchets, et de réfléchir aux ressources et aux possibilités de détournement des matériaux avant qu'ils ne finissent à la décharge. La transparence radicale est également un point important que souligne Slow Factory; l'accès aux données et aux informations jouent un rôle essentiel dans la démocratisation de l'information et la création d'une éducation accessible et de portée.

Landfill as museum project © Slow Factory Foundation Landfill as museum project © Slow Factory Foundation

Grâce à une série de conférences ouvertes, la Slow Factory renforce l'alphabétisation pour tous, en matière de durabilité, visant à décentraliser la science, la mode et la culture pour examiner comment nous pouvons désapprendre certaines des théories et processus nuisibles qui ont contribué à la construction de ce monde non durable que nous essayons de changer et de sauver. La série de conférences s'élargit avec des séminaires en ligne, des publications indépendantes et des séries de podcasts radio en direct. “Nous sommes profondément convaincus qu'une meilleure alphabétisation en matière de durabilité dans la société et l'industrie est la clé d'un avenir plus équitable et plus prospère pour tous”. Le projet One X One est un incubateur qui favorise la collaboration entre la science et le design, afin d'encourager l'innovation durable basée sur des solutions.

Study Hall est une initiative d'éducation axée sur le climat et la culture, utilisant la mode comme moyen de changement social et environnemental. Chaque événement rassemble des centaines de leaders de l'industrie, de scientifiques, de défenseurs et d'influenceurs. Les conférences sur la durabilité du Study Hall lancées à New York en 2018. “La durabilité en tant que culture", s'était tenue en 2019 à Londres au Central Saint Martins College of Art and Design, en collaboration avec Fashion Revolution et en partenariat avec les Nations unies. Le public du sommet était composé d'étudiants, de designers émergents, d'experts de l'industrie et de représentants des médias, avec les objectifs suivants.

Landfill as museum project © Slow Factory Foundation Landfill as museum project © Slow Factory Foundation

L’objectif étant de:

  • Encourager des partenariats et des collaborations significatifs entre les différents acteurs de l'industrie.
  • Présenter et discuter de nouveaux matériaux et solutions durables et innovants, prêts à être commercialisés et à être mis à l'échelle.
  • Sensibiliser les cadres de l'industrie de la mode à la manière dont ils peuvent mettre en œuvre les objectifs de développement durable au sein de leur organisation.
  • Faire participer les étudiants en mode à des concepts introduits pendant le Study Hall qui peuvent élargir leur pratique et les mettre en contact avec de futurs employeurs.
  • Fournir une conversation culturelle pertinente avec un cadre permettant d'intégrer le changement social dans l'industrie de la mode.
  • Étendre le concept de mode durable au-delà de la fabrication de produits ou du ralentissement de la consommation.
  • Proposer des solutions et des méthodologies scientifiques pour inciter l'industrie de la mode à explorer la circularité à l'échelle.

Voici quelques premiers exemples de personnes et projets investies dans des initiative visant la durabilité et portant les acteurs du futur que sont les jeunes générations.

 

PRISE DE CONSCIENCE ET ACTIONS:

La nécessité de changements fondamentaux dans le modèle économique de la mode, notamment un ralentissement de la fabrication et l'introduction de pratiques durables tout au long de la chaîne d'approvisionnement, ainsi qu'un changement de comportement des consommateurs - à savoir, la diminution des achats de vêtements et l'augmentation de la durée de vie des vêtements. Ces changements soulignent la nécessité d'un retour urgent à une mode "lente", en minimisant et en atténuant les effets néfastes sur l'environnement, de manière à améliorer la durabilité à long terme de la chaîne d'approvisionnement de la mode.

Points clés - Source Nature Reviews Earth & Environment (2020) - The environmental price of fast fashion

L'industrie du textile et de la mode possède une chaîne d'approvisionnement longue et complexe, allant de l'agriculture et de la pétrochimie (pour la production de fibres) à la fabrication, la logistique et la vente au détail.

Chaque étape de la production a un impact sur l'environnement en raison de l'utilisation de l'eau, des matériaux, des produits chimiques et de l'énergie.

De nombreux produits chimiques utilisés dans la fabrication textile sont nocifs pour l'environnement, les travailleurs d'usine et les consommateurs.

La plupart des impacts environnementaux se produisent dans les pays qui fabriquent des textiles et des vêtements, mais les déchets textiles sont présents dans le monde entier.

La mode rapide a augmenté le débit de matières dans le système. Les marques de mode produisent aujourd'hui près de deux fois plus de vêtements qu'avant l'an 2000.

Les pratiques actuelles de consommation de la mode entraînent de grandes quantités de déchets textiles, dont la plupart sont incinérés, mis en décharge ou exportés vers les pays en développement.

 

POUR APPROFONDIR:

Science Magazine - Lellis, B., et al. Effects of textile dyes on health and the environment and bioremediation potential of living organisms. Biotechnology Research and Innovation (2019), https://doi.org/10.1016/j.biori.2019.09.001

Nature Reviews Earth & Environment (2020) - Publié le 07 avril 2020, revu le 23 avril 2020 - Niinimäki, K., Peters, G., Dahlbo, H. et al. The environmental price of fast fashion. Nat Rev Earth Environ 1, 189–200 (2020)

WWD review - Giorgio Armani Writes Open Letter to WWD

The Guardian - Gucci  https://www.theguardian.com/fashion/2020/may/25/gucci-fashion-week-seasonless-cuts-shows

PULSE OF THE FASHION INDUSTRY

Progressive international

Slow Factory Foundation 

OnexOne project

 

Sur la base de ces impacts environnementaux, nous soulignons la nécessité de changements fondamentaux dans le modèle économique de la mode, notamment un ralentissement de la fabrication et l'introduction de pratiques durables tout au long de la chaîne d'approvisionnement, ainsi qu'un changement de comportement des consommateurs - à savoir, la diminution des achats de vêtements et l'augmentation de la durée de vie des vêtements. Ces changements soulignent la nécessité d'un retour urgent à une mode "lente", en minimisant et en atténuant les effets néfastes sur l'environnement, de manière à améliorer la durabilité à long terme de la chaîne d'approvisionnement de la mode.

Points clés

L'industrie du textile et de la mode possède une chaîne d'approvisionnement longue et complexe, allant de l'agriculture et de la pétrochimie (pour la production de fibres) à la fabrication, la logistique et la vente au détail.

Chaque étape de la production a un impact sur l'environnement en raison de l'utilisation de l'eau, des matériaux, des produits chimiques et de l'énergie.

De nombreux produits chimiques utilisés dans la fabrication textile sont nocifs pour l'environnement, les travailleurs d'usine et les consommateurs.

La plupart des impacts environnementaux se produisent dans les pays qui fabriquent des textiles et des vêtements, mais les déchets textiles sont présents dans le monde entier.

La mode rapide a augmenté le débit de matières dans le système. Les marques de mode produisent aujourd'hui près de deux fois plus de vêtements qu'avant l'an 2000.

Les pratiques actuelles de consommation de la mode entraînent de grandes quantités de déchets textiles, dont la plupart sont incinérés, mis en décharge ou exportés vers les pays en développement.














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