L'école à la maison pour contrer le système

Depuis la Loi Blanquer, l’école est désormais obligatoire dès l’âge de 3 ans. Faux ! Et pourtant, c’est ce que l’on entend et lit dans les médias mainstream. En réalité, c’est l’instruction qui est obligatoire à partir de 3 ans.

Autrement dit, chacun est libre d’instruire son enfant comme bon lui semble : à l’école, à domicile via des cours par correspondance, librement en famille, dans des écoles alternatives, et bien d’autres. Très souvent, les parents ayant choisi d’éduquer leurs enfants hors des sentiers battus, sont mal vus, taxés d’inconscients, de parents-poules, d’extrémistes. Mais qui sont ces familles qui ont décidé d’instruire leurs enfants à la maison ? Et quelles sont les motivations qui les poussent à opter pour ce mode de vie ?

Unschooling, no’sco, homeschoolers tant d’anglicismes pour désigner ce choix qui signifie « instruction en famille » , soit IEF. En France, un peu plus de 25.000 enfants sont instruits à domicile. C’est une chance quand on sait que chez nos voisins allemands, cette pratique est interdite, chez les suisses, réglementée selon les cantons… Si en France, nous disposons de cette liberté, les parents se doivent tout de même de se soumettre à certaines règles, la plus importante étant de respecter le socle commun des connaissances et des apprentissages de l’Éducation  Nationale.

Les raisons qui poussent ces parents à prendre cette décision sont nombreuses : volonté de respecter et suivre le rythme de l’enfant, partager des moments privilégiés en l’accompagnant de près dans son éducation et donc mieux évoluer, opter pour une pédagogie alternative (Montessori, Waldorf-Steiner, Freinet, Charlotte Mason, etc…) qui met un point d’honneur sur la nature, les arts, et la bienveillance. Ces raisons sont les motivations principales et communes de presque toutes les familles en IEF. Mais pour d’autres, la liste est encore longue.

En France, plus de 25.000 familles ont opté pour l’instruction à domicile © Daily Khal En France, plus de 25.000 familles ont opté pour l’instruction à domicile © Daily Khal

En effet, depuis quelques années, de nombreuses polémiques touchent l’éducation nationale. En prime : l’éducation sexuelle. Info comme intox, tout y passe. Mais la réalité des faits est indéniable, il y a bien une hypersexualisation de l’enfance et de la jeunesse qui se trame dans les coulisses du système. La théorie du genre, fait également partie de ce programme, laissant le choix aux élèves de se sentir soit fille soit garçon, comme si la nature n’avait pas déjà achevée son oeuvre…

Dans certaines écoles primaires, le planning familial organise des interventions pour parler sexualité avec les élèves. La théorie du genre, l’orientation sexuelle, la lutte contre l’homophobie sont devenues une priorité au sein de l’éducation nationale. C’est la débâcle sur les bancs d’école ! La pudeur, l’abstinence, la vertue et les sensibilités spirituelles ne sont plus respectées. À la place, on explique que l’élève est en droit d’avoir des relations sexuelles dès l’âge de 15 ans, on discute masturbation de manière décomplexée et on distribue des préservatifs gratuitement, tout ceci sous couvert de prévention et protection de la jeunesse. Pour certaines familles, cette ingérence dans la vie affective de l’enfant est inacceptable. « C’est à la famille de parler de ce genre de chose pas à l’école » affirme une maman.

https://youtu.be/62XC3t_LkBw

L’école supposée enseigner se substitue désormais aux parents et s’est mise à éduquer. Ce n’est pas pour rien si son appellation a muté, passant d’instruction publique à éducation nationale. Mais alors que devient le rôle des parents dans tout cela ?

D’autre raisons qui poussent certains parents à se consacrer pleinement à l’éducation de leurs enfants : les nouvelles méthodes d’apprentissage médiocres de l’éducation nationale. Il faut savoir que chaque année, les règles, les énoncés, les programmes, mais aussi les méthodes d’apprentissages changent. Exit la bonne vieille méthode syllabique traditionnelle, on innove et on en impose délibérément une autre appelée méthode globale. Cette méthode consiste à adopter une stratégie de déchiffrage des mots, des phrases, en tant qu’image visuelle invisible, ce qui pousse l’enfant à deviner et non à lire. Cette méthode tend à l’échec, à l’illettrisme. Claire Colombi, enseignante et historienne affirme d’ailleurs que : « Chaque année le niveau baisse drastiquement ».

Il en va de même du côté des mathématiques. En Histoire, il suffit de se souvenir des programmes et thèmes que nous avons abordé dans notre scolarité pour constater le manque de neutralité dans la façon de relater le passé: désinformation et diabolisation du Moyen-âge et des periodes anterieures à l’époque des Lumières, éloge des franc-maçons républicains du 18ème siècle, propagande américaine, fustigation de la Russie, répétition incessante de la Shoah, etc…

 « Il  y a des gens qui restent dans les coulisses de la scène mondiale, et c’est pourquoi il y a deux histoires. l’Histoire officielle, menteuse, qu’on enseigne, l’Histoire ad usum delphini, puis l’Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse.« 


Honoré de Balzac

Pour certains parents, l’école n’est plus le parangon qu’elle fût, mais un lieu devenu dangereux et infréquentable.
Infréquentable… Si on énumère ces dernières années les cas de harcèlements scolaires, certains enfants sont témoins et victimes d’une violence sans nom. Beaucoup finissent par se suicider. Il suffit de voir les dernières actualités relatant ces actes mortifères. Récemment, un enfant de 7 ans, victime de coups et blessures chaque jours a l’école a déclaré: « J’ai envie de rejoindre le bon Dieu, de mourir. J’en ai marre de ce petit garçon, il n’arrête pas de me taper tous les jours. » Des paroles à glacer le sang.

Ce qui se passe dans la cour de récréation doit rester à l’école, c’est un peu ce que déplore les parents des victimes de harcèlement. Parfois, même les professeurs, surmenés et désemparés n’arrivent plus à réagir.

Évoquons enfin une raison qui touche certaines familles (mais pas toutes): les vaccins. Un sujet aussi sensible que du gaz près du feu. Même entre familles IEF, ce sujet provoque des polémiques sur les groupes et forums. Cette caractéristique « anti-vaxx » ne concerne donc pas seulement ceux qui ont choisi de faire l’IEF, même des parents dont les enfants sont scolarisés sont touchés par cela. En effet, depuis peu, l’obligation Vaccinale imposant 11 vaccins est une exigence sinequanone pour rentrer à l’école où même en crèche. Pour les familles anti-vaxx qui souhaitent maintenir leur choix coûte que coûte, l’IEF est la solution.

Ainsi donc, pour certains parents, hors de question de refluer face à ce tohu-bohu, l’IEF reste la solution la plus pertinente et adéquate. En adoptant ce mode de vie. ils font face à de nombreuses questions, la première d’entre toutes: la sociabilisation.

Il faut savoir que les familles IEF sont très actives, parfois bien plus qu’à l’école, les rencontres sont toujours différentes, et il y a un rapprochement générationnel enrichissant, puisque ces homeschoolers côtoient des personnes d’âges différents, que ce soit au sein de la famille, lors d’escapades lambdas quotidiennes ou lors de sorties entre famille IEF. Les activités extrascolaires sont aussi de mise et leur permettent d’élargir leur cercle d’amis. Enfin, il n’a jamais été prouvé que la scolarisation était le seul moyen pour se sociabiliser, parfois on assiste à un effet inverse, notamment à cause du harcèlement scolaire par exemple.

L’auteur et maman Angela R.Patton affirme dans un de ses livres: « Lorsqu’une famille décide d’instruire son enfant à la maison, sachez qu’ils ont pesé le pour et le contre et prit une liste d’éléments en considération comme par exemple: le futur de l’enfant, les méthodes d’apprentissage, l’entourage qui aura une influence sur sa personnalité, les petits présents naturels, le développement sans limite de ses passion et de ses intérêts, la préservation de sa santé mentale et physique, la sauvegarde des valeurs, de la spiritualité et des croyances religieuses, la découverte de la culture, et bien d’autres points encore, bien plus importants que la question incessante de la socialisation« .

Voilà ce à quoi aspirent beaucoup de famille qui optent pour l’école à la maison, et ce phénomène reste en pleine expansion.

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