"L'Occident sur la mauvaise voie" (Gabor Steingart - Handelsblatt)

C'est une démarche assez rare que vient d'entreprendre le rédacteur en chef du quotidien économique allemand Handelsblatt. Gabor Steingart* vient en effet de publier un éditorial en 3 langues (anglais, russe et allemand). Dans ce dernier, il dénonce "la politique de l'escalade" qui n'a "pas d'objectif réaliste" et "nuit aux intérêts allemands". Il s'en prend également aux gouvernements et aux médias qui sont, selon lui, passé d'un stade "équilibré" à un stade "agité".  À titre personnel, je ne peux que saluer la présence d'esprit de Steingart qui, dans un environnement extérieur rempli de références agressives à la Guerre Froide, a la lucidité d'inciter à réfléchir dès maintenant aux moyens qui ont permis d'en sortir et nous éviteront peut-être d'y retomber. 

* Rédacteur en chef du quotidien économique Handelsblatt depuis 2010. Après des études de sciences politiques et macro-économie, il passe de nombreuses années en temps que correspondant économique au Spiegel avant d'en diriger la rédaction à Berlin puis d'en devenir le correspondant principal à Washington. Son best-seller est intitulé "The War for Wealth - The True Story of Globalization, or Why the Flat World is Broken". C'est un critique régulier de la politique du président Obama.

"L'Occident sur la mauvaise voie" (Gabor Steingart - Handelsblatt)

Traduction 

« Toute guerre est accompagnée d'une sorte de mobilisation mentale : la fièvre de la guerre. Même les gens intelligents ne sont pas à l'abri des accès de cette fièvre. "Cette guerre dans toute sa atrocité est encore une chose grande et merveilleuse. C'est une expérience qui en vaut la peine" se réjouit Max Weber en 1914, lorsque les lumières se sont éteintes en Europe. Thomas Mann a senti un "abstergent, une libération, et une énorme quantité d'espoir"

Même lorsque des milliers gisaient morts sur les champs de bataille belges, la fièvre de la guerre ne se calmait pas. Il y a exactement 100 ans, 93 peintres, écrivains et scientifiques ont composés l'"Appel au monde de la culture". Max Liebermann, Gerhart Hauptmann, Max Planck, Wilhelm Röntgen, et d'autres ont encouragé leurs compatriotes à s'engager dans la cruauté envers leurs voisin : "Sans militarisme allemand, la culture allemande aurait été balayée de la surface de la terre il y a longtemps. Les forces armées allemandes et le peuple allemand ne font qu'un. Cette prise de conscience rend 70 millions d'Allemands frères sans préjudice de l'éducation, le statut, ou un parti".

Nous interrompons notre train de pensées : "L'histoire ne se répète pas"!  Mais peut-on être si sûr de cela ces jours-ci ? Au vu des évènements de guerre en Crimée et dans l'est de l'Ukraine, les chefs d'état et gouvernements occidentaux n'ont soudainement plus de questions et toutes les réponses. Le Congrès américain discute ouvertement d'armer l'Ukraine. L'ancien conseiller à la sécurité Zbigniew Brzezinski recommande d'armer les citoyens pour les combats de rue et la guérilla. La Chancelière allemande, comme à son habitude, est bien moins tranchée mais pas moins inquiétante : "Nous sommes prêts à prendre des mesures sévères".

Le journalisme allemand est passé d'une attitude équilibrée à une attitude agitée en quelques semaines. Le spectre des opinions s'est réduit au champ de vision d'un sniper. 

Les journaux que nous pensions être plein de réflexions et d'idées marchent désormais côte à côte avec les politiques dans leurs appels à des sanctions contre la Russie du président Poutine. Même les titres trahissent une tension agressive comme c'est la caractéristique habituelle des hooligans quand ils "supportent" leurs équipes respectives. 

Le Tagesspiegel : "Assez parlé!" Le FAZ: "Montrez la force". Le Süddeutsche Zeitung : "Maintenant ou jamais". Le Spiegel appelle à la "fin de la couardise" : "la toile de mensonge, de propagande, de tromperie de Poutine a été exposé. L'épave du MH-17 est aussi le résultat d'une diplomatie qui s'est crashé".

Les politiques occidentaux et les médias allemands sont d'accord.

Chaque enchaînement réfléchi d'accusations produit le même résultat : aussi rapidement qu'il ne le faut pour le dire les allégations et les contre-allégations deviennent tellement extriquées que les faits en deviennent presque totalement obsurcis. 

Qui a trompé qui le premier ? 

Est-ce-que cela a commencé avec l'invassion russe de la Crimée ou est-ce-que l'Occident a d'abord promu la destabilisation de l'Ukraine ? Est-ce-que la Russie veut s'étendre vers l'Ouest ou l'OTAN vers l'Est ? Ou encore est-ce-que deux puissances mondiales se sont retrouvées à la même porte au milieu de la nuit, conduites par des intentions similaires envers un tiers sans défense qui paie désormais pour le bourbier en résultant avant les premières phases d'une guerre civile ?  

Si, à ce niveau, vous attendez toujours pour une réponse à la question "à qui est-ce la faute", vous pouvez tout aussi bien arrêter de lire. Vous ne manquerez rien. Nous n'essayons pas de déterrer une vérité cachée. Nous ne savons pas comme cela a commencé. Nous ne savons pas comme cela finira. Et nous sommes assis là, au milieu de tout cela. Au moins Peter Sloterdijk (N.d.R : philosophe et essayiste allemand) a quelques mots de consolation pour nous : "Vivre dans ce monde signifie vivre dans l'incertitude"

Notre but est d'enlever un peu de l'écume qui s'est formée sur les bouches débattantes, de prendre des mots des bouches des fauteurs de troubles et des excités et d'en mettre de nouveaux à la place. Un mot qui est devenu inusité ces derniers temps est celui-ci : réalisme.

La politique de l'escalade montre que l'Europe manque cruellement d'un objectif réaliste. C'est quelque chose de différent aux États-Unis. Les menaces et les postures font simplement partie des préparatifs de l'élection. Quand Hillary Clinton compare Poutine à Hitler, elle ne fait qu'en appeler au vote républicain, c'est-à-dire les gens qui ne disposent pas d'un passeport. Pour beaucoup d'entre eux, Hitler est le seul étranger qu'ils connaissent, raison pour laquelle Adolf Poutine est une effigie fictive de campagne très bienvenue. Dans ce contexte, Clinton et Obama ont un but réaliste : en appeler à la population, gagner des élections, gagner une autre présidence démocrate.

Angela Merkel peut difficilement invoquer ces circonstances atténuantes pour elle-même. La géographie force tout Chancelier allemand à être un peu plus sérieux. En tant que voisins de la Russie, en tant que communauté européenne liée par le destin, en tant que récipendiaire d'énergie et fournisseur de ceci et cela, nous les allemands avons un intérêt clairement plus vital en la stabilité et la communication. Nous ne pouvons pas nous permettre de regarder la Russie à travers les yeux du Tea Party américain. 

Chaque erreur commence avec une erreur de réflexion. Et nous sommes en train de faire cette erreur si nous pensons que seuls les autres parties profitent de notre relation économique et conséquemment souffriront quand cette relation cessera. Si les liens économiques furent maintenus pour le bénéfice commun, alors rompre ces liens conduira à des pertes mutuelles. La punition et l'auto-punition sont les mêmes choses dans ce cas.  

Même l'idée qu'une pression économique et une isolation politique conduirait à mettre la Russie à genoux n'a même pas été pensée pleinement. Même si nous pouvions réussir : à quoi bon mettre la Russie à genoux ? Comment pouvez vous vouloir vivre ensemble dans la maison européenne avec un peuple humilié dont le leader élu est traité comme un paria et dont vous pourriez avoir à supporter les citoyens l'hiver prochain. 

Bien sûr, la situation présente nécessite une position ferme, mais plus que tout une position ferme envers nous-mêmes. Les allemands n'ont jamais voulu ou causé ces réalités, mais elles sont maintenant nos réalités. Considérez seulement ce que Willy Brandt a eu à entendre quand son destin en tant que maire de Berlin l'a placé à l'ombre du mur. Quelles sanctions et punitions lui furent suggérer. Mais il a décidé de passer outre ce festival d'outrage. Il ne s'est jamais muré dans un esprit de revanche.

Quand il a été récompensé du Prix Nobel de la Paix il a jeté la lumière sur ce qui se passait autour de lui dans les jours troublés où le mur a été construit : "Il y a toujours une autre attitude - que celle de l'impotence camouflée par le verbalisme. Le recours à des positions juridiques qui n'ont pas pu devenir une réalité. La planification de contre mesures pour les éventualités qui diffèrent toujours de celles à portée de main. Aux moments critiques nous étions livrés à nous-même; les verbalistes n'avaient rien à offrir". (N.d.R : Je n'ai malheureusement pas accès à une traduction de qualité du discours et même la citation de l'auteur ne respecte pas la ponctuation originale du dernier paragraphe de la page 3, cette traduction est probablement contestable)

Les verbalistes sont de retour et leurs sièges sont à Washington. Mais personne ne nous force courber l'échine devant leurs ordres. Emboîter ce pas - même si c'est par calcul et parfois de la reluctance comme dans le cas de Merkel - ne protège pas les citoyens allemands, mais pourrait bien les mettre en danger. Ce fait reste un fait même si ce n'était pas les américains mais les russes qui étaient responsables du dommage original en Crimée et dans l'est de l'Ukraine. 

Willy Brandt a décidé de manière clairement différente que Merkel aujourd'hui, et dans une situation clairement plus intense. Comme il le rappelle, il s'est réveillé le matin du 13 août 1961 "éveillé et en même temps engourdi". Il s'était arrêté à Hanovre pour un voyage quand il a reçu les rapports de Berlin à propos des travaux qui étaient effectués sur un large mur séparant la ville. C'était un dimanche matin et l'humiliation pouvait difficilement être plus grande pour un maire en exercice. 

Les soviétiques l'avaient mis devant le fait accompli. Les américains ne l'avaient pas informé même s'ils avaient probalement reçu certaines informations de Moscou. Brandt se souvient qu'une "impuissance source" est monté en lui. Mais qu'a-t-il fait ? Il a tu ses sentiments d'impuissance et affiché son grand talent politique fondé sur la réalité qui lui a valu un passage en temps que chancelier et aussi, finalement, un Prix Nobel de la Paix. 

Avec le conseil d'Egon Bahr, il a accepté la nouvelle situation, sachant qu'aucune quantité d'outrage du reste du monde ne mettrait ce mur à terre avant un moment. Il a même ordonné à la police de Berlin Ouest d'utiliser des matraques et des canons à eaux contre les manifestants s'opposant au mur dans le but de ne pas basculer de la catastrophe de la division à la catastrophe bien plus grande de la guerre. Il s'efforçait de suivre le paradoxe que Bahr décrirait plus tard comme suit : "Nous avons reconnu le statut quo afin de le changer".

Et ils réussirent à accomplir ce changement. Brand et Bahr ont mis les intérêts spécifiques de la population de Berlin Ouest, dont ils étaient responsables (dont l'auteur à partir de juin 1962), dans la mesure de leur politique.

À Bonn ils négocièrent la subvention Berlin, une subvention non imposable de 8% sur les salaires et l'impôt sur le revenu. Dans la langue vernaculaire, elle fut appelé la "prime de la peur". Ils négocièrent également un traité de laissez-passer avec Berlin Est qui a rendu le mur à nouveau perméable deux ans après sa mise en place. Entre Noël 1963 et le Nouvel An 1964, 700 000 habitants de Berlin ont rendu visite à leurs proches dans l'est de la ville. Chaque larme de joie s'est transformé en un vote pour Brandt peu de temps après. 

Les électeurs ont réalisé qu'il y avait quelqu'un qui voulait changer la manière dont ils vivaient chaque jour, pas juste générer un gros titre pour le lendemain matin. Dans une situation presque complètement sans espoir, cet homme social-démocrate s'est battu pour les valeurs occidentales - dans ce cas les valeurs de liberté de mouvement - sans mégaphones, sans sanctions, sans la menace de la violence. L'élite à Washington a commencé à entendre des mots qui n'avaient jamais été entendu en politique avant : Compassion, changement à travers le rapprochement, dialogue, conciliation des intérêts. Et cela au milieu de la Guerre Froide, quand les puissances mondiales étaient supposées s'attaquer l'une et l'autre avec du venin, quand le discours contenait uniquement des menaces et des protestations ; lançait des ultimatums, mettait en place des blocus maritimes, conduisait des guerres par procuration, c'est comme cela que la Guerre Froide était supposée être conduite. 

Une politique étrangère allemande qui luttait pour la réconciliation - au début seulement la politique étrangère de Berlin - n'apparaissait pas seulement courageux mais aussi très étrange. 

Les américains - Kennedy, Johnson, puis Nixon - ont suivi l'Allemagne ; cela a lancé un processus qui est sans parallèle dans l'histoire de nations ennemies. Finalement, il y eut un meeting à Helsinki dans le but d'établir les règles. L'Union Soviétique fut garantie d'une "non-ingérence dans ses affaires internes" qui remplissait le chef de parti, Leonid Brejnev, de satisaction and fit bouillir le sang de Franz Josef Strauß (voir la partie "Dans l'opposition"). En retour, le leadership du Parti Communiste de Moscou devait garantir l'Occident (et donc ses propres sociétés civiles) du "respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, incluant celle de pensées, de conscience, de religion et de croyance".

De cette manière la "non-ingérence" fut achetée à travers la "participation". Le Communisme a reçu une garantie éternelle pour son territoire, mais au sein de ses frontières les droits humains universels ont soudainement commencé à infuser". Joachim Gauck se souvient : "Le mot qui a permis à ma génération de continuer était Helsinki".

Il n'est pas trop tard pour le duo Merkel/Steinmeier pour utiliser les concepts et idées de ce temps. Cela n'a pas de sens de juste suivre le stratégiquement dépourvu d'idée (idea-less) Obama. Tout le monde peut voir comme lui et Poutine sont en train de conduire comme dans un rêve directement vers un panneau qui indique : Voie sans issue.

"Le test pour la politique n'est pas comment quelque chose commence mais comment cela fini", a dit Henry Kissinger, égalament lauréat du Prix Nobel de la Paix. Après l'occupation de la Crimée par la Russie il a déclaré : nous devrions vouloir la réconciliation, pas la domination. Démoniser Poutine n'est pas une politique. C'est un alibi pour l'absence de politique. Il conseille de condenser les conflits, c'est-à-dire de les rendre plus petits, de les diminuer, et ensuite de les distiller dans une solution. 

En ce moment (et depuis un long moment avant cela), les États-Unis sont en train de faire le contraire. Tous les conflits sont en train de s'intensifier. L'attaque d'un groupe terroriste appelé Al-Qaïda s'est transformé en une campagne globale contre l'Islam. L'Irak est bombardé en utilisant des justifications douteuses. Ensuite, l'US Air Force vole vers l'Afghanistan et le Pakistan. La relation envers le monde islamique peut assurément être considérée comme endommagée. 

Si l'Occident avait jugé le gouvernement américain qui pénétrait en Irak sans une résolution des Nations-Unis et sans preuve de l'existence des "armes de destruction massive" par les mêmes standards qu'aujourd'hui avec Poutine, alors George W. Bush aurait été immédiatement interdit d'entrer dans l'UE. Les investissements étrangers de Warren Buffett auraient été gelés, l'exportation des véhicules des marques General Motors, Ford et Chrysler interdit. 

La tendance américaine à l'escalade verbale et aussi militaire, l'isolation, démonisation et l'attaque des ennemis n'a pas prouvé son efficacité. La dernière action militaire majeure à succès que les États-Unis ont conduit fut le débarquement de Normandie. Tout le reste - Corée, Vietnam, Irak et Afghanistan - fut un échec clair. Bouger les troupes de l'OTAN vers la frontière polonais et envisager d'armer l'Ukraine est une continuation d'un manque de diplomatie par des moyens militaires. 

La politique de foncer tête baissée contre le mur - et de le faire exactement où la paroi est la plus épaisse - vous donne juste un mal de crâne et pas grand chose d'autre. Et considérant que le mur a une énorme porte dans la relation de l'Europe à la Russie. Et la clé de cette porte s'appelle "conciliation des intérêts". 

La première étape est ce que Brandt appelait "compassion", c'est-à-dire la capacité de voir le monde à travers les yeux des autres. Nous devons arrêter d'accuser les 143 millions car ils voient le monde différemment de John McCain. 

Ce qui est nécessaire est d'aider à moderniser le pays, pas de sanctions qui vont accentuer le manque de richesses et nuire aux liens relationnels. Les relations économiques sont aussi des relations. La coopération internationale est semblable à la tendresse entre les nations parce tout le monde se sent mieux après.

Il est bien connu que la Russie est une super-puissance énergétique et en même temps une nation industrielle en développement. La politique de reconciliation et d'intérêts mutuels doit attaquer ici. Une aide au développement en retour de garanties territoriales; le ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a même eu les mots justes pour décrire cela : partenariat de modernisation. (N.d.R. : En 2010, ce fut également évoqué). Il a juste à le dépoussiérer et à l'utiliser comme un mot ambitieux. La Russie doit être intégrée, pas isolée. Des petites étapes dans cette direction sont meilleures que l'énorme non sens de politiques d'exclusion.

Brandt et Bahr n'ont jamais utilisé l'outil des sanctions économiques. Ils savaient pourquoi : il n'y a aucun enregistré où des états sous sanctions s'excusent de leur comportement ou deviennent ensuite obéissants. Au contraire : les mouvements collectifs commencent en soutien du sanctionné, comme c'est le cas aujourd'hui en Russie. Le pays a rarement été plus uni derrière son président que maintenant. Cela peut aussi vous mener à penser que les fauteurs de troubles de l'Occident sont des employés des services secrets russes. 

Un commentaire de plus à propos du ton du débat. L'annexion de la Crimée était en violation du droit international. Le soutien aux séparatistes dans l'est de l'Ukraine aussi ne s'harmonise pas avec nos idées de souverainté de l'état. Les frontières d'un état sont inviolables. 

Mais tout acte requiert contexte. Et le contexte allemand est que nous somme une société en probation qui ne peut agir que si les violations du droit international ont commencé avec les évènements en Crimée. 

L'Allemagne a guerroyé contre ses voisins orientaux deux fois dans les 100 dernières années. L'âme allemande, qui a généralement revendiqué son côté romantique, a montré son côté cruel.

Bien sur, nous qui sommes venus après pouvons continuer de proclamer notre outrage contre l'impitoyable Poutine et en appeler au droit international contre lui mais, les choses étant ce qu'elles sont, cet outrage devrait venir avec un léger rougissement d'embarras. Ou pour utiliser les mots de Willy Brandt : "Les prétentions aux valeurs absolues menaçent l'homme" (Claims to absolutes threaten man).

Au final, même un homme qui a succombé à la fièvre de la guerre en 1914 doit reconnaître cela. Après la fin de la guerre, le pénitent lança un second appel, cette fois pour la compréhension entre les nations : "Le monde civilisé est devenu un camp de prisonniers et un champ de bataille. Il est temps qu'une grande marée d'amour remplace la vague dévastatrice de la haine".

Nous devrions essayer d'éviter le détour par les champs de bataille au 21ème siècle. L'histoire n'a pas à se répéter. Peut-être que nous pouvons trouver un raccourci »

P.S : (désolé pour les quelques coquilles qui doivent traîner ou toute traduction maladroites des propos de Willy Brandt)


Parution initiale sur Points de vue Alternatifs.

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