I - Le référendum d’initiative populaire
En Suisse, le référendum d’initiative populaire, c’est l’outil du consensus politique
Devenu un exemple chez les « gilets jaunes », la votation suisse est inspirée des débats révolutionnaires français.
Les Suisses ont largement approuvé, dimanche 9 février, par référendum une loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, combattue par des formations conservatrices. Les résultats nationaux donnent 63 % de voix pour le « oui », avec des scores dépassant 70 % dans des villes comme Genève ou Bâle.
Cette réforme du code pénal antihomophobie élargit une législation déjà existante en matière de lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l’étendant à l’orientation sexuelle. Adoptée en 2018, la loi s’est heurtée à l’opposition de milieux conservateurs et populistes, qui ont lancé ce référendum dans l’espoir de faire barrage à une forme de « censure » et d’atteinte à « la liberté d’expression, de conscience et de commerce ». Les autres partis ont estimé que la protection contre la discrimination en raison de l’orientation sexuelle était insuffisante en Suisse, et appelé à voter « oui » au référendum.
II - Le système de vote préférentiel
En Irlande, le système de vote préférentiel devient l’outil du consensus politique et peut être de la réconciliation, voire la réunification.
Le système de vote préférentiel peut réserver des surprises lors de l’attribution des sièges. Mais le fait que le Sinn Fein arrive en tête (24,5 %) des premiers choix des électeurs balaie le quasi-monopole qu’exercent sur le pouvoir, depuis un siècle, les partis de centre droit Fine Gael et Fianna Fail, eux-mêmes héritiers des protagonistes de la guerre civile des années 1920.
Certes, le scrutin s’est d’abord joué sur les enjeux économiques et sociaux. Bien des Irlandais, terriblement éprouvés par la crise financière des années 2007-2010, ne supportent pas de ne récolter aucun des fruits du formidable rebond du « tigre celtique » dopé par son dumping fiscal et l’implantation de multinationales. Face à une terrible crise du logement et à la carence des services publics délaissés par un gouvernement ultralibéral, les électeurs ont été séduits par le programme du Sinn Fein : gel des loyers, construction de HLM, taxation des sociétés et des riches.
III - Pour les élections municipales, les listes citoyennes
Aux élections municipales, l’irruption des listes citoyennes
Dans le sillage des « gilets jaunes », de nombreux collectifs citoyens se présentent aux municipales. Autant de candidatures pour les municipales se revendiquant « participatives » ou « citoyennes ».
Dans la presse régionale, on repère la candidature d’une nouvelle liste « citoyenne » presque chaque jour. Avec pour point commun de revendiquer un nombre important de citoyens non encartés. « On a vu une accélération dans les dix derniers mois et surtout depuis l’été. Mais il y a une grande diversité entre ces listes »
Cet essor est un des symptômes les plus visibles de la profonde défiance de certains citoyens envers la démocratie représentative qui secoue la France ces dernières années, et particulièrement depuis la révolte des « gilets jaunes ». Ces derniers, depuis le début de leur mouvement, n’ont cessé de revendiquer une plus grande participation du peuple aux décisions des élus.
C’est « l’urgence écologique et sociale », associée à « l’absence de renouvellement des politiques » et aux « 40 % d’abstention » aux dernières municipales
« Il y a une défiance, un fossé : les gens ont perdu confiance dans la politique, ça ne peut plus durer »
« Derrière beaucoup de listes citoyennes, on trouve en fait une agrégation de plein de partis : Génération.S, le Parti communiste, Place publique, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), La France insoumise (LFI) ». Ces listes mélangent militants et citoyens non encartés. « Une sorte de gentlemen’s agreement entre des partis politiques – qui ont besoin de citoyens pour leur image et parce qu’ils manquent de candidats – et des citoyens engagés qui veulent peser politiquement et se disent, par réalisme, qu’ils ont besoin des partis, détaille Rémi Lefebvre. Pour créer un dénominateur commun, on se dit “listes citoyennes”, c’est plus attractif à l’heure où les partis politiques ne sont plus en odeur de sainteté. » D’autres listes revendiquent au contraire de se tenir à l’écart des partis.
« Beaucoup de candidats aux municipales vont se présenter sous la bannière “citoyenne” en ajoutant à leur liste des membres de la société civile. Mais la différence se fait d’abord sur qui fixe le programme : l’ADN des mouvements qu’on dit “municipalistes”, c’est de le construire avec les habitants, en assemblée ouverte. L’autre différence, c’est la façon de désigner les candidats. Les listes citoyennes qui arrivent à fonctionner sont celles qui parviennent à mettre de côté les tambouilles partisanes ou à faire accepter aux partis une transparence dans la désignation de tout ou partie des candidats, voire de la tête de liste. »
Des méthodes qui ne font pas toujours l’affaire des partis.
Faut-il faire des alliances ? Rester puriste ? L’heure est encore à l’expérimentation. Nul ne sait laquelle de ces démarches sera la plus efficace pour transformer la vie des citoyens.
IV - Demander un référendum
Le cas de la réforme des retraites et autres affaires douteuses
« Monsieur le président, soumettez au référendum votre réforme des retraites ». L’appel adressé à Emmanuel Macron fait la « une » du quotidien L’Humanité, lundi 10 février. Plus de 140 responsables associatifs et politiques de gauche, sociologues, syndicalistes, avocats, mais aussi des comédiens et réalisateurs signent une tribune réclamant un référendum sur le retrait de la réforme des retraites.
Le « niveau de défiance » à l’égard de cette réforme, avec « plus de deux mois de mobilisation » et « une majorité de Français qui demandent toujours le retrait », « pose un problème démocratique majeur », estiment les signataires
« A ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre », jugent encore le réalisateur Bertrand Tavernier, l’actrice et réalisatrice Jeanne Balibar, ou encore l’historien et démographe Emmanuel Todd. « Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé pour que le peuple ait le dernier mot », font-ils valoir.
Les signataires déplorent qu’à l’Assemblée nationale, où la réforme est actuellement examinée en commission, « tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances ».
La situation est identique concernant la privatisation d’ADP où Macron attend que le temps passe pour faire encore une fois un énorme cadeau à ses amis, les (très) riches ou multinationales.