Brandalism

Nécessaire placardage de 600 affiches, sur les panneaux Decaux par le collectif Brandalism (Royaume-Uni). 600 affiches pour interpeller les pouvoirs publics. Pour pointer du doigt le rôle des grandes entreprises polluantes mondiales. Pour ouvrir les consciences du consommateur lambda, aux yeux et à la tête farcie de messages subliminaux l’enjoignant, à consommer, consommer et consommer.

ruine de Rome © Arnaud Liard ruine de Rome © Arnaud Liard
600 affiches collées sur des panneaux publicitaires Decaux ce week-end, à Paris et en banlieue,  à l’initiative du mouvement Brandalism, né au Royaume Uni en juillet 2012.

600 affiches, réalisées par des artistes bourrés de talent, lumineux enfants de l’agit-prop et de l’art de rue situationniste.

600 affiches pour interpeller les pouvoirs publics. Pour pointer du doigt le rôle des grandes entreprises polluantes mondiales Pour ouvrir les consciences du consommateur lambda, aux yeux et à la tête farcie de messages subliminaux l’enjoignant, à l’insu de son plein gré, à consommer consommer, consommer. 

Je consomme, tu consommes, il elle consomme, nous consommons, vous consommez, et la terre meurt en hurlant !  

600 affiches pour que chacun prenne ses responsabilités. Collectivement et individuellement. 

shinzo-abe-1er-ministre-japon © Brandalism shinzo-abe-1er-ministre-japon © Brandalism
Brandalism se révolte contre le pouvoir hallucinant des publicistes et des firmes qui les embauchent. Dénonce l’impressionnante manipulation consumériste dont nous sommes des acteurs passifs et actifs. Nous ne sommes pas obligés de consommer de prendre l’avion 10 fois par an, de changer de téléphone tous les ans, de passer 8 heures par jour sur notre ordinateur, de rouler dans des caisses polluantes, de manger des fruits et des légumes cultivés à l’autre bout de la planète. Etc Etc. La liste semble infinie. Ad nauseam.

 

Brandalism accuse les sponsors de la COP21 d’être parmi les pires pollueurs de la planète : Total, Dow Chimicals, Air France, Engie ( ex GDF-Suez ). «  En sponsorisant les négociations climatiques, des pollueurs importants tels qu’Air France et Engie peuvent faire leur promotion comme s’ils faisaient partie de la solution, alors qu’ils font partie du problème. « 

Et ceux-là: 

Entrepreneurs © Brandalism Entrepreneurs © Brandalism

 

 

Air france © Brandalism Air france © Brandalism

 

 

 

ils-ne-sont-pas-la-solution © Brandalism ils-ne-sont-pas-la-solution © Brandalism

 

 

 

 

 

 

 

14614115 © Brandalism 14614115 © Brandalism
Donc, la COP21 est la réunion hypocritissime des pires hypocrites de la planète. La conjonction  parfaite et idéale d’intérêts et de cynisme croisés. Ceux des  gouvernants qui donnent les clés de leurs royaumes aux firmes qui vont piller la Terre, les terres et les peuples. Et ceux des plus grandes entreprises mondiales asservies au dieu argent. Chacun se sert au passage et la terre se meurt. 

Ce pillage qui fait se remplir les poches de 90 % des habitants riches de cette planète est un comportement terroriste.

De ce pillage, en bandes organisées, découlent la pauvreté, les violences, la faim, les peurs, les frustrations, les inévitables futurs réfugiés climatiques,  et la mort annoncée.

vivez-l-experience-climatique © Brandalism vivez-l-experience-climatique © Brandalism

Quand les pilleurs seront-ils les payeurs ? 

Quand les pilleurs seront-ils pourchassés, jugés, condamnés ?

Toute firme

tout dirigeant

tout responsable politique

tout entrepreneur

tout citoyen qui reste aveugle et sourd à ce qui se passe autour de lui et laisse se commettre le pire, n’a pas la pleine conscience de ses actes et se comporte de manière irresponsable car il met en danger l’autre

Tout le  reste c’est blabla et poudre aux yeux de perlimpinpin. Il nous faut donc ouvrir nos consciences. Pas le choix. C'est ça ou crever.

François Hollande, vous nous avez mis, nous citoyens français, en état d’urgence. Mettez-vous et mettez la planète en état d’urgence climatique. C'est de votre responsabilité d'élu de la nation. Vous avez le devoir de protéger vos concitoyens. C’est un moment historique, Soyez à la hauteur.

14614083 © Brandalism 14614083 © Brandalism
La lutte écologique est forcément une lutte anti-capitaliste. Alors quand j’entends des écolos dire que l’écologie n’a pas de couleur politique, je me marre. Elle a la couleur du système qu’elle sert obligeamment. Elle a le parfum feutré du capitalisme, s’il en avait un.

Fichez-nous la paix avec votre croissance qui nous tue à petit feu, c’est le temps de la décroissance obligée, maintenant. Et puis, dépêchons-nous, nos Anges fatiguent !

 

 

l-ange-est-fatigue © Brandalism l-ange-est-fatigue © Brandalism

 

La question est " plus de quoi ?  "

«  Un penny pour vos pensées ? Et que diriez-vous de 1610000000000 pence (ou 16,1 milliards de £) ? C'est le prix que l'industrie publicitaire du Royaume-Uni paye achète chaque année pour nos pensées. Cela correspond à environ 250 £ par personne. Vous pourriez penser "ils gaspillent leur argent". La plupart d'entre nous aiment à croire que les publicités ne nous affectent pas. Mais que font les publicitaires qui puisse justifier de telles sommes ?

La publicité dans sa forme la plus basique consiste à expliquer pourquoi tel produit est plus rapide, plus solide ou moins cher que ses concurrents. Mais de telles annonces sont rares de nos jours. La plupart chassent sur les terres désolées de la télévision pendant la journée ou sur celles des journaux locaux, pour vendre des choses telles que des balais réglables ou des canapés en cuir. Ce genre de marketing est à la publicité moderne, ce que le javelot à pointe de silex est au bombardier furtif.

Plus que nous informer sur un produit, le publicitaire cherche à façonner notre vision du bonheur, de la beauté, et de la réussite : Ce que s'intégrer signifie, ce que se distinguer de la masse et être notre propre personne signifie, ce que passer un bon moment signifie. Edward Bernays est généralement celui qu'on reconnaît comme le père de la publicité moderne. Son oncle était Sigmund Freud. Au début du 20e siècle, Bernays s’est inspiré des idées de Freud sur les messages subliminaux influençant les comportements humains et les a utilisées pour vendre des choses aux gens : vendre aux gens des films, des cigarettes, et même leur vendre l'idée d’aller mourir sur des champs de bataille à l'étranger.

Tel un marchand ambulant, Bernays a servi la propagande du gouvernement américain durant la Première Guerre Mondiale. Profondément méfiant envers la démocratie, il estimait que l’opinion publique devait être dirigée pour son propre bien. La consommation de masse était le stimulant, fournissant non seulement une soupape de sécurité pour les émotions négatives de la population, mais aussi une impulsion vitale à l'industrie. La croissance économique est le but fondamental autour duquel nos sociétés ont été organisées, et pour que l'économie produise plus, nous devons consommer plus.

Paul Mazur, un banquier de Wall Street travaillant pour Lehman Brothers durant la grande crise économique des années 1930, a déclaré «Nous devons transformer l'Amérique d’une culture des besoins à une culture des désirs. Les gens doivent être entraînés à désirer, à vouloir de nouvelles choses, avant même que les anciennes aient été consommées. [...] Les désirs de l'homme doivent dépasser ses besoins. »

La publicité n’a pas à répondre aux besoins existants, mais doit créer de nouveaux désirs. Non seulement les désirs, mais également l'insécurité, car nous ne pouvons pas désirer sans nous sentir en manque de quelque chose. La production de ces désirs n’est jamais accomplie avec une seule annonce, elle l'est par l'accumulation d'innombrables petits messages subtils qui nous sont adressés chaque jour. Même si vous pouvez les ignorer, vous ne pouvez pas les éviter. Un Londonien voit en moyenne 3500 messages publicitaires par jour. Alors que l'on s’arrête pour en examiner quelques-uns, leurs affirmations sur ce que cela signifie d'être beau, sophistiqué ou respectable sont intégrées l’une après l’autre, à travers un flot d’images.

Ce faisant, la publicité crée de nouveaux types de personnes. Au delà d'une annonce créée pour décrire un produit, nous sommes le produit créé par le publicitaire. Quel genre de personnes la publicité produit-elle ? La publicité produit des gens qui en arrivent à détester leur apparence. Confrontés chaque jour à de canons de beauté qui nous sont imposés, nous entassons des montagnes de fibres et des lacs de produits chimiques pour essayer de transformer notre apparence en une chose se rapprochant de l'idéal.

L'idéal bien sûr est impossible à atteindre, c'est une réalité retouchée. Certains de ceux qui ne peuvent pas atteindre cet idéal vont plus loin que dépenser leurs économies ou se priver de nourriture pour tenter d’accéder au type de corps présenté par les panneaux d'affichage et les magazines. Le critique littéraire Northrop Frye a considéré la publicité comme "un judicieux mélange de flatterie et de menaces". Pendant que la publicité nous dit de nous faire plaisir parce que nous en valons la peine, elle laisse entendre également que sans la bonne combinaison de biens, nous ne valons rien. Si posséder les bons vêtements, les bonnes chaussures et les bons gadgets signifie avoir la possibilité de trouver des amis, une vie amoureuse, du succès, de la popularité et un statut social, le revers de la médaille est que ceux qui en sont privés devront faire face à la solitude et à la marginalité.

La publicité rend les gens anxieux et insatisfaits quand ils sont incapables d'accéder aux produits que l'on nous apprend à désirer. Les émeutes qui ont secoué les villes du Royaume-Uni durant l'été 2011 ont vu des enfants issus de milieux pauvres briser des vitrines pour prendre des produits qu’ils n'ont pas les moyens d'acheter : vêtements de sport, téléphones et articles à la mode qui couvrent les panneaux publicitaires, mais qui sont hors de prix. Si les politiciens et les journalistes ont vu cela comme un signe du «désir» hors de contrôle ou du côté sombre de la consommation de masse, ils ont oublié de préciser que la manifestation la plus destructrice liée à la perte de contrôle, motivée par le désir de richesse et de biens se situe ailleurs.

La crise bancaire a révélé une cupidité à un niveau tel que les gens ordinaires ont du mal à appréhender - une cupidité qui a conduit des gens à prendre des risques qui ont finalement entraînées les économies du monde occidental dans la plus grande récession depuis les années 1930. Comment des gens avec déjà autant d'argent peuvent-ils être si désireux d'avoir tellement plus? La publicité fait que des gens se sentent toujours pauvres, et n’en ont jamais assez. Si ce n’est pas les baskets et le smartphone, c’est la voiture de sport et le yacht. L’insécurité des riches est ciblée comme l’est celle des pauvres.

Les classes moyennes ont utilisé au maximum leurs cartes de crédit pour essayer d’avoir la maison parfaite, les vacances et les meubles parfaits, et depuis l’éclatement de la bulle du crédit, d’innombrables milliers de gens sont confrontés à une vie où ils doivent courir sans cesse dans le cercle infernal de la dette, ne travaillant même pas pour vivre, seulement pour ne pas avoir la banque sur le dos. Pendant les années précédant la crise durant lesquelles la consommation par l’endettement a augmenté, nous avons commencé à prendre conscience de l'impact écologique de la consommation de masse. Des ressources qui s'épuisent et du climat qui se réchauffe.

Maintenant, « relancer la croissance » ; la croissance dépend de la capacité à ramener les gens dans les magasins, et à revenir aux cartes de crédit. Les études de consommation et les chiffres des ventes font les titres des journaux. La taille des articles sur l'environnement a diminué à la même vitesse que les calottes glaciaires. La publicité fait partie d'un système qui détruit notre avenir pour répondre aux demandes du présent, à une expansion incessante de la production et de la consommation. C’est une agression psychologique sur la population qui est réalisée par le biais d'une invasion des espaces dans lesquels celle-ci travaille, se repose et pense.

La lutte contre la publicité n’est pas un combat contre le désir. Nous devrions vouloir plus de la part de la vie, non pas moins, et nous devrions l'exiger. La question est plus de quoi ? «  - BRANDALISM

14614115 © Brandalism 14614115 © Brandalism

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.