Oula ! pas bon début d'année pour les Michel. Voilà que Michel Tournier s'est éteint à l'âge de 91 ans. Quel écrivain, mais quel écrivain ! Une langue baroque, crue, mystique, romantique. Des livres décoiffants dans le paysage littéraire : le Roi des Aulnes, Vendredi ou les limbes du Pacifique, les Météores, Gaspard, Melchior et Balthazar. Du jamais lu. Un écrivain à part qui ne se regarde pas le nombril mais qui peint, dépeint, déroule d'étanges histoires surgies des brumes de son imaginaire.A relire absolument.
Curieusement, en quantité, on pourrait dire qu'il a peu écrit, au vu de sa longue vie. Mais chaque livre a été un évènement.
Dans son Journal Extime, lui qui détestait les confessions intimes de ses contemporains, il a écrit ceci : " Une idée pour le paradis : après ma mort, je suis placé devant un panorama où toute ma vie est étalée dans les moindes épisodes. Libre à moi de revenir sur celui-ci ou sur celui-là et de le revivre (...) . C'est que je suis dévoré de nostalgie et de regret en me souvenant de scènes de ma vie auxquelles je n'ai pas accordé l'attention qu'elles méritaient. "
Tout être vivant, au moement de sa mort, quel qu'il soit, est-il condamné à se poser les mêmes interrogations lancinantes. Ai-je accordé assez d'attention à ma vie pendant que je la vivais ? L'ai-je vécue comme je le voulais ?
L'déal serait de n'avoir jamais ni nostalgie, ni regret. De vivre, tout simplement.
Merci à vous, Michel Tournier.