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Billet de blog 15 mars 2013

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4h33, je ne dors pas

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

- Dites 4h33 !

- C’est grave docteur ?

- Oui c’est grave.

- Je vais mourir ?

- Ca va prendre quelque temps.

4H33, je pense à toi, Michel.

Qui peut réellement comprendre l’état de désespoir dans lequel tu étais avant de commencer ta grève de la faim ?

Qui peut comprendre l’état de colère dans lequel tu étais  avant de commencer ta grève de la faim ?

Qui peut comprendre la lutte épuisante que tu as dû mener contre ce CMB/Arkea pendant 8 ans avant de commencer ta grève de la faim ?

8 ans

Qui résisterait ? Qui se tiendrait encore debout sans être bouffé de l’intérieur ?

Qui ?

Qui peut comprendre que tu as décidé de flirter avec la mort pour retrouver ta dignité et ta liberté, ton sourire, ton honneur, ton bonheur ?

Qui peut juger ?

Qui peut tout juger ?

Qui peut te juger ?

Des juges pourraient juger les suceurs de sang que sont les banksters mais les suceurs de sang ont acheté les juges.

Qui peut décider à ta place ?

Qui peut savoir ?  

Qui croit savoir comment tu dois faire ?

Qui sait ?

Même toi tu ne sais pas où tu vas. Tu sais d’où tu viens. Nous n’en savons rien. Nous ne savons rien de toi pour la plupart. Nous ne savons jamais rien mais nous en parlons comme si nous savions. Comme si nous savions tout.

Orgueil et préjugés

Pieds et mains liés. Intestins malmenés. Reins en souffrance. Et ton cœur qui bat et le notre avec le tien.  Ce cœur-là. Qui doit battre encore et encore. Ne le malmène pas. Je l’aime ce cœur qui bat en toi .

Que dois-tu faire ?
Que dois-je faire ?

Que devons-nous faire pour t’aider ?

Buzzer ? Se sauver ? Se taire ? S’en aller de toi ? Arrêter ? T’ignorer ? Tourner les talons et aller compter ailleurs des nuages innocents ? Gueuler ? Arrêter de manger nous aussi ? S’asseoir et ne plus rien faire, s’asseoir et ne plus rien dire ? Fermer sa gamelle ? S’engueuler ? Téléphoner encore et encore ? Pleurer ?

C'est que nous sommes morts de trouille. Terrorrisés par ton acte dont nous devinons la violence et dont nous ne pouvons appréhender l'entier mystère. Apeurés et  tremblants comme agneaux nouveaux-nés. La chronique d'un suicide annoncé est insoutenable. Alors on se protège. Comme on peut. Selon sa personnalité. On s'enflamme, on s'emballe, on doute, on freine, on a mal, on y retourne, on en rit, on s'embue de douleur. Comme toi. Tout pareil. Tu es un morceau de nous. On veut te protéger.

Amer

Amertume

L’amer nous tue

Et l’océan nous lave

J’attends les vagues sous la grève

Sous la grève de ta faim

Si l’âme est battue, elle bruit encore

Coquillage imparfait, aux oreilles attentives

Mes larmes coulent et se mêlent aux larmes salées de la mer

L’océan nous lavera quand sera temps

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.