A Toulouse les travailleurs du 115 n'ont plus les moyens d'exercer leurs missions

A Toulouse les travailleurs sociaux du SIAO qui gèrent les appels au 115 n'ont plus les moyens d'exercer leurs missions. Ils ont décidé de se mettre en grève depuis ce matin.

Les travailleurs du SIAO en grève © C.Puech Les travailleurs du SIAO en grève © C.Puech

 

A Toulouse, ils sont une cinquantaine de travailleurs sociaux du  SIAO (Service Intégré d'Accueil et d'Orientation qui a dans ses attributions la gestion du numéro d'urgence 115), la totalité du service, à s'être mis en grève.
Ils sont dans l'impossibilité d’exercer leurs missions de service public, confrontés à des situations de plus en plus dramatiques pour les plus vulnérables.
Ils alertent en vain depuis plusieurs mois leur employeur, le CCAS et les services de l'Etat compétents sur leur manque de moyens.
Chaque jour, à Toulouse, sur les milliers d'appels qui arrivent au 115, numéro pour l'hébergement d'urgence, moins de 10% des appels peuvent être décrochés.
Lorsque ces appels aboutissent, la très grande majorité ne peut obtenir une réponse favorable.

115 en grève à Toulouse © C.Puech 115 en grève à Toulouse © C.Puech

Ce sont quotidiennement 190 personnes en couple ou en famille et 65 personnes isolées qui sont laissées à la rue sans solution à l'approche de l'hiver.
Parmi ces personnes, des femmes seules, des enfants et des bébés qui dorment sur les trottoirs.
L'hiver dernier, le service du SIAO a pu fonctionner et honorer ses missions avec un taux de proposition de mise à l'abri proche de 100%.
Mais à la fin de l’hiver, plus de 300 personnes ont été remises à la rue et de nombreuses places d'hébergement pour personnes isolées ont été fermées.
Dans leurs missions aussi, le suivi  des personnes hébergées en hôtel; seulement 3 salariés pour suivre 800 personnes hébergées, 2 postes ayant été supprimés à la fin de l'hiver dernier.

Au delà des conditions de travail déplorables de ces travailleurs sociaux, il y a la grande détresse sociale et sanitaire à laquelle sont confronté ces familles.

A l'approche de l'hiver, il faut que  l'Etat et la Ville s'engage afin de mettre de toute urgence à l'abri ces personnes vulnérables.
Il sera insoutenable de continuer à voir ces femmes et enfants en grand danger sur les trottoirs de notre ville.

 

 

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