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Billet de blog 21 mai 2013

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Apocope et poteau rose

Apocope est un nom du genre féminin. Tu diras donc une apocope. A ne pas confondre avec un appeau copte. Mon pote copte se sert d’un appeau rose car il aime le rose et les roses rose.

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Apocope est un nom du genre féminin. Tu diras donc une apocope. A ne pas confondre avec un appeau copte. Mon pote copte se sert d’un appeau rose car il aime le rose et les roses rose. Il en respire le délicat bouquet qui émane de balcons inconnus quand il marche dans la rue. Mon pote vote socialiste, c’est mon pote rose. Pourquoi je ne dis pas mon poteau rose aime les roses alors ? Eh bien parce que le mot pote est  l’apocope de poteau. Apocope, en phonétique, est un amuïssement d’un ou de plusieurs phonèmes en fin d’un mot. L’apocope abrège, va vers l’essentiel, le facilement retenable.  Et la langue, plus ou moins rose ou blanchâtre et chargée, aime les raccourcis finaux saisissants. L’apocope coupe des queues, à l’inverse de la guillotine qui étête. Elle révèle la paresse articulatoire.

Quand tu dis accro pour accroché, cata pour catastrophe, ciné pour cinéma, kiné pour kinésithérapeute, tu apocopises sans le savoir. Les surréalistes qui aimaient fiche par terre les stéréotypes de la langue pour en inventer une neuve, adoraient l’apocope. Queneau, ainsi dans ses Exercices de style, disait : « Je mon dans un aut plein de voya. Je remar un jeu hom dont le cou é sembla à ce de la gira et qui por un cha a un ga tres... » Maintenant débrouille-toi pour retrouver la phrase originelle !

Une pause plus ou moins rose s’impose. Et hop !

hip hop

rabot à cop

ça télescope

magnétoscope 

c'est le scoop

c’est l’apocope

du copeau copte

du coteau toc

et pok le mon

lemon le pok

et toque le troc

pas traque le toc

si le toc est patraque

pas glop pas glop

hisse le hop

et le hip hourrera

( oui,  il serait temps de conjuguer le verbe hourrer au futur, puisqu’on le conjugue trop souvent au passé simple, pas si simple de changer de temps )

Pour en revenir à mon pote il fait des copeaux même s’il ne s’appelle pas Jacques. Certains Jacques font des copeaux, on les appelle des Jacques Copeau, le plus célèbre des Jacques Copeau a fait beaucoup de copeaux en rabotant des planches pour  en faire un plateau de théâtre. Pour que les acteurs soient visibles, en haut. Aucun Jacques n’a, à ma connaissance, fait des copes bas. J’ai vécu personnellement avec un menuisier qui s’appelait Pascal, et pas Jacques. Parfois, je lui disais « fais pas l’Jacques, Pascal » Il ne s’appelait pas Pascal Copeau mais Pascal Alito. Car il se couchait très tôt. Et il aimait le théâtre et ses tréteaux. Donc tous les gens qui font des copeaux ne s’appellent pas Jacques. C’est une conférence, il faut être précis. 

Ce qui me fait dire qu’en plus des copeaux, certains Jacques ont une spécialisation, ils ornent des chemins interminables, on les appelle des Jacques de copeau-stèle, car à chaque embranchement ils déposent un monticule de copeaux formant comme une stèle. De nombreux marcheurs marchent sur ces chemins pittoresques faits par les Jacques de copeau-stèle et cherchent à rencontrer un de ces Jacques, c’est assez facile, ils sont déguisés en coquille Saint-Jacques pour passer inaperçus, car chaque pélerin et chaque pélerine porte une coquille Saint Jacques sur son sein,  et font comme des gros tas écailleux sur ces chemins. Parfois, certains Jacques se cachent chez les ermites qui eux s’appellent tous Bernard.

Une petite anecdote : un jour, j’avise un coquillage oblong à un carrefour, je crois que c’est  mon poteau Jacques qui a déménagé, je frappe à la valvule du coquillage, une voix enrouée me grogne comme un encouragement à entrer je pousse donc sur la membrane élastique et tombe nez à nez avec un ermite occupé à faire nonchalamment des trous dans un bas de laine, il avait l’air mite mais n’avait pas beaucoup de nerf, me dis-je, je lui demande où est Jacques,  lequel, qu’il me répond, celui qui s’appelle Jacques Bernard ? à tout hasard, je réponds oui et il me dévoile son Jacques, son amoureux rosé et alangui sur leur lit d’algues phosphorescentes, nous venons enfin de nous marier me dit-il en rougissant comme une jeune donzelle, nous ne sommes plus hors-la-loi, merci els poteaux roses, je lui ai passé la bague au doigt, à quel doigt que je pense car il avait huit tentacules, vous voulez un peu de champagne rosé ? j’accepte puis le regrette car je ne sais pas où cracher le contenu de la patte creuse de langouste qu’il me tend où barbote une sorte de bouillie couleur saumon, ça vous plait ? euh, bredouill’j, quand il m’a eu dit que le champagne c’était de la crevette crue pilée avec des yeux de calamar, des étoiles de mer avariées, des sacs plastiques et des merdes de crabes, j’ai tout vomi sur la paillasson en coquilles de moules écrasées et me suis enfui le dos rond.

Pour en revenir aux copeaux, si tu rabotes du bois de rose,  tu fais des copeaux roses. Si tu rabotes des flamants, tu fais des filaments de flamants roses. Si, dans les vallons flamands,  tu rabotes des flamands, tu fais la joie des wallons. Mais dans les vallons wallons, fais gaffe au fla, il ment. Souvent.

Le poteau rose n’est pas forcément socialiste. Un poteau rose qui a voté socialiste peut parfois revoter socialiste. Car le pote ose et rose.

Mon poteau rose respire d’autres fleurs que les roses mais du coup il ne peut découvrir le pot aux roses, mon poteau rose. Le pot aux roses, expression dont la signification est confuse et contre renversée, est synonyme de secret, ouvert ou fermé, comme la rose en bouton des jeunes filles  que l’amour cueille avec grand trouble. Il est des poteaux roses qui ne sont pas troublés par les jeunes roses. Le monde des fleurs est quasi insondable.

Si ton pote est souvent aux fourneaux  car il est cuisinier, on dit que c’est un pote au feu. Il a le rose aux joues. Certains roseaux jouent, mais pas tous. Dans les fables, certains roseaux se jouent des chênes. Et où y a du chêne, y a du plaisir car y a des glands. Vas-y en toute confiance. Même les cons se fiancent.

Tes copains pompiers sont aussi des potes au feu, ils éteignent les cuisines en feu de ton pote au feu, occupé à soulever le pote aux roses. Et quand tu soulèves le pot aux roses, tu découvres un lièvre qui s'enfuit en courant sur ses très longues pattes car mon récit est ter.

Apocopi Apocopa Coupe les Mots et Puis S'en Va ...

Mon pote kiné est accro à son coloc bi le dactylo, pour voir la vie en rose ils boivent du champ’ avec un dermato, sur le lino je les ai surpris en plein flag, pas pu faire une photo, ça m’a foutu une gastro, j’ai fissa décampé, dans mon auto j’écoutais la météo à la radio quand mon pneu a éclaté, j’ai dû prendre un métro sans clim pour aller au ciné et  oublier ce kiné qui n’est plus mon poteau

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