A Toulouse, le Préfet reprend ses actions contre les réfugiés syriens

Trois nouvelles familles avec enfants, dont une femme enceinte, ont été délogées dans un contexte relativement tendu par les forces de l’ordre ce mercredi 13 juillet au matin à Toulouse.

Trois nouvelles familles avec enfants, dont une femme enceinte, ont été délogées dans un contexte relativement tendu par les forces de l’ordre ce mercredi matin, sans notification préalable, de l'endroit où elles avaient aussi trouvé refuge depuis plusieurs mois, chemin des Izards à Toulouse.

http://actu.cotetoulouse.fr/toulouse-refugies-syriens-izards-expulsion-famille-solution-relogement_40893/

Cette expulsion fait suite à celle du 25 mai dernier, qui avait vu 121 réfugiés syriens délogés de l'immeuble dans lequel ils avaient trouvé refuge, après une décision du tribunal administratif. Une décision sur laquelle la Cour d’appel de Toulouse est revenue le 7 juillet 2016, invalidant de fait l’expulsion des réfugiés.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/haute-garonne/toulouse/syriens-des-izards-toulouse-la-justice-rejette-les-demandes-d-expulsion-1043431.html

moment festif avec les réfugiés syriens © C.Puech moment festif avec les réfugiés syriens © C.Puech


A l'époque, lors d'un point presse, le Préfet s'était engagé à tout faire pour éviter la séparation et l'éloignement des familles. "Cette opération devait répondre à 3 enjeux : solution d'hébergement, préservation des liens familiaux, continuité de la scolarité".
Cette promesse n'a été que partiellement tenue. Certains relogés à Cahors, se retrouvent sans moyen de se déplacer, dans une ville dans laquelle ils n'ont aucune attache, relation ou famille.
Aujourd'hui, seulement 6 semaines après cette expulsion, alors que les structures d'accueil (OFI, CADA) parlaient d'une certaine quiétude jusqu'à la fin de l'année, l'état passe à l'action.
Beaucoup de bénévoles de diverses associations locales qui suivent ces réfugiés sont actuellement absents , il est à craindre que dés lundi d'autres opérations d'expulsions reprennent.
Des familles seront envoyées sans aucune consultation à Auch ou Cahors. Il est certains que de nombreux enfants qui avaient accès à une scolarisation à Toulouse et trouvé un certain équilibre subiront un nouveau traumatisme par ces déplacements et éloignements.

Ces expulsions sont à rapprocher du climat délétaire qui entoure actuellement les problèmes de relogement de réfugiés et de précaires sur Toulouse, de la saturation des centres d'hébergement d'urgence au refus par la préfecture de financer des hébergement en hôtel.
À cela s'ajoute depuis le 12 avril, la suppression par le conseil départemental de Haute-Garonne de l'accueil hôtelier des mineurs isolés.
Pour les militants du Droit au Logement, les expulsions des hôtels ordonnées par la préfecture au mois de mai sont dûes, non pas à la fin de la trêve hivernale, mais à l'arrivée de l'Euro 2016 qui a fait exploser le coût des chambres d'hôtel. "La préfecture n'ayant plus les moyens de payer, des dizaines de personnes se sont retrouvées à la rue", explique François Piquemal militant du Dal 31.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/haute-garonne/toulouse/toulouse-de-plus-en-plus-de-familles-de-refugies-la-rue-1042849.html

Une pétition est en ligne afin d'interpeller l'OFII sur le relogement de ces réfugiés sur Toulouse et la non dispersion de ces familles, il y a urgence:

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Office_Francais_Immigration_Integration_Des_affectations_de_logements_pour_les_refugies_syriens_de_Toulouse/?cVXqekb

Voilà comment à Toulouse l'on passe d'une grande "fête" imposée à grand renfort de pseudo"patriotisme" et de sponsorts, à une reprise de l'abject acharnement de l'état envers un peuple détruit, fragilisé et en pleine détresse.
Ho! combien il eut été beau de voir se lever à Toulouse d'aussi nombreux drapeaux afin de rendre honneur à un peuple humaniste, fraternel et solidaire dans la capacité et le désir d'accueillir ces réfugiés! Non! les honneurs rendus aux joueurs de baballe laissent la place au sort malheureux de ces réfugiés que l'état va continuer à ignorer et à maltraiter!

Voir aussi mon précédent billet concernant la première expulsion : https://blogs.mediapart.fr/kiki-puech/blog/250516/121-refugies-syriens-evacues-de-limmeuble-quils-occupaient-toulouse

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