Le chef d’Etat-major interarmes américain Joseph Dunford va se rendre à Pékin

Les sujets de discussion ne manquent pas.

 

Après avoir visité Séoul, le chef d’Etat-major américain interarmes Joseph Dunford va se rendre à Tokyo puis à Pékin ces jours-ci, pour des discussions de militaires à militaires sur la situation dans la péninsule coréenne. Il a déclaré que l’armée chinoise est « une clé » pour en venir à bout de la tension avec la Corée du nord (http://www.foxnews.com/world/2017/08/13/chinas-military-is-key-to-helping-resolve-north-korea-tension-joint-chiefs-chairman-says.html) .

C’est une indication qu’il existe déjà depuis quelques temps des échanges entre les Chinois et les Américains sur des scenarii extrêmes qui pourraient survenir : dérapage en cas de provocation nord-coréenne contre Guam, frappes chirurgicales américaines avec les B-1B, etc. Si Xi Jinping a exhorté Trump au calme au cours du dernier rendez-vous téléphoniques entre les deux présidents, il est probable qu’il a aussi réitéré la position chinoise en cas d’actions unilatérales des Etats-Unis et de ses alliés.

Une coordination militaire sino-américaine n’est clairement pas exclue, mais Pékin doit vouloir négocier autres choses si l’on veut que les troupes chinoises interviennent d’une façon ou d’une autre : moins de patrouilles américaines dans la Mer de Chine méridionale, neutralité américaine sur le problème de l’île Senkaku/Diaoyudao, la fin de l’ingérence sur la question de Taiwan (que les dirigeants chinois de la présente génération ne veulent plus voir traîner indéfiniment), le retrait du système THAAD (système antimissile à très haute altitude qui vise la Corée du nord en principe mais qui vise en réalité les trajectoires des missiles balistiques de dissuasion chinois et russes), neutralité sur la question frontalière sino-indienne, etc. Bref un très gros marchandage en perspective.

Si les deux puissances arrivent à se mettre d’accord sur une action concertée en Corée du nord, alors les cartes seront redistribuées en Asie du Nord-est, et peut-être même plus. Ce serait un véritable renversement d’alliance, comme on l’a déjà vu avec Nixon-Kissinger-Mao en 1972, Carter-Deng Xiaoping en 1979, etc. Bien entendu, je spécule, mais les faits ont l’air de s’accumuler pour ne pas nous priver de l’audace de ne pas exclure une coopération militaire sino-américaine au sujet de la Corée du nord.

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