La Chine face à la crise coréenne, suite

Continuons à suivre le Global Times, le journal qui reflète le point de vue du gouvernement chinois et de l’armée chinoise sur la crise de la péninsule coréenne.

Continuons à suivre le Global Times, le journal qui reflète le point de vue du gouvernement chinois et de l’armée chinoise sur la crise de la péninsule coréenne. Dans son commentaire éditorial du 10 août, on lit : « la Chine doit dire clairement que si la Corée du nord prend l’initiative de lancer des missiles qui menacent le territoire américain et attire de ce fait une riposte américaine, la Chine restera neutre. La Chine doit aussi dire clairement que si l’alliance américano-sud-coréenne déclenche une attaque militaire, en vue de renverser le régime de la Corée du nord et de transformer le statu quo politique de la péninsule coréenne, la Chine interviendra résolument pour les en empêcher. »

Le journal précise  par ailleurs que « la Chine va renforcer sa concertation avec la Russie, de faire de l’opposition à la nucléarisation (de la péninsule), à la guerre et au chaos, une volonté stratégique commune sino-russe à promouvoir. Il faut que les autres parties comprennent que si l’escalade de la situation dans la péninsule menace la sécurité de la Chine et de la Russie, ces deux grands pays ne resteront pas les bras croisés ».

Le journal conclut en conseillant à la Corée du nord et aux Etats-Unis ne pas rechercher à être le maître absolu de la situation avec le proverbe chinois : « un pas en arrière et tu t’aperçois que l’océan est immense et que le ciel est dégagé »…

Tout cela est pour le moment conforme à la ligne de conduite et aux lignes rouges que les Chinois ont annoncées aux nord-Coréens et aux Américains. Bref, inutile de chercher un effet de levier à Pékin aussi bien pour PyongYang que pour Washington… Faites les imbéciles si vous le voulez, nos troupes entreront en Corée du nord s’il y a frappes américaines, pour prendre le contrôle de la situation, pour empêcher qu’un régime anti-Pékin s’installe en Corée du nord et pour tenir les troupes américaines loin de la frontière chinoise, disons sur le 38ème parallèle, conformément à l’armistice de juillet 1953.

Le dilemme pour le Pentagone est donc : est-ce payer trop cher les frappes si on doit accepter que les troupes chinoises reviennent en Corée du nord, même si c’est en coordination avec les Etats-Unis ? Car il est à peu près exclu que les Etats-Unis pousseraient les choses jusqu’à un affrontement majeur avec la Chine. Les petites frictions en Mer de Chine méridionale n’ont pas autant d’importance qu’on dit, sauf que les Américains aimeraient que les Vietnamiens, à défaut des Philippins aujourd’hui, maintiennent la pression sur la Chine.

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