Le Parti Populaire de Belgique

Dans une ère de droitisation politique européenne, le Parti Populaire se lance à la recherche d’une place sur la droite extrême de l’échiquier politique. L’espace se libérera-t-il en 2019 ? Comment le Parti Populaire jouera-t-il des coudes pour élargir son espace ?

         Introduction

Dans l’Union Européenne, la Wallonie fait figure d’exception dans le paysage politique. De la Grande-Bretagne à la Pologne en passant par la France et les pays scandinaves, les tendances de gauche sont en déliquescence et face à une nécessaire restructuration. Dans un processus de droitisation de l’électorat[1], la droite radicale sous toutes ses formes rassemble toujours plus d’électeurs, sauf en Wallonie. Ce n’est pas faute de l’inexistence de cette droite radicale puisqu’un parti de ce type a été créé en pleine crise financière de 2007 – 2010 : le Parti Populaire. En outre, le Parti Socialiste est, comme ses partis-frères, en déclin électoral et en restructuration.[2]
Est-ce la restructuration de 2008 du Parti du Travail Belge qui fait office de contrebalance à la montée de la droite radicale, voire extrême, en Europe ou le manque de crédibilité du PP face aux électeurs suite aux polémiques et ruptures ? Les deux premiers chapitres seront consacrés à ces questions.

Jusqu’en 2016 l’idéologie véhiculée par le Parti Populaire trouvait aisément sa place sur l’échiquier politique : à droite des conservateurs. Néanmoins, les deux dernières années les discours du PP ont donné le sentiment d’un rapprochement vers la fachosphère. L’idéologie est proche de celle de Geert Wilders, de Kristian Thulesen Dahl ou encore de Viktor Orbán : un programme économique thatchérien[3], une position anti-immigration dure et anti-islam. Sur la question de l’Union Européenne, le PP est en transformation. A ses débuts, la critique s’avérait être douce. Aujourd’hui, le président du Parti Populaire semble se radicaliser au fur et à mesure de son rapprochement de Nigel Farage (Ukip).

Finalement, nous traiterons du Parti Populaire et du « populisme » à travers l’un des traits saillants qui est régulièrement attribué à ce dernier. « Le peuple face à l’élite » serait un attribut des partis dits « populistes », c’est faire fi de la réalité de la plupart des discours politiques de notre époque. 

1. Le premier quart du XXIe siècle

 

Du premier quart du XXIe siècle la stabilité en est exclue. Toutes les difficultés s’interpénétrant, l’électorat manifeste de diverses façons sa volonté de changement. Esquissons les crises, ou dites crises, fondamentales à la bonne compréhension du phénomène qui permet au Parti Populaire d’exister.

a) Du politique, de l’économie, de l’écologie

La crise politique est fondamentale pour comprendre le sursaut « populiste ». Ce dernier s’appuie sur les tensions vis-à-vis de l’élite politique qui est vue comme exceptionnellement corrompue. Et les affaires de ces derniers mois ne risquent pas de rendre du crédit aux partis occupants des positions de pouvoir. Chacun des partis traditionnels ont une part de responsabilité dans les scandales politiques du pays, que ce soit le Kazakhgate, les affaires Publifin, le Samusocial ou Isppc. On en est à un tel point que Kristof Titeca voit en Bruxelles un idéal-type du « politique du désordre » afin d’appuyer une théorie des manœuvres politiques de dirigeants africains qui leur permettraient de rester au pouvoir. [4]
La défiance envers les institutions de la démocratie représentative est un effet du paysage politique qui perd de son crédit. Elle se traduit par une montée de l’abstentionnisme, du vote blanc et du vote pour des partis qui prennent des positions qui vont à l’encontre de la doxa des trois dernières décennies. Il est donc nécessaire de relativiser l’idée du FN comme étant le premier parti des ouvriers puisque le premier parti de la classe ouvrière est l’abstention ou le vote blanc. Néanmoins, on l’a vu, quand une force de gauche se présente avec un projet de rupture, elle récolte un nombre important de voix. Quant à la Wallonie, le PTB voit son potentiel électorat augmenter à chaque sondage.

Le capitalisme est en crise depuis une décennie, voire quatre. C’est selon si l’on pense que l’économie ait connue une régénérescence significative ou non après la crise des années ’70. La contestation se fait toujours plus puissante et se radicalise au fur et à mesure que les désillusions se manifestent. L’économie dans laquelle règne le capital doit alors se revêtir pour survivre. Son plus beau veston : la démocratie, tombe au profit de nouveaux habits s’écartant du pluralisme des couleurs. Seront-ils sa défroque ?
Ce déclin démocratique se manifeste, par exemple, par le débat qui a lieu au Parlement Européen sur le financement des partis, notamment les partis ne défendant pas les « valeurs européennes ». Ces derniers verraient leurs subsides être diminués, voir bloqués. Quant aux gros partis actuels, leur financement s’accroitrait. On y voit une manœuvre qui a pour objectif de freiner la montée des partis critiques envers l’Union Européenne et une aide aux partis déjà ancrés dans ce parlement.[5] Néanmoins, à y réfléchir, l’impossibilité des partis eurosceptiques ou euro-critiques – et donc de leurs électeurs - à faire valoir leur voix dans le Parlement Européen pourrait mener à une volonté de sortie de l’Europe d’autant plus forte.
Avec l’augmentation de l’influence d’entités supranationales s’ensuit une diminution du pouvoir des États-nations et donc le déclin de ces derniers. En Europe, c’est au profit d’une commission non-élue au suffrage universel, qui ne respecte peu ou prou les référendums qui vont à l’encontre de ses positions, qui imposent l’austérité par des normes juridiques que l’État-nation perd de sa supériorité de pouvoir. Or, la souveraineté de l’État-nation est celle de l’ensemble des citoyens à l’intérieur de leurs frontières. Les populations se voient alors démunies de leur représentativité et de leur souveraineté.

Pendant ce temps, des dizaines de milliers de migrants veulent entrer en Europe. De cette « crise » des réfugiés, voici ce qu’en dit Jean Matringe en mai 2017 dans le Monde Diplomatique : « L’arrivée de migrants (0,2 % de la population européenne) a créé une « crise des réfugiés », qui n’est pas autre chose qu’une crise de l’Europe elle-même et de sa capacité à fédérer les États autour des droits fondamentaux ».[6] Il est, en effet, frappant de voir les réactions des États-nations et de l’Union Européenne face à ces flux de réfugiés qui quittent des régimes islamistes en place ou en tentative de mise en place, des pays où des guerres atroces[7] sévissent. D’un côté, il y a des décisions anti-migratoires drastiques telles que des constructions murales aux frontières ou le refus des quotas de réfugiés proposés par la Commission. De l’autre, il y a une politique de contrôle drastique de tous, et de répression toujours plus grave. Des méthodes utilisées par les nazis ont refait surface.[8]
Deux exemples essentiels sont l’arrangement entre la Turquie et l’Union Européenne d’une part, et la collaboration entre Theo Francken et la police secrète soudanaise d’autre part.[9] Intrigante est l’idée de combattre l’islamisme en renvoyant sous des gouvernements islamistes ceux qui les fuient.

Penser pouvoir ralentir les flux migratoires allant vers l’Europe est une utopie. Non pas parce que les guerres existeront toujours ou parce que il y aura toujours des régimes islamistes que des hommes et des femmes veulent quitter mais parce que le climat est en pleine transformation irréversible, et ce qu’elle soit une conséquence du système économique ou non. La conséquence de cette transformation est sans appel : disparition de territoires et de ressources naturelles qui conduit à des déplacements massifs de populations. Les prévisions de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) risquent de donner du fil à retorde aux volontés de race unique dans un territoire : entre 200 millions et un milliard de personnes pourraient immigrer d’ici à 2050 pour des raisons exclusivement climatiques.[10]
Les chiffres actuels à propos des réfugiés qui quittent la guerre sont instrumentalisés par des mouvements politiques afin de donner naissance à la peur et ainsi pouvoir se positionner en Sauveur de l’identité nationale. Au-delà de cela, il y a le risque économique des personnes qui sont nées sur le territoire recevant des réfugiés alors que le taux de chômage atteint déjà des taux extraordinaires. La tendance à la diminution des salaires comme effet de l’arrivée de réfugiés démunis et prêts-à-tout joue aussi sur l’opinion de la population.
Outre l’entraînement de millions de personnes vers d’autres horizons, le capitalisme aussi va en subir les effets. Ce système économique repose depuis toujours sur une nature bon marché, voire gratuite. Comme si elle était illimitée, il l’a utilisée en input, c’est-à-dire sous forme de matières premières transformées en marchandises, et en output, comme un lieu de décharge de déchets et autres. Face à une nature qui ne peut plus supporter ces deux fonctions, à des ressources qui se font rare mais qui sont essentielles au mode de vie actuelle telles que l’eau, le pétrole ou l’air non-pollué, le sociologue Immanuel Wallerstein en tire une conclusion : le capitalisme, ne pouvant pas exister sans cette nature bon marché, est voué à disparaitre plus tôt qu’on pourrait le penser.[11]

Voici donc une esquisse de la situation qui donne la voix à toutes sortes de manifestations allant du fascisme révisé au retour de Marx dans les universités, en passant par le « populisme » xénophobe. A croire que la dialectique a continué son cheminement pendant que des intellectuels écrivaient des choses telles que « What we may be witnessing is not just the end of the Cold War, or the passing of a particular period of post-war history, but the end of history as such. That is the end point of mankind's ideological evolution and the universalization of Western liberal democracy as the final form of human government ».[12]

b) Du terrorisme

Cela n’aura échappé à personne : des groupes terroristes sévissent dans le monde. Et, cette fois, ces groupes sont islamistes. Le plus actif aujourd’hui est l’État Islamique, mais on y inclut aussi Al-Qaïda, Boko Haram, les Talibans, le Front Al-Nosra et d’autres. Les pays les plus touchés sont l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, l’Inde, la Syrie et finalement l’Europe avec quelques affinités aigues avec la France et la Belgique.

Bien que la vigilance doit être de mise, la terreur dans laquelle on est plongé est à relativiser. En effet, les médias et certains groupes politiques ont des bénéfices à tirer de ces drames psychologiques. Les uns augmentent leurs tirages, les autres leur nombre d’électeurs. En outre, par la « stratégie du choc »[13], qui repose sur le terrorisme cette fois, les gouvernements remettent en causes des principes fondamentaux tels que le caractère confidentiel des communications, le droit de manifester, la liberté d’aller et venir, d’association, d’expression et autres. Ils bafouent aussi les droits des demandeurs d’asiles, des réfugiés, la libre-circulation des hommes dans l’espace Schengen, etc. [14]

Nous nous lancerons pas dans l’analyse des causes du terrorisme islamiste dans nos contrées car l’envergure du travail ne le permet pas. Néanmoins, il est nécessaire de souligner l’analyse que Jeremy Corbyn a faite publiquement du terrorisme le lendemain de l’attaque à Manchester. Il met en évidence le lien entre les guerres et le terrorisme : « Many experts, including professionals in our intelligence and security services have pointed to the connections between wars our government has supported or fought in other countries, such as Libya, and terrorism here at home. ». Aussi, il fait remarquer la discrimination qui pousse à une volonté de suicide chez des adolescents ou des jeunes hommes. Ces volontés sont parfois accentuées en prison et, finalement, récupérées à des fins de terrorisme.[15]
Nous conviendrons que cette analyse s’avère être fort pertinente à côté de celle de Jan Jambon, ministre belge de l’Intérieur, quand il déclarait qu’une « partie significative de la communauté musulmane dansait à l’occasion des attentats ».[16]

2. Une existence pleine de soubresauts

Le Parti Populaire s’est constitué en novembre 2009 autour de deux personnalités présentes dans les médias. L’un, Mischaël Modrikamen, a fait parlé de lui quand il a défendu plusieurs petits actionnaires dans le dossier Fortis, l’autre, Rudy Aernoudt, était déjà un homme politique. Il est passé par le MR avant de lancer en coopération le parti LiDé qu’il quitte quelques mois plus tard en le taxant de parti d’extrême-droite.[17]

En juin 2010 des élections anticipées prennent place en Belgique. Surpris, le Parti Populaire ne se présente que dans quelques communes. L’idéologie véhiculée était, selon Pascal Delwit, « une posture ultra-libérale sur les questions socioéconomiques et un positionnement très ambivalent sur les questions d’immigration et de sécurité ». L’électorat à droite du MR et celui proche du FN belge étaient donc visés. La percée électorale fut très limitée. Il n’y a qu’un élu : Laurent Louis. Quant aux deux têtes directrices, elles ne décrochent aucun mandat.

La période post-électorale fut très instable. C’est souvent le lot des nouveaux partis, et plus encore dans les partis défendant une idéologie de droite dure.
Avant les élections trois défections avaient déjà eues lieu.[18] La situation s’empire en été quand les deux présidents s’excluent mutuellement suite à des tensions entre les deux courants personnifiés par, d’un côté, Mischaël Modrikamen et, de l’autre, Rudy Aernoudt.[19] Le premier dénonce une tentative de putsch de la part d’Aernoudt et de ses camarades ; le second dénonce un glissement vers l’extrême-droite de la part de Modrikamen et de Laurent Louis, notamment dans les propos de ce dernier envers les Roms en période de polémique en France autour des déclarations de Nicolas Sarkozy. L’issue finale de l’affaire est une présidence unique détenue par Mischaël Modrikamen, qui tient encore les reines aujourd’hui.

A ces événements s’ensuit rapidement une nouvelle série d’évictions et de démissions. Dans le même moment de l’exclusion de Rudy Aernoudt, le bureau politique – remanié – décide d’écarter Nathalie Noiret, alors co-présidente de la section jeune. Elle avait défendu l’attitude critique d’Aernoudt face aux propos de Laurent Louis à propos des Roms et avait critiqué la transformation du parti allant vers une direction unique.[20]
Dans une parfaite dialectique, c’est le seul député du parti, Laurent Louis, qui est exclu en janvier 2011. Son attitude et ses propos avaient été instrumentalisés par le président pour exclure plusieurs personnes indésirables par ce dernier. Finalement, le député se désolidarise de ses propos sur les Roms en déclarant avoir suivi la ligne partisane, alors que Modrikamen affirme avoir couvert ses propos en adaptant une position de paternité sur un « jeune député inexpérimenté ». En outre, Modrikamen dénonce le fait que Laurent Louis aurait longuement et vainement courtisé son attachée parlementaire avant de la licenciée avec pour motif qu’elle ne faisait pas son travail. Du côté de Laurent Louis, c’est un manque de démocratie interne qu’il dénonce.[21]
Dans le même temps, le président des Jeunes du Parti Populaire, Jérôme Munier annonce sa démission suite au « changement de vision institutionnelle et les dérives racistes du Parti Populaire [qui] sont indéfendables et contraire à l’esprit du Manifeste ».[22]

L’année 2012 est calme au niveau interne du parti. Néanmoins, un événement assombrit le tableau. En juin, le PP lance une marche contre le « fascisme vert »[23] et est suivi par le groupuscule NATION. Une contre-manifestation s’organise et est essentiellement constituée par des jeunes FGTB. La Police empêchera l’organisation de cette dernière en pratiquant une répression sanglante dès la sortie des métros.[24]

En 2013, la préparation des élections de 2014 se manifeste. Modrikamen décide de se débarrasser d’éléments fascisants comme le vice-président du PP Chansay-Wilmotte. La cause mise en avant par le président est le fait que Chansay-Wilmotte voyait comme une menace la religion musulmane en général alors que Modrikamen n’y voyait que l’islam politique.[25] Du côté du vice-président, il y a une dénonciation du manque de démocratie au sein du parti, comme le proclamait déjà Laurent Louis en 2011. A la suite de cette démission, des sections liégeoises, proches du vice-président, quittent elles-aussi le parti.[26]
Dans la même année et avec la volonté de « créer un média d’opinion en utilisant des moyens modernes », Modrikamen se lance dans une bataille juridique contre des anciens journalistes du journal Le Peuple, traditionnellement situé à gauche, pour le racheter et en présider la diffusion. Ces derniers craignant la confusion avec la ligne éditoriale traditionnelle et celle de Modrikamen qui la souhaite « de droite décomplexée ».
Il remporta la bataille et Le Peuple est jusqu’aujourd’hui un outil de communication central du Parti Populaire et quotidiennement alimenté.[27]

Luc Trullemans, en déboire avec l’Institut Royal Météorologique et RTL TVI suite à des propos islamophobes[28], rencontra Mischaël Modrikamen en 2013 afin de se défendre en justice. Entre ces deux personnes une bonne entente idéologique se manifestait jusqu’à un tel point que le météorologue se lança en politique avec le PP en novembre 2013 avec pour objectif d’être élu au parlement européen en 2014.[29]
En pleine campagne d’éviction de tout racisme trop durement manifesté, l’alliance du PP et de Luc Trullemans en procès pour des propos islamophobes semble contradictoire. Néanmoins, le Parti Populaire a toujours souhaité avoir une assise médiatique et pense trouver la solution en ayant des personnalités publiques en son sein, ce qu’est le météorologue-star de RTL TVI.

Les résultats des élections de 2014 fussent peu glorieux. Outre le maintien de son siège à la chambre, le PP obtînt un siège au parlement wallon. Le parti n’obtînt donc pas de représentation dans la région de Bruxelles-Capital ni au Parlement européen où la place était promise à Luc Trullemans.[30]

En 2015, ce ne sont plus les éléments fascisants qui sont chassés mais l’aile gauche du parti. C’est ainsi que Pierre-André Puget, seul député wallon du PP, est appelé à démissionner à la fin de l’année. D’après le journal Le Peuple, la cause de cette rupture est le manque de lutte du député contre l’islamisme et le terrorisme.[31] Puget dénonce la même différence idéologique.[32]

Décidément, le PP rencontre bien des problèmes avec ses députés. Sur le total des 3 députés élus depuis la création du parti, deux n’ont pas fini leur mandat sous l’égide du parti. Ce manque d’unité entre les députés et le parti n’est pas un facteur qui pourrait donner confiance à l’électorat des prochaines élections. Néanmoins, l’accent mis sur l’immigration et l’islamisme par le parti se confirme depuis le début de l’année 2016. En effet, le 1 février, Le Peuple publia une vidéo intitulée « Belgique l’heure du choix, le discours vérité de M. Modrikamen » dans laquelle il tient des propos tels que « ceux qui arrivent sont en grande majorité de jeunes hommes non-éduqués, non qualifiés et musulmans. Ils ont d’autres valeurs – archaïques – et ne comptent pas en changer. Ils n’ont d’ailleurs que-faire de l’Europe et de ses valeurs. Nos femmes, nos filles, nos mères ont été chassées comme des proies par des hordes primitifs à Cologne ».[33] Aussitôt publiée, Modrikamen a été attaqué par le Centre Interfédéral pour l’Égalité des Chances qui dénonce ses propos de racistes « dans le sens où des faits d'actualité - avérés ou faux - sont orientés pour présenter les migrants, les étrangers, les demandeurs d'asile ou les musulmans comme un danger extrêmement important ». Du côté des chercheurs en sciences sociales, Jean Faniel[34] et Manuel Abramowicz[35] confirmaient que le président du PP avait glissé dans l’extrême-droite.[36] Bien qu’il soit clair que le parti s’approche de la bulle fasciste et de ses homologues européens telles que le Fidesz, Ukip et le FN français, peut-être faudrait-il éviter l’adjectif « extrême », qu’il soit de gauche ou de droite. Ce terme est trompeur et empêche de voir le danger potentiel, ce qui biaise la lutte à mener.

L’actualité du parti en 2017, ce sont des sondages peu prometteurs, un probable changement de nom, un président prêt à arrêter la politique et une scission interne qui a la volonté de créer un nouveau parti proche du FN français et de NATION.[37] [38]
Selon ISPOS, le PP ne dépasserait pas les 6% aux élections législatives de 2019.[39] Ce qui ne permettrait pas d’apporter une représentation significative pour le parti. Le PP rencontre en Wallonie un parti politique qui remplit déjà une des fonctions qu’il voudrait revêtir : alternative à establishment, c’est le PTB. La situation dans le sud du pays peut nous laisser penser qu’une organisation de gauche défendant un objectif de rupture radicale avec le libéralisme empêche la montée des mouvements de droite dure ou fascistes. En outre, une scission interne affaiblirait d’autant plus le parti aux vues des élections. C’est ce à quoi s’affairerait André Antoine, un des collaborateurs parlementaires du député fédéral Aldo Carcaci (PP), avec l’objectif de drainer avec lui un bon nombre de personnalités importantes du Parti Populaire comme le président des Jeunes PP. 
L’avenir promis à une défaite électorale pousse à des changements dans le parti. Dans la bonne et due règle des partis de la veine du PP, un changement de nom est envisagé, pas un changement de programme – qui reste ultrasécuritaire. Une garde civile y serait proposée, une idée typique des partis fascistes.
En cas d’une nouvelle défaite électorale, Mischaël Modrikamen, qui aurait perdu beaucoup d’argent pour son parti[40], réfléchirait à un arrêt de son activité politique. C’est ce qui se profile à la veille de 2018. Il y a deux ans François Brabant publiait dans le Vif/L’Express :[41] « Le principal obstacle à l'essor du PP pourrait être la droitisation du paysage politique. Le fait que la majorité fédérale soit dominée par les libéraux, après vingt-cinq ans de coalitions à participation socialiste, restreint l'espace d'expression pour une formation de droite dure. Pour preuve : à la Chambre, Aldo Carcaci, l'un des deux parlementaires PP élus de justesse en mai dernier s'abstient régulièrement, et quand il critique le gouvernement Michel, c'est le plus souvent pour regretter que celui-ci ne va "pas assez loin". »
Tout cela semble encore être le cas.

 3. Le programme[42]

 

Les dernières élections auxquelles a participé le Parti Populaire sont celles du 25 mai 2014. C’est pourquoi nous analyserons le programme que le Congrès a approuvé en novembre 2013. Il faut alors prendre en compte la distance temporelle qui sépare l’heure à laquelle j’écris du moment d’écriture du programme.
Outre le programme formel, je me suis aussi basé sur une enquête du Vif/L’Express.[43]
Aussi, nous nous ne lancerons pas dans une analyse point par point mais plutôt dans une recherche des lignes de forces globales du programme.

Ce programme tourne autour de trois axes : l’immigration, l’insécurité et les impôts.

a) Immigration

Ce n’est pas sans importance le fait que le premier axe abordé par le programme est celui de l’immigration. Le Parti Populaire a fortement misé sur cet aspect en temps de « crise des réfugiés » avec des propositions telles que la restriction immédiate de l’immigration non-européenne (N° 1) et la révision de la loi sur la naturalisation.

Le premier constat que nous pouvons faire à la lecture de ce volet est le lien entre immigration et identité. L’une des raisons qui s’opposent aux flux immigratoires est la perte des valeurs. Nous trouvons en abondance des paroles comme « le migrant doit s’adapter aux règles du pays hôte et non l’inverse » et « celui qui émigre vers notre société doit également accepter nos valeurs : laïcité des institutions, égalité homme/femme, égalité des droits et obligations, respect des autres, etc. Celui qui émigre chez nous le fait en connaissance de cause et doit s’adapter. ».
D’un autre côté, il y les raisons économiques de la limitation de l’immigration. Il est dit à la proposition N°3 que « l’immigration doit être conditionnée aux besoins de l’économie ». Néanmoins, on y trouve une abstinence totale sur ce que sont les « besoins de l’économie » et un rappel que « tout immigrant devra apporter la preuve de sa capacité et de sa volonté d’intégration ».
On trouve régulièrement dans le programme un lien entre étrangers et avantages sociaux (chômage, accès au logement, etc.). C’est le cas quand on y lit : « l’immigration opportuniste en vue de profiter de la sécurité sociale belge, doit être supprimée. Les immigrés ne peuvent ni bénéficier de l’aide sociale, ni bénéficier du chômage sur simple présentation de documents étrangers, trop souvent frauduleux. La générosité de la Belgique est évidemment tentante pour les habitants du tiers-monde » ou encore « il est inacceptable de constater que des étrangers qui débarquent d’un pays lointain se voient parfois accorder des avantages sociaux […] auxquels la population de souche ne peut prétendre […] ».
Premièrement, il est important de souligner que les immigrés récents non-UE-28 ont un taux de niveau de qualification élevé supérieur à celui des belges de Wallonie, respectivement 36,9% et 34,1 %. Si l’on veut pousser la logique : en dénigrant de telle sorte les immigrants, M. Modrikamen méprise d’autant plus la population wallonne. Nous pouvons ajouter d’autres chiffres. Par exemple, 40,8% des immigré non UE-28 récemment arrivés dans l’Union Européenne ont un taux de niveau de qualification élevé alors que la population européenne a un taux de 29,6%. Le niveau de faible qualification reste cependant dominant chez les immigrés alors que ce niveau est le moins représenté chez les nationaux de l’Union Européenne.[44]
Deuxièmement, la manière dont est pensée la sécurité sociale est symptomatique de notre époque. Après être passée sous près de 60 ans de sape, ce qui était un « outil d’émancipation du salariat géré par les travailleurs » est devenu « une simple couverture des risques de la vie ».[45] Le Parti Populaire voudrait l’amoindrir d’autant plus. Cet outil qui a émané de la solidarité de la classe ouvrière serait alors réduit à la couverture des risques de la vie des belges « de souche ».

Dans la proposition N° 8, c’est la société multiculturelle que le Parti Populaire attaque en disant que ce n’est pas aussi aisé que les responsables au pouvoir pouvaient l’affirmer. Sur cette base, il refuse les « accommodements « raisonnables » » tels que « les repas halal servis à la cantine des écoles, les horaires aménagés dans les piscines, les cours rendus facultatifs, le port du voile dans les administrations et les jours fériés à la carte ». Il va de soi que l’interdiction des repas halal dans les cantines va à l’encontre de l’égalité des chances de la même manière que l’interdiction du port de tous signes religieux – et donc du voile – dans la fonction publique, dans les fonctions politiques, dans l’enseignement et dans les entreprises privées (proposition N° 9) est opposée à l’égalité homme-femme. En effet, la femme musulmane désireuse – ou forcée – de porter le voile serait juridiquement mise hors de capacité de travailler.
En outre, un débat existe sur la réalité du multiculturalisme tant évoqué. Son existence est remise en question. Un nombre important de personnes « est persuadé d’avoir fait énormément pour ces immigrés » donc, devant la dite-dégradation des « valeurs morales et humanistes », les responsables politiques sont incités à « penser que le problème réel réside bel et bien chez ces « étranges étrangers » ». Ahmed Djouder contredit ces personnes en mettant en évidence l’absence de « politiques d’intégration convenables » et « d’égalités des chances ». Celles-ci alimenteraient « la confusion dans l’esprit des gens ». Dès lors, la société multiculturelle n’existerait donc pas.[46]

Souhaitant protéger sa face démocratique, le Parti Populaire termine le volet, après une série d’amalgames et de déconsidérations des étrangers, par une proposition (N° 10) qui annonce que le parti luttera « contre toutes les formes de racisme, en ce compris le racisme antiblancs ».[47]

Les solutions qui ressortent de ce volet sont d’une part, expulser et refuser tant que possible les immigrants et d’autre part, faire suivre un parcours d’intégration afin de créer un « socle de belgitude ». Ce parcours serait composé de l’apprentissage d’une des trois langues du pays, des valeurs du pays, et de la recherche d’un emploi. En effet, pour devenir belge, il faudrait résider depuis au moins 6 ans et sans être à la charge de la sécurité sociale. De plus, une signature d’engagement au respect de « nos valeurs » serait demandée.

b)Insécurité

Ce volet s’inscrit dans la veine du précédent. Il dénonce l’affluence élevée d’étrangers dans les prisons belges. Les chiffres récents de la population carcérale sont de 44% d’étrangers et de 56% de belges, inclus les double-nationalités.[48] Pour le Parti Populaire, la solution contre la surreprésentation musulmane dans les établissements pénitenciers belges, décrite en ces termes : « 70 % des repas qui sont servis dans nos établissements sont halal, ce qui est largement indicatif de l’origine ethnique de nos détenus », serait le rapatriement dans le pays d’origine des détenus le temps de leur peine, voir l’expulsion définitive. En substitution à la location de places onéreuses de prison aux Pays-Bas – qui ont entamé une politique de désincarcération ces dernières années – il préconise, dans la proposition N° 40 la construction d’une prison belge au Maroc pour y envoyer les marocains, qui sont les étrangers les plus représentés dans les prisons belges (9,7%).
Ajoutée à cela la proposition N° 50 : « Application de la tolérance zéro dans les quartiers ». Cette tolérance zéro s’appliquerait en matière de « production, distribution et consommation de drogue » et serait inspirée de l’exemple américain.
La conjugaison de ces deux faits mène à prendre en compte des écrits de sociologues tels que Geoffroy de Lagasnerie et Michelle Alexander. Cette dernière traite spécialement de l’incarcération massive des Noirs aux États-Unis en utilisant la « guerre à la drogue » comme outil de ségrégation raciale.[49] La sympathie que Mischaël Modrikamen apporte à l’Israël, qu’il qualifie de « seul État démocratique de la région », amène d’autant plus de clarté quant aux dangers de cette politique sécuritaire.[50] En Israël, « au nom de la sécurité, on détruit les maisons des « terroristes » et l’on procède à des châtiments collectifs interdits par le droit international. On impose quotidiennement à des milliers de personnes des contrôles arbitraires, des arrestations et des descentes nocturnes de l’armée. On empêche les uns de travailler ou de se déplacer ; on en met d’autres à mort, dès lors qu’une recrue redoute une menace. Ce fut le cas pour une enfant de 10 ans qui tenait une paire de ciseaux à la main. Abattue pour « protéger » des soldats qu’elle s’apprêtait sans doute à découper… ». « Pour l’instant, les Arabes sont les principales victimes de cette situation. Après des années de lutte contre le terrorisme, le nombre de morts palestiniens est cent fois plus élevé que celui des morts israéliens », néanmoins la démocratie s’effrite au fur et à mesure que les attaques contre la liberté d’expression et les droits civils s’intensifie. Et cela touche, maintenant, la société civile dans son ensemble.[51]

En outre, il y a dans ce volet des propositions allant vers une plus grande légitimité de l’usage de la force par les policiers (N° 44), une diminution du délai entre le crime et la sentence ainsi qu’une diminution du nombre d’intermédiaires dans la justice (N° 46, 47, 49 & 53). Un point marquant est la volonté d’assouplissement de la loi sur les armes (N° 54). En effet, ce parti est l’un des rares partis belges à soutenir une plus grande légalisation du port d’arme. Son argument s’explique en ces termes : « toutes les études à l'étranger démontrent que beaucoup d'agressions et autres délits sont justement évités parce que les victimes étaient en mesure de se défendre ». Pourtant, une recherche sur la situation aux États-Unis nous montre une situation absolument opposée. En effet, selon une analyse du Federal Bureau of Investigation and National Crime Victimization Survey Data, en 2012, seulement 3% des homicides par arme à feu sont « justifiables »[52]. C’est-à-dire que sur les 8601 personnes décédées par arme à feu (y inclus les suicides), seulement 259 sont « justifiables ».[53]

c) Économie

Ce sont précisément dans les volets « économie » que le visage réel des partis est mis à nu. Cette fois, c’est d’autant plus clair puisque cette organisation politique, qui se proclame et est proclamée « populiste », rencontre sur les propositions économiques tous les grands partis qu’elle critique à tous ses meetings.
Ce volet tourne autour de quatre axes : la réduction des impôts, la diminution des dépenses publiques, la flexibilisation et l’aide aux petites et moyennes entreprises. Rien de différent du consensus idéologique et c’est Jean-Claude Trichet, ancien gouverneur de la Banque de France et deuxième président de la Banque centrale européenne, qui nous le confirme avec ces paroles : « aujourd’hui, nous avons un quasi-consensus au sein des grandes sensibilités politiques de gouvernement sur au moins trois points : nos dépenses publiques doivent diminuer, notre économie a encore beaucoup trop de rigidités et nous ne sommes pas assez compétitifs ».[54]

Le Parti Populaire a fait de la réduction des impôts son fer de lance. Cette réduction concerne aussi bien les particuliers que les salariés en passant par les entreprises. Ainsi, les patrons des PME ne devraient plus que payer le salaire de ses 3 premiers employés, le taux d’imposition sur le revenu ne dépasserait jamais les 35%, etc. Néanmoins, la taxe la plus inégalitaire[55], la TVA, serait augmentée afin de compenser les pertes (proposition N° 17).

Dans la même lignée de la compensation, les dépenses publiques seraient drastiquement diminuées. Ceci serait réalisé par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, par la réduction, voire suppression, des aides et subsides à un certain nombre d’organisations et autres. En contrepartie, un refinancement des missions essentielles de l’État serait opéré. Ces missions sont, d’après le Parti Populaire, la justice, l’aide aux SDF et l’accord d‘une pension décente.

La conjugaison de la réduction des impôts des entreprises et de la flexibilisation participerait à la stimulation de l’entreprenariat et à la compétitivité. La flexibilité des travailleurs serait accentuée par des propositions telles que la possibilité pour les PME de licencier sans payer d’indemnités (proposition N° 15), la simplification des conditions de licenciement (proposition N° 18) ou encore la chasse aux chômeurs (proposition N° 19) qui, sans aucun doutes, mènerait à une baisse des salaires.

Décidément, rien de neuf sous le soleil.


 4. Un substantif dépourvu de substances

Les journalistes, les politiciens ou encore les politologues font usage d’un terme éminemment flou et souvent contradictoire : le « populisme ».
Les premiers, les nouveaux chiens de garde[56] - qui ne sont plus si nouveaux, en manque de précision, s’en servent comme auberge espagnole pour désigner un nombre croissant de mouvements et partis qui ont pour caractéristiques d’être eurosceptique ou anti-immigration ou anti-establishment ou antipolitique ou nationaliste ou d’appeler au peuple ou encore d’être représenté par un personnage charismatique. Et ça fait beaucoup, en effet ! Cependant, au fur et à mesure qu’ils étendent ce terme, consciemment ou non, à toutes idées sortantes du consensus du libéralisme économique ou culturel, le terme se vide de sa substance. Faut-il remettre la faute de cette imprécision sur le dos de la paresse intellectuelle ou de l’« indiscuté de la discussion »[57] dont ferait preuve les médias dans leur illusion d’une doxa – la leur- hégémonique ? Ce que nous pouvons affirmer à coup sûr, c’est que, à l’instar de la monnaie, l’inflation de l’utilisation d’un terme mène à une perte de sa valeur.
Les politiciens, eux, s’en servent pour clouer au pilori un adversaire politique. Ou encore pour tenter de discréditer un politicien qui ne joue pas – ou excessivement, c’est selon – le jeu scolaire du parlementarisme comme ce fut le cas le 11 octobre 2017, jour où le Premier Ministre Charles Michel déclarait sa politique générale.[58] Comme souvent, l’usage de ce terme par un politicien en dit plus sur celui qui l’utilise que sur celui qui est visé. Peut-être que cette invective a été le symbole d’un aveu d’impuissance face à la demande d’explications approfondies des chiffres manipulés de son gouvernement.
Aussi, il est de bon ton de rappeler que l’arroseur, alors ministre de tutelle des pouvoirs locaux, fut lui aussi arrosé de ce terme en 2003 par le PS à propos de sa position sur les intercommunales.[59] Brièvement, nous pouvons affirmer que, selon la conjoncture, nous pouvons toujours être le populiste de quelqu’un.

Le sens imprécis du terme « populisme » recèle donc une commodité, celle de permettre aux personnalités politiques et aux leaders d’opinion de discréditer ceux qui les dérangent, mais aussi un inconvénient. Il rend extrêmement difficile de le définir en tant que concept : le « populisme » se révèle fort peu soluble dans la science politique.[60] Á tel point que la volonté excessive de catégoriser a créé un nombre incroyable de dites « tendances » auxquelles s’adjoignent une liste de critères - nouveaux ou anciens ; communs ou contradictoires entre eux - digne d’une liste de courses, comme le signale avec justesse Cas Mudde.

Cet amalgame généralisé n’est pas sans conséquence. Voici la fonction idéologique que Serge Halimi donne à l’amalgame du populisme : « dissimuler les vrais rapports de pouvoir en fabriquant une catégorie qui fait diversion, substituer l’étude d’analogies de style à l’analyse des clientèles sociales et des programmes. Ici comme souvent, le consensus se nourrit du relâchement intellectuel et de l’inculture historique » [61]. La surexploitation de ce terme, essentiellement pour discréditer tous politiciens, intellectuels, journalistes, idées qui s’éloignent du consensus idéologique libéral mais aussi tout ce qui va à l’encontre des partis traditionnels et leur monopole dans le paysage politique, mène à placer sous la même bannière la gauche à gauche de la social-démocratie, la droite à droite des conservateurs et, parfois, le fascisme.
Ainsi, une vision dichotomique, voire manichéenne, s’installe avec d’un côté « le cercle de la raison » et de l’autre « le populisme ». Ne disons plus que les idéologies sont mortes, mais plutôt que la seule qui est permise d’exister sans être chargée de mots creux mais effrayants est l’idéologie libérale.

Étant donné deux faits : d’une part le travail a pour objet le Parti Populaire et non le « populisme », d’autre part Modrikamen est taxé et autoproclamé [62] « populiste », analysons « la seule force de droite en Belgique francophone »[63], dixit M. Modrikamen, sur un trait saillant du « populisme » qui est le manichéisme entre peuple et élite. Il est inutile de souligner que je n’utilise pas le lexique des adversaires des « concepts à l’articulation fine » pour faire valoir leur vulgarisation mais pour tenter de dévoiler les contradictions et les carences de celle-ci, mais aussi celles du Parti Populaire.

  1. Le « peuple » face à l’« élite »
    a) Le « peuple »

La question du peuple, n’étant ni neutre ni objectivable, ne peut se réduire à une seule définition. Il y a autant de définitions du « peuple » que de cultures politiques. Et nous savons qu’une culture politique se crée dans son ère, celle-ci influe donc les notions du « peuple » - et toutes les autres - que les cultures politiques adopteront. Et c’est sans parler du caractère non-figé des peuples. Les partis de la veine du Parti Populaire n’échappent pas à cette règle.
Afin d’illustrer mon propos, voici 3 notions du « peuple ».
Les démocrates définissent le « peuple » comme un ensemble de citoyens constituant une unité politique régie par l’utilité commune. On y retrouve la notion de rex publica qui serait définie par l’ensemble des citoyens sans distinction de classes, de genres ou encore d’intérêts. En pratique, une classe sociale domine et prétend parler au nom du peuple et de cet intérêt commun à l’ensemble des citoyens. Il n’y a rien d’étonnant. En effet, cet intérêt est défini par la classe dominante, qui essaie de le rendre objectif pour défendre ses intérêts.
Cette notion du « peuple » se trouve éloignée de celle de Marx lorsqu’il en parle. Il a toujours combattu les illusions sur l’unité du « peuple », sur l’absence de lutte de classes. En employant le mot « peuple », Marx n’estompait pas les distinctions de classes sociales. Le peuple regroupait toutes les classes sociales, telles que la paysannerie, le prolétariat, la bourgeoisie, avec leur propre rôle et intérêt dans la société dominée par le capital.
Quant aux « populistes », ils pensent le « peuple » - en tous cas, dans leurs discours -  comme étant la grande masse de la population dans sa différence avec le gouvernement ou l’ensemble de la classe politique exerçant le pouvoir d’une manière ou d’une autre.[64] Où le socialisme scientifique voit des classes sociales résultantes du modèle économique, le « populisme » voit une masse monolithique dépouillée de sa souveraineté à cause d’un dysfonctionnement de la démocratie qui aurait laissé une caste corrompue prendre le monopole du pouvoir politique.
Le « peuple » serait alors une unité organique et homogène où les luttes de classes, les contradictions d’intérêts, d’opinions, etc. seraient inexistantes. C’est ainsi que les tendances appelées « populistes » ne peuvent être que de droite puisque la tradition socialiste n’est pas interclassiste. Au contraire, elle conçoit qu’il y ait plusieurs classes sociales en lutte pour leurs propres intérêts. Traditionnellement, le mouvement socialiste représente le prolétariat des villes, voire celui des campagnes mais en aucun cas le « peuple » au sens « populiste » du terme.
De plus, le « populisme » dont nous parlons est souvent teinté de nationalisme, voire de xénophobie, qui sont des conditions à un repli identitaire et à un mépris croissant, voire à un rejet, des « autres ». Ces deux derniers sont à l’intérieur et à l’extérieur des frontières. En effet, il y a les élites - les politiciens, certains intellectuels ou encore des artistes critiques – et les immigrés qui sont pauvres et inassimilables puisque « l’eau ne se mélange pas avec l’huile ». C’est sans parler des « assistés », des « fainéants » ou encore des « délinquants ». A l’extérieur, on y trouve essentiellement les arabes, tous musulmans, et ennemis déclarés des valeurs occidentales issues des « idéaux moraux » des Lumières. Vous aurez compris que s’ils ne s’évertuent pas à faire des distinctions dans le « peuple » de la nation – si ce n’est pour dénicher un bouc émissaire, ils continueront sur la même « pensée » monolithique à propos des 450 millions d’arabes.
Nous conviendrons que ça fait beaucoup d’exclus du « peuple ». Nous conviendrons aussi que ces éléments mettent du plomb dans l’aile les idées qui prétendent l’existence d’un « populisme de gauche ».

Néanmoins, face à « l’invasion de l’Europe » qui menace l’Europe de « s’écrouler » dans « une grande confusion multiculturelle »[65], la ligne socio-économique du Parti Populaire s’est tourné vers l’exaltation de l’État-providence, redistributif des richesses vers les nécessiteux, tout en gardant un caractère identitaire. La combinaison donne un curieux type de solidarité. Les nécessiteux ayant droit à la solidarité ne peuvent qu’être nés sur le territoire, pour les immigrés il faut avoir fait ses preuves en poursuivant un cursus qui a pour vocation d’éveiller la « belgitude » des non-natifs de Belgique et en travaillant plusieurs années. 

b) La référence au peuple

Une distinction fondamentale du « populisme » serait la référence au peuple. Ces mouvements qui chamboulent le paysage politique auraient comme particularité la proximité avec le peuple et ce par différents moyens de communication tels que la télévision et Internet
La définition que donnent les « démocrates » de la « démocratie » n’est-elle pas « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » ? Dès lors, la prise en compte du peuple est fondamentale, essentielle. Ce qui est traditionnellement compris comme étant le centre et la droite de l’échiquier politique ne se privent pas de faire appel au peuple et s’ils ne se référaient dans leurs discours qu’aux classes qu’ils privilégient par leur politique, les gouvernements et parlements de la Belgique – et autres - seraient moins bondés de libéraux et de « socialistes ». Le Premier Ministre Charles Michel n’a-t-il pas déclaré en octobre de cette année : « Les gens n’attendent de nous qu’une chose : que nous gouvernions, gouvernions et encore gouvernions. Nous continuerons à gouverner, jusqu’au dernier jour et à la dernière minute. Le moteur de la réforme ne peut pas s’arrêter ». N’est-ce pas là une référence au peuple, à l’intérêt des « gens » ?[66] Poursuivons, quel homme politique peut prétendre ne pas faire de communication et quel parti politique peut se glorifier de ne pas être composé d’un personnage charismatique ? Emmanuel Macron, l’actuel président de la France, n’a-t-il pas usé des médias sous toutes ses formes – et vice-versa ? Di Rupo, les Michel, De Wever, Reynders, Hedebouw ne sont-ils pas des figures qui apparaissent de manière récurrente dans les médias pour représenter leur parti respectif ?

La référence que le Parti Populaire fait au peuple ne le particularise donc pas, il joue simplement le jeu de la démocratie représentative comme tous les autres ou presque. La règle d’or consiste en la mise en place de moyens pour pratiquer un drainage large aux élections pour augmenter son poids dans les instances de pouvoir.

c) L’« élite »

L’« élite », ou l’establishment, est soumis à une vive critique de la part des « populistes ». Selon ces derniers, elle serait complétement incompétente, sourde face aux revendications populaires, coupée de la réalité à force de calculer dans ses bureaux. La corruption rongerait chacun d’entre eux jusqu’à l’os. Elle aurait trahi la démocratie représentative, d’où la nécessité d’une démocratie plus directe, souvent référendaire, pour rendre sain la démocratie grâce à la vertu du « peuple ».
On ne peut nier le caractère anti-establishment du Parti Populaire lorsque son président arbore lors d’un congrès du parti en novembre 2016 un balai. La métaphore du balai est profondément ancrée dans les mouvements anti-establishment à l’instar de la gauche et de la droite radicales mais aussi du fascisme. Elle représente le balai nettoyeur de l’establishment. Léon Degrelle, chef rexiste, est l’exemple national quand à cette métaphore.[67] Néanmoins, Arnold Schwarzenegger et Margaret Thatcher, qui en ont eux aussi usée, sont les références données par M. Modrikamen lors de son discours, aux côtés de son balai, où il se déclare prêt à nettoyer les écuries d’Augias[68],  à balayer le « politiquement correct », repousser le socialisme de la Wallonie (sic) et toutes autres choses. Sa position face à ce qu’il appelle le socialisme – qui est, en fait, de la social-démocratie décontenancée – est un relent de l’idéologie thatchérienne, dont il déclare s’en inspirer.[69]
Poursuivons en contredisant le concept de « populisme » qui donne pour caractéristique de ce courant l’anti-establishment. Leon Degrelle, fasciste, ne serait-il qu’un « populiste » ? Thatcher, auteure d’offensives brutales contre toutes une classe sociale, serait-elle seulement « populiste » ? Faisons grincer des dents les partisans du « cercle de la raison » en mentionnant le discours de François Hollande en 2012 dans lequel il disait combattre son véritable adversaire : « le monde de la finance, qui n’a pas de nom, ni de visage »[70]; celui de Nicolas Sarkozy en septembre 2008 quand il annonçait la « fin du capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir ».[71] Inutile de dire que ni l’un ni l’autre n’a gagné – voire entamé – le combat. Plus récemment, un produit de l’ENA, Emmanuel Macron, déclarait combattre l’establishment politique.[72] Le « populisme » et la « raison » seraient-ils inter-pénétrables ? Ou alors serait-ce du populisme antipopuliste ?[73]

 

Conclusion

Le parti populaire montre sa nature, son identité, sa couleur et son nom à travers des idées qui, partagées dans un programme pessimiste, montrent ses limites. Ce début de siècle révèle une période d’instabilité dans le processus historique. En effet, dans le champ politique, ce sont des élans de racisme, de xénophobie et de revendications ultrasécuritaires que manifeste le parti. Sur le plan économique, c’est une crise qu’engendre le capital parallèlement à une crise de la démocratie. Cette dernière se voit critiquée pour ne plus être fidèle à ce qu’elle porte ou prétend porter : la représentativité. Les élites au pouvoir s’avèrent être corrompues et une méfiance à l’égard de l’establishment se généralise au point de faire accroître les votes blancs. Les théories des élitistes Gaetano Mosca, Robert Michels ou Vilfredo Pareto affirmant l’illusion de la démocratie se voient à nouveau confirmées.[74]  Les partis traditionnels en ressentent l’entière conséquence puisque les grandes masses se détachent d’eux. Les idéologies qu’ils portent ne représentent en effet plus les groupes sociaux qu’ils représentaient et, en dernière analyse, l’issue est la crise d’hégémonie de la classe dirigeante.[75]  De nouveaux partis se créent alors avec des idées et des valeurs nouvelles. Des valeurs qui reflètent le moment de l’histoire, avec ses enjeux et ses contradictions. Pour le Parti Populaire, en l’occurrence, il s’agirait sans doute des valeurs réactionnaires et polarisantes. Pour l’écologie finalement, et toujours inhérente au système capitaliste, une pollution aggrave le paysage avec des flux à venir de réfugiés climatiques nombreux. Le terrorisme fait également partie du jeu et le phénomène se résulte par des crises manifestes de réfugiés et de migrants que le parti n’accueille pas avec bienveillance. C’est effectivement du paternalisme moralisateur - reflet d’une supériorité de la race blanche - qui résonne dans les échos de « nos valeurs », « notre culture » et cela « chez nous. » Un climat d’insécurité sert d’instrument politique liberticide et de justificatif aux politiques d’austérité. C’est une logique néolibérale qui ne fait que grossir le darwinisme social et économique bien cher au régime du capital, déjà bien prédit par le Docteur allemand.[76] Enfin, le parti populaire n’a pas montré de distinction par rapport à l’élan populiste qui pénètre les partis. Transformés en machines électorales, ces deniers rappellent par leur failles la nécessité d’une démocratie plus directe.

L’idéologie véhiculée par les partis du type de celui que nous avons étudié détient le potentiel pour interroger la démocratie représentative. Néanmoins, elle ne semble pas être la solution pour l’avènement d’une société où un mode de fonctionnement politique serait plus sain et moins élitiste. Les rebelles et les critiques trouvent un climat avantageux en cette période. En effet, comme des hirondelles, ils ont été chassés par le rude hiver mais une saison n’est pas éternelle. Le printemps prendra place, les mésanges s’installeront dans nos boîtes à lettres et leur chant jaillira de leur poitrine pour ceux qui veulent bien l’entendre. « tsvi-tsvi »… L’épitaphe de Rosa Luxemburg donnera le signal.[77]

 

Bibliographie

DARD, Olivier. « Références et thèmes des droites radicales au XXe siècle (Europe/Amériques) ». Peter Lang, 2014. 368 p.

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ABRAMOWICZ, Manuel. « Les Rats noirs : l'extrême droite en Belgique francophone ». Luc Pire / IWirf, 1996. 240 p.

GEORIS-REITSHOF, Michel. « L'extrême-droite et le néo-fascisme en Belgique ». P de Meyère, 1962. 84 p.

Espace de libertés. « Interdire l’extrême-droite ». Août-septembre 1997

DELEERSNIJDER, Henri. « Populisme : vieilles pratiques, nouveaux visages », La renaissance des livres, 2006. 127 p.

BLAISE, Pierre & MOREAU, Patrick. « Extrême droite et national-populisme en Europe de l'Ouest », CRISP, 2004. 584 p.

LEDUC, Emilie. « L'extrême droite en Flandre et en Wallonie : la différence », 2007

VERSTAETE, Matinda. « L'Extrême-droite en Belgique », 1995

Table des matières

Introduction ………………………………………………………………………………….1

  1. Le premier quart du XXIe siècle ………………………………………………....……....2
  2. Du politique, de l’économie, de l’écologie
  3. Du terrorisme
  4. Une existence pleine de soubresauts …………………......………………………………6
  5. Le programme ……………........…...…………………………………………………….11
  6. Immigration
  7. Insécurité
  8. Économie
  9. Un substantif dépourvu de substance ………………………………......………………17
  10. Le « peuple » face à l’« élite » 
    a. Le « peuple »
                            b. La référence au peuple
                            c. l’« élite »

Conclusion ……………………………………………………………………………..……22

Bibliographie ……………………………………………………………………………......23

 

 

 

[1] C’est bien l’électorat, et non la société civile, qui se porte vers la droite. Le phénomène est dû à un accroissement des votes blancs et nuls d’une partie important des ouvriers face à une gauche en déshérence.

[2] Elio Di Rupo parle d’une nouvelle ère du socialisme à la présentation du nouveau manifeste du Parti Socialiste. Une ère qui ne connaitrait pas de luttes des classes, voire pas de classes sociales tout court. Peut-être que les militants du parti voient dans le gouvernement MR-NVA les initiateurs d’une révolution en phase d’abolir les classes ?

[3] La conjoncture, en perpétuelle transformation, peut mener à des changements dans les discours et propositions économiques de ce genre de parti. Par exemple, Modrikamen était contre l’intervention de l’État dans tout ce qui n’était pas régalien jusqu’en 2014 environ. Face à la « crise des réfugiés », il commença à défendre l’État-providence avec pour stratégie la défense des démunis belges contre les arabes.

[4] TITECA, Kristof. « Want to understand Belgium’s complicated politics and scandals? Let’s look at Africa ». 10 juillet 2017. Disponible sur : https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2017/07/10/want-to-understand-belgiums-complicated-politics-and-scandals-lets-look-at-africa/?utm_term=.3b12cf00c433

[5] DUPERRON, Audrey. « Discrimination des opinions ? L’Europe veut mettre fin au financement des partis extrémistes ». 22 septembre 2017. Disponible sur : https://fr.express.live/2017/09/22/financement-des-partis-ue/

[6] MATRINGE, JEAN. « Errements de la politique migratoire de Bruxelles ». Mai 2017. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/MATRINGUE/57483

[7] Qualifier d’un tel adjectif cette guerre est nécessaire. Comme au Vietnam, qui en souffre encore, des armes chimiques ont été utilisées.
Le Monde, « L’enquête sur les armes chimiques en Syrie en suspense à l’ONU ». 24 octobre 2017. Disponible sur : http://www.lemonde.fr/international/article/2017/10/24/l-onu-va-se-positionner-sur-l-enquete-sur-les-armes-chimiques-en-syrie_5205014_3210.html

[8] Les Echos, « Le Danemark veut confisquer les bijoux et l'argent liquide des réfugiés ». 18 décembre 2015. Disponible sur : https://www.lesechos.fr/18/12/2015/lesechos.fr/021569134603_le-danemark-veut-confisquer-les-bijoux-et-l-argent-liquide-des-refugies.htm

[9] La Libre. « Identification des migrants : La collaboration entre Theo Francken et le Soudan crée la polémique ». 20 septembre 2017. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/belgique/identification-des-migrants-la-collaboration-entre-theo-francken-et-le-soudan-cree-la-polemique-59c15df7cd70fc627d9e3339

[10] BROWN, Oli. « Migration and Climate Change ». IOM Migrations Research Series, 2008, pp. 11

[11] WALLERSTEIN, Immanuel, « Le capitalisme a-t-il un avenir ? ». L’horizon des possibles, 2014, 200 p.

[12] FUKUYAMA, Francis. « The End of History and the Last Man ». Free Press, 2006, 464 p.

[13] KLEIN, Naomi. « The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism ». Random House of Canada, 2007, 672 p.

[14] Amnesty International, « Report 2016/2017 : The State of the World’s Human Rights ». 2017, 409 p. Disponible sur : https://www.amnesty.org/en/latest/research/2017/02/amnesty-international-annual-report-201617/ 

[15] New Statesman, « Jeremy Corbyn speech on terrorism and foreign policy : full text ». 26 mai 2017. Disponible sur : https://www.newstatesman.com/politics/staggers/2017/05/jeremy-corbyn-speech-terrorism-and-foreign-policy-full-text

[16] KHALEEFEH, Nora, « "Des musulmans ont dansé après les attentats", Jambon provoque la polémique », 17 avril 2016. Disponible sur : https://www.rtbf.be/info/dossier/explosions-a-brussels-airport/detail_des-musulmans-ont-danse-apres-les-attentats-jambon-invite-a-s-expliquer?id=9272001

[17] RTBF, « Rudy Aernoudt quitte LiDé "qui frôle l'extrême-droite" ». 11 mars 2009. Disponible sur : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_rudy-aernoudt-quitte-lide-qui-frole-l-extreme-droite?id=5296563

[18] RTBF, « Deux nouvelles défections au Parti Populaire ». 3 mai 2010. Disponible sur : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_deux-nouvelles-defections-au-parti-populaire?id=4856603

[19] Le Vif/L’Express, « Guerre fratricide à la tête du Parti populaire ». 24 août 2010. Disponible sur : http://www.levif.be/actualite/belgique/guerre-fratricide-a-la-tete-du-parti-populaire/article-normal-147549.html

[20] La Libre, « PP : l'ancienne co-présidente des Jeunes étonnée de son éviction ». 27 août 2010. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/belgique/pp-l-ancienne-co-presidente-des-jeunes-etonnee-de-son-eviction-51b8c323e4b0de6db9bd247f

[21] La Libre, « Le député Laurent Louis a été exclu du PP ». 28 janvier 2011. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/belgique/le-depute-laurent-louis-a-ete-exclu-du-pp-51b8cd10e4b0de6db9bfb698

[22] RTBF, « Démission du président des Jeunes du Parti Populaire ». 27 janvier 2011. Disponible sur : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_demission-du-president-des-jeunes-du-parti-populaire?id=5583773

[23] Ce terme est totalement nié par les sciences sociales. Voici ce qu’en dit le chercheur Stefan Durand dans le Monde Diplomatique : « Unir sous une seule bannière, celle d’« islamo-fascistes », des dizaines de mouvements disparates, souvent en conflit les uns avec les autres, et ayant des objectifs très divers, permet d’enraciner le mythe d’un complot islamiste mondial, d’occulter les questions géopolitiques purement profanes, et donc de ne plus évoquer les causes qui ont entraîné la naissance de la plupart de ces mouvements. Notamment les occupations coloniales et les conflits territoriaux dont seule une juste résolution peut permettre d’assécher le terreau sur lequel prospère le terrorisme islamiste contemporain ». On peut clairement tirer de ce texte des éléments qui mettent en évidence les positions ultra-réactionnaires du Parti Populaire.
Monde Diplomatique, « Fascisme, islam et grossiers amalgames ». Novembre 2006. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/DURAND/14115

[24] RTBF, « la marche du Parti Populaire dégénère ». 17 juin 2016. Disponible sur : https://www.rtbf.be/auvio/detail_la-marche-du-parti-populaire-degenere?id=1737589

[25] La Libre, « Modrikamen met de l’ordre au PP en vue de 2014 ». 12 février 2013. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/modrikamen-met-de-l-ordre-au-pp-en-vue-de-2014-51b8f8dbe4b0de6db9c99805

[26] Le Soir, « Des sections liégeoises quittent le Parti Populaire ». 15 février 2013. Disponible sur : http://www.lesoir.be/archive/recup/des-sections-liegeoises-quittent-le-parti-populaire_t-20130215-029YTP.html

[27] 7 sur 7, « Modrikamen relance Le Peuple en version numérique ». 26 mars 2013. Disponible sur : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1603705/2013/03/26/Modrikamen-relance-Le-Peuple-en-version-numerique.dhtml

[28] Le Vif/L’Express, « Luc Trullemans privé de salaire à cause de propos islamophobes sur Facebook ». 2 octobre 2013. Disponible sur : http://www.levif.be/actualite/belgique/luc-trullemans-prive-de-salaire-a-cause-de-propos-islamophobes-sur-facebook/article-normal-43069.html

[29] La Libre, « Trullemans se lance en politique aux côtés de Modrikamen ». 14 novembre 2013. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/belgique/trullemans-se-lance-en-politique-aux-cotes-de-modrikamen-52848a753570ea593dbb0048

[30] SPF Intérieur

[31] Le Peuple, « Le PP et Pierre-André Puget se séparent ! ». 15 décembre 2015. Disponible sur : http://lepeuple.be/le-pp-et-andre-pierre-puget-se-separent/57897

[32] RTBF, « Remous au Parti Populaire ». 16 décembre 2015. Disponible sur : https://www.rtbf.be/info/article/detail_remous-au-parti-populaire-bertrand-henne?id=9165891

[33] Le peuple, « Belgique : l'heure du choix, le discours vérité de M Modrikamen ». 1 février 2016. Disponible sur : https://www.facebook.com/lepeuple.be/videos/1099851063400903/

[34] Directeur du CRISP

[35] Membre de Résistances.be, observatoire de l’extrême-droite

[36] 7 sur 7, « Dossier ouvert contre une vidéo « raciste » du PP ». 10 février 2016. Disponible sur : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/2612740/2016/02/10/Dossier-ouvert-contre-une-video-raciste-du-PP.dhtml

[37] La Libre, « le PP pourrait devenir « L’Alternative ». 25 août 2017. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/le-pp-pourrait-devenir-l-alternative-599f00c1cd706e263f92a310

[38] DH, « Mischaël Modrikamen, président du Parti Populaire : "Le PP gagne ou je m'arrête" ». 15 juin 2017. Disponible sur : http://www.dhnet.be/actu/belgique/mischael-modrikamen-president-du-parti-populaire-le-pp-gagne-ou-je-m-arrete-59417295cd700225436ab376

[39] Wikipédia, « Liste de sondages sur l'élection législative belge de 2019 ». Consulté le 26 novembre 2017. Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l%27%C3%A9lection_l%C3%A9gislative_belge_de_2019

[40] Le Vif/L’Express, « Comment Modrikamen est devenu infréquentable ». 13 juillet 2013. Disponible sur : http://www.levif.be/actualite/belgique/comment-modrikamen-est-devenu-infrequentable/article-normal-94739.html

[41] Le Vif/L’Express, « Parti populaire, parti fantôme ? ». 7 mars 2015. Disponible sur : http://www.levif.be/actualite/belgique/parti-populaire-parti-fantome/article-normal-370405.html

[42] Parti Populaire, « 100 propositions pour redresser la Wallonie et Bruxelles ». 2014. Disponible sur : http://www.amazone.be/IMG/pdf/pp-100_propositions_pour_redresser_la_wallonie_et_bruxelles.pdf

[43] Vif/L’Express, « L’épreuve de vérité du PP ». 30 avril 2014. Disponible sur : http://www.levif.be/actualite/belgique/l-epreuve-de-verite-du-pp/article-normal-26641.html

[44] EUROSTAT, Direction générale Statistique - Statistics Belgium, Enquête sur les forces de travail, calculs : SPF ETCS. Disponible sur : http://www.emploi.belgique.be/moduleDefault.aspx?id=23910

[45] Monde Diplomatique, « Une autre histoire de la Sécurité sociale ». Décembre 2015. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/FRIOT/54395

[46] DJOUDER, Ahmed. « L’« échec du multiculturalisme » ou l’art d’enterrer ce qui n’a jamais existé », Après-demain, vol. n ° 18, nf, no. 2, 2011, pp. 17-19. Disponible sur : https://www.cairn.info/revue-apres-demain-2011-2-page-17.htm

[47] C’est moi, Kenzo Jacquemin, qui souligne.

[48] Direction générale des Etablissements Pénitentiaires, Rapport annuel 2016. 2017. P. 42. Disponible sur : https://justice.belgium.be/sites/default/files/bat_ra_2016_fr_light.pdf

[49] LAGASNERIE, Geoffroy de. « Guerre aux drogues, guerre aux Noirs ». 13 mars 2017. Disponible sur : http://www.liberation.fr/debats/2017/03/13/guerre-aux-drogues-guerre-aux-noirs_1555400

[50] YouTube, « Israël – Mischaël Modrikamen, président du Parti Populaire ». 13 mai 2012. Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=UQWYFMOY3oY&feature=youtu.be

[51] Monde Diplomatique. « Israël ou la religion de la sécurité ». Octobre 2016. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/LEVY/56434

[52] « justifiable » est défini comme « the killing of a felon, during the commission of a felony, by a private citizen »

[53] Violence Policy Center, « Firearm Justifiable Homicide and Non-Fatal Self-Defense Gun Use ». Juin 2015. Disponible sur : http://www.vpc.org/studies/justifiable15.pdf

[54] JDD Papier, « Trichet sur la baisse des bourses : "Nous devons tous être en alerte ». 13 février 2016. Disponible sur : http://www.lejdd.fr/Economie/Marches/Jean-Claude-Trichet-sur-la-baisse-des-bourses-Nous-devons-tous-etre-en-alerte-772759

[55] Observatoire des inégalités, « La TVA est-elle juste ? ». 8 novembre 2012. Disponible sur : https://www.inegalites.fr/La-TVA-est-elle-juste

[56] HALIMI, Serge. « Les Nouveaux Chiens de garde ». Liber-Raisons d'agir, novembre 2005. 162 p.

[57] DURAND, Pascal & ACCARDO, Alain. « Médias et censure : figures de l’orthodoxie ». Editions de l’Université libre de Bruxelles, 2004. Page 192

[58] Face aux chiffres du gouvernement, Raoul Hedebouw (PTB) exposa ceux de l’ONSS. Suite à quoi, le Premier Ministre sortit de ses gonds et taxa Hedebouw de populiste avant de donner un coup à son micro.
RTBF, « Discours de politique générale: vous êtes un populiste », lance Charles Michel à Raoul Hedebouw ». 11 octobre 2017. Disponible sur : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_discours-de-politique-generale-vous-etes-un-populiste-lance-charles-michel-a-raoul-hedebouw?id=9733713

[59] LOVENS, Pierre-François. « Charles Michel reprend la main ». 10 juillet 2003. Disponible sur :  http://www.lalibre.be/actu/belgique/charles-michel-reprend-la-main-51b87f03e4b0de6db9a8edf1

[60] HERMET, Guy. « 1. Populisme des anciens, populisme des modernes, populisme libéral-médiatique » dans La tentation populiste au cœur de l'Europe. La Découverte, 2003, pp. 25-39.

[61] HALIMI, Serge. « Le populisme, voilà l’ennemi ! ». Le Monde Diplomatique, avril 1996.
Pour précision, l’«inculture historique » dont il parle est lié aux premiers mouvements « populistes » en Russie avec les narodniki et aux États-Unis avec le People’s Party, tous deux étant des mouvements agrariens dans un contexte d’industrialisation.

[62] Voici ce que M. Modrikamen, président du Parti Populaire, déclare : "Nous assumons le terme populiste. Il n’est pas négatif quand il signifie que nous sommes les porte-parole du peuple, des sans voix, des barakis, des sans-dents comme dirait Hollande".
Extrait tiré de : TASSIN, Stéphane. « Le parti populaire se veut populiste », 25 novembre 2016. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/belgique/le-parti-populaire-se-veut-populiste-58373107cd70a4454c04e1a0

[63] Youtube, Mischaël Modrikamen (PP) : "Nous sommes la seule force de droite en Belgique francophone". Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=ToyhoYH7Ang

[64] IHL, Olivier, LARDIC, Jean-Marie et VIAL Éric. « Introduction », La tentation populiste au cœur de l'Europe. La Découverte, 2003, pp 9-23.

[65] Le Peuple, « L’Europe vit une véritable invasion par la Sicile ! », 23 avril 2015. Disponible sur : http://lepeuple.be/leurope-vit-une-veritable-invasion-par-la-sicile/49557  

[66] Sud Info, « Charles Michel : « Les gens n'attendent de nous qu'une chose : que nous gouvernions, gouvernions et encore gouvernions ». 10 octobre 2017. Disponible sur : http://www.sudinfo.be/1959720/article/2017-10-10/charles-michel-les-gens-n-attendent-de-nous-qu-une-chose-que-nous-gouvernions-go

[67] La Libre, « Modrikamen et la métaphore de Léon Degrelle ». 30 novembre 2016. Disponible sur : http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/modrikamen-et-la-metaphore-de-leon-degrelle-583dd32fcd70a4454c07096d

[68] L’expression tire son origine dans la mythologie grecque dans laquelle les étables d’Augias étaient très sales. Dans ses travaux, Héraclès les nettoya contre toutes les attentes de Augias qui, malhonnête et corrompu, le trucida pour ne pas payer sa dette. Par extension, l’expression signifie la mise en place de solutions radicales.

[69] Le Peuple, « Mischaël Modrikamen : « nous avons besoin d’une révolution thatchérienne en Wallonie et à Bruxelles ». 9 avril 2013. Disponible sur : http://lepeuple.be/mischael-modrikamen-nous-avons-besoin-dune-revolution-thatcherienne-en-wallonie-et-a-bruxelles/1322

[70] L’Obs, « Hollande et l’adversaire qui « n’a pas de visage ». 23 janvier 2012. Disponible sur : https://tempsreel.nouvelobs.com/politique/election-presidentielle-2012/20120123.OBS9529/hollande-et-l-adversaire-qui-n-a-pas-de-visage.html

[71] Le Monde, « Le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon ». 25 septembre 2008. Disponible sur : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/25/le-discours-de-nicolas-sarkozy-a-toulon_1099795_823448.html

[72] Entreprendre, « Polémique : Macron est-il anti-establishment ? ». 8 décembre 2016. Disponible sur : http://www.entreprendre.fr/polemique-macron-est-il-anti-establishment

[73] BORDIGNON, Fabio, « In and Out : Emmanuel Macron’s anti-populist populism ». 28 avril 2017. Disponible sur : http://blogs.lse.ac.uk/europpblog/2017/04/28/macron-anti-populist-populism/

[74] Trois sociologues italiens qui ont fondés la notion d’élite. 

[75] GRASMCI, Antonio. « Cahiers de prison, tome 3 », Gallimard, 1978. Cahier 13. Dans ce cahier, Antonio Gramsci traite de la fonction de l’hégémonie.

[76] C’est par ce nom flatteur que Fawwaz Traboulsi, marxiste libanais, nomme Karl Marx.

[77] LUXEMBURG, Rosa. « Rosa, la vie : lettres de Rosa Luxemburg », Atelier, 2009. P. 99. Disponible sur : https://books.google.be/books?id=KrrW3evY1yYC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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