Le printemps européen

“Les soirées européennes n’ont plus le même parfum, c’est d’autant plus vrai lorsque l’on est parisien”. C'est ce que doivent se dirent joueurs et supporters du Paris Saint Germain depuis le 7 mars, lendemain d'un énième naufrage sur la scène européenne. Analyse des maux du Paris saint-germain sur la scène européenne

“Les soirées européennes n’ont plus le même parfum, c’est d’autant plus vrai lorsque l’on est parisien”. C'est ce que doivent se dire joueurs et supporters du Paris Saint-Germain (PSG) depuis le 7 mars, lendemain d'un énième naufrage sur la scène européenne.

Depuis près d’un mois, le PSG n’avance plus (1 succès sur les 6 dernières journées). Hormis un succès face à l’AS Monaco, le club parisien est bien loin du rouleau compresseur qu’il était en début de saison. Après avoir réalisé le meilleur début de saison de l'histoire des cinq grands championnats européens (14 succès sur 14), l'équipe n'avance plus et affiche une fébrilité défensive inquiétante. Certains observateurs évoquent une décompression mentale liée aux faibles enjeux de la fin de saison parisienne, d'autres justifient cette méforme par des absences longue durée.

Que l'on soit sur le terrain, en tribunes ou devant son téléviseur, on ne souhaite ainsi qu'une seule chose : que la saison se termine le plus rapidement possible afin de passer à autre chose. Vraiment ?

Saisons après saisons, depuis le rachat du club par Qatar Sports Investments (QSI), l'objectif annoncé du club est de triompher dans la plus prestigieuses des compétitions de clubs : la Ligue des Champions (UEFA Champions League). 

Investissements massifs sur le marché des transferts, développements des infrastructures et de l'image à l'international, augmentation des revenus commerciaux et du budget... Tout ou presque a été fait pour hisser le club de la capitale au statut de prétendant au titre suprême. Aujourd'hui, l'essentiel des spécialistes et observateurs du clubs dressent pourtant un bilan mitigé de la politique de développement du club. 

Rattrapés par la réalité du terrain, les parisiens n'ont en effet jamais franchi le cap des quarts de finale depuis 2012. Le bilan a été terni par trois éliminations consécutives en huitièmes de finale depuis 2017. Si l'on fait abstraction des résultats européens, le PSG a connu une croissance inédite malgré la faiblesse des revenus issus de droits TV et une fiscalité plus importante que ses rivaux européens. Le Paris Saint Germain est désormais une marque mondiale, un club reconnu dans le monde entier et dont les rencontres et les produits sont distribués dans le monde entier. La collaboration Jordan x PSG a par exemple connu un franc succès outre-atlantique.

Or, ce qu'attendent les joueurs, les supporters et les amoureux du PSG ce n'est pas la reconnaissance mais l'avènement d'une équipe sur le terrain au travers de résultats probants sur la scène européenne. Les investissements massifs peuvent contribuer au succès d'un club mais ne permettent jamais à une équipe de décrocher des titres. Rien ne remplacera les efforts fournis sur le terrain, l'abnégation, la concentration de tous les instants d'un effectif en vue d'atteindre les objectifs fixés.

 

Il n'est pas question de tout détruire afin de rebâtir, mais de peaufiner des détails, une meilleure gestion des émotions permettant de faire basculer le match du bon côté. La façon dont le PSG a construit ses succès en coupes nationales ces cinq dernières années peut être une piste. jusqu'à cette saison, le club parisien semblait intouchable qu'importe le déroulement des rencontres.

Les clubs espagnols ont trusté les compétitions européennes sur les 5 dernières saisons (5 victoires en Champions League ; 4 victoires en Europa Ligue). Sur cette période, à trois reprises, l'un des finalistes de la Coupe du Roi s'est également retrouvé en finale de Coupe d'Europe. La particularité de cette compétition réside dans le déroulement de la phase éliminatoire en matches aller-retour à partir des 1/16e de finale. Cela permet ainsi à ces équipes d'appréhender au mieux les confrontations sur la scène européenne sous ce format.
Il ne s'agit là que d'une piste parmi tant d'autres mais une réforme de la Coupe de France (conjuguée à la suppression de la Coupe de Ligue) pourrait permettre au PSG ainsi qu'à l'ensemble du football français d'améliorer sa gestion des double-confrontations. 

Le football français aura ainsi peut-être le droit de rêver à nouveau de printemps européens.

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