Fidel Castro, tyran ou héros ?

Fidel Castro vient de passer. Cuba pleure et fête son héros. D'autres se réjouissent car, pour eux, il est un tyran. Pour le monde entier, il restera le président qui aura bravé et défié les omnipuissants USA.

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Un géant, une statue, un socle, un lion, un héros vient de s'éteindre. La flamme de sa vie s'est soufflée.  Le livre se clôt. Un homme n'est plus.

Mais quel homme que celui qui a résisté aux Etats Unis et au capitalisme pendant plus de 50 ans ! Dont  une partie de sa famille, installée en Floride, dénonce la tyrannie. Un chef d'état qui reste le symbole et l'exemple, avec son compère Che Guevara, des luttes politiques à mener dans les quatre coins de la planète. Quel ado romantique et nostalgique, en Europe, n'a pas eu une photo de Che Guevara dans sa chambre, au grand dam de ses parents ?

C'est grâce à cette légende vivante que certains se sont éveillés à la politique  de couleur rouge vif, le rouge-révolution ! J'en fus. J'avais 15 ans. C'est grâce à lui, et à d'autres, que j'ai pensé que je serai toujours une femme libre et indomptable, et qu'il fallait, c'est un devoir moral, prendre la défense des démunis, prendre la défense des envahis, cogner le petit pot de terre contre l'immense pot de fer. Ces hommes m'ont façonnée, m'ont appris à résister. Je vous dis merci.

Je sais qu'on va mettre en balance les mauvaises actions du Cubain avec les très vilaines actions des cochons de pigs d'Américains qui fomentent des coups d'état avec la CIA, les luttes de pouvoir des uns et des autres, les trahisons, les complots, le sale argent qui alimente des sombres trafics, et se demander quel adversaire fut le plus vilain, le plus meurtrier, le plus tyrannique. Vont sortir des oubliettes et des caves où ils se terraient des milliers d'experts et de témoins et chacun va donner sa vérité. Oui, je sais. "L'Histoire m'acquittera " disait Fidel Castro. Après avoir fichu dehors le dictateur Battista, il y eut quelques sévères réglements de compte à Cuba, c'est vrai, et quelques droits humains ont été sévèrement bafoués, et il y a encore maintenant des prisonniers politiques. L'Histoire a besoin de comptabilité et les historiens alignent des chiffres et des bilans. Qu'ils fassent leur job. Ils vont tous sortir leurs maxi mots.

Mais en attendant, le Commandante est mort. Cuba est en pleurs. Il lui faut écrire de nouvelles pages.

Reposez en paix, Commandante.

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