La fabrique documentaire
Abonné·e de Mediapart

1 Billets

0 Édition

Billet de blog 17 août 2022

La fabrique documentaire
Abonné·e de Mediapart

Festival Ciné-Jardins : visites de jardins et documentaires d'écologie en plein air

Du 18 août au 10 septembre 2022, la Fabrique documentaire présente la 8e édition de Ciné-Jardins, festival de documentaire et d'écologie. Dix soirées gratuites dans les lieux de nature du Nord-Est parisien avec visite de jardin, buffet participatif et films. Pour réfléchir ensemble à notre façon de considérer les autres êtres vivants et à nos nécessaires changements de comportement.

La fabrique documentaire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

AVEC QUI VOULONS-NOUS VIVRE ?

A l’heure où la France métropolitaine vit la sécheresse la plus grave depuis que son intensité est mesurée, le pionnier de l’écologie René Dumont boit un verre d’eau à notre santé et la fabrique documentaire présente la 8e édition de Ciné-Jardins. Comme depuis le début de notre festival en 2015, il s’agit de célébrer la nature là où elle se trouve dans le Nord-Est parisien : jardins partagés, impasses végétalisées, fermes urbaines… et jardins publics désormais grâce à l’implication accrue des Villes de Paris et de Bagnolet. Nous le faisons par un triple geste qui offre au public visite guidée du jardin, rencontre autour d’un buffet participatif tendance bio végétarien zéro déchet, et réflexion grâce à un film documentaire sur le thème de l’écologie.

Face à l’ampleur de la crise écologique et climatique, il peut paraître déplacé de faire la fête, il peut sembler dérisoire d’organiser des projections de cinéma. L’urgence, il est vrai, est à la conception et à la mise en œuvre de solutions à la fois massives et différenciées, selon les contextes, pour stopper les émissions de gaz à effet de serre et l’effondrement de la biodiversité. Le documentaire, hélas, n’a pas ce pouvoir. Mais il en a d’autres, non moins importants. Aller dans l’espace public, à la rencontre des gens. Donner à voir le monde tel que nous ne pouvons le voir avec nos yeux nus. Rendre compte de la beauté de la vie, foisonnante, telle qu’elle se manifeste encore dans les milieux qui favorisent singulièrement les échanges.

Qui le sait ? La première organisation mondiale de protection de l’environnement, le WWF, a été fondée par l’ornithologue Luc Hoffmann pour sauvegarder non des oiseaux mais des milieux, les zones humides, où cohabitent différentes formes de vie – roseaux, batraciens, poissons… -, où s’interpénètrent différents éléments – eau, terre, air… -, où les oiseaux peuvent trouver à se nourrir dans les flots. L’observation de cette complexité à travers les films Wetlands de Stephan Rytz, Bonjour le monde ! d’Anne-Lise Koehler et Eric Serre, Le silence des marées de Pieter-Rim de Kroon, nous invite à réfléchir à la place de l’humain dans cette immense biodiversité.

Quelle est sa place ? Quelles sont ses relations avec les autres espèces ? L’humain peut-il continuer à imposer ses besoins aux autres êtres vivants qui l’entourent, sans considération de leur destruction ? Alors que tout s’effondre, n’est-il pas désormais dans l’obligation de négocier avec eux un usage du monde partagé ? De leur donner des droits comme le préconise Michel Serres depuis les années 1990 ? De leur conférer une représentation politique comme le propose Bruno Latour depuis les années 2000 ? De leur manifester des « égards » comme le précise plus récemment Baptiste Morizot ? D’entretenir avec eux des relations interpersonnelles dans une nouvelle « composition des mondes » où la différence entre humain et nature s’estompe, ainsi que le pense depuis bientôt cinquante ans l’anthropologue Philippe Descola ? Enfin, cette nécessaire attention portée aux autres espèces en vue de préserver notre planète commune ne rend-elle pas soudain les querelles interhumaines secondaires (La Terre d’Oleksandr Dovzhenko, Tout ce qui respire de Shaunak Sen, Birds of America de Jacques Lœuille…) ?

Toutes ces questions se posent aujourd’hui avec acuité. Ce sont des questions philosophiques, éthiques, qui impliquent une révolution mentale autant qu’un profond changement de comportement. « Faire le plus possible avec, le moins possible contre », prône le jardinier paysagiste Gilles Clément. Avec qui, quels autres êtres vivants, voulons-nous vivre ? Parce qu’une société démocratique ne peut délibérer de ses grandes orientations que collectivement, il est désormais impératif de partager ces questions avec tou·te·s. C’est ce que peut le documentaire. C’est ce que vous propose Ciné-Jardins.

Benjamin Bibas et Marine Cerceau, coordinateurs Ciné-Jardins 2022

--------------------

Retrouvez la programmation détaillée du festival sur le site : Édition 2022 – Ciné-Jardins (cine-jardins.fr)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Justice
À Nice, « on a l’impression que le procès de l’attentat a été confisqué »
Deux salles de retransmission ont été installées au palais Acropolis, à Nice, pour permettre à chacun de suivre en vidéo le procès qui se tient à Paris. Une « compensation » qui agit comme une catharsis pour la plupart des victimes et de leurs familles, mais que bon nombre de parties civiles jugent très insuffisante.
par Ellen Salvi
Journal — Santé
Crack à Paris : Darmanin fanfaronne bien mais ne résout rien
Dernier épisode de la gestion calamiteuse de l’usage de drogues à Paris : le square Forceval, immense « scène ouverte » de crack créée en 2021 par l’État, lieu indigne et violent, a été évacué. Des centaines d’usagers de drogue errent de nouveau dans les rues parisiennes.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — Justice
Un refus de visa humanitaire pour Hussam Hammoud serait « une petite victoire qu’on offre à Daech »
Devant le tribunal administratif de Nantes, la défense du journaliste syrien et collaborateur de Mediapart a relevé les erreurs et approximations dans la position du ministère de l’intérieur justifiant le rejet du visa humanitaire. Et réclamé un nouvel examen de sa demande.
par François Bougon
Journal — Euro
La Réserve fédérale des États-Unis envoie l’euro par le fond
Face à l’explosion de l’inflation et à la chute de l’euro, la Banque centrale européenne a décidé d’adopter la même politique restrictive que l’institution monétaire américaine. Est-ce la bonne réponse, alors que la crise s’abat sur l’Europe et que la récession menace ?
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet d’édition
Klaus Barbie - la route du rat
En parallèle d'une exposition aux Archives départementales du Rhône, les éditions Urban publient un album exceptionnel retraçant l'itinéraire de Klaus Barbie de sa jeunesse hitlérienne à son procès à Lyon. Porté par les dessins du dessinateur de presse qui a couvert le procès historique en 1987, le document est une remarquable plongée dans la froide réalité d'une vie de meurtres et d'impunité.
par Sofiene Boumaza
Billet de blog
Suites critiques aux « Suites décoloniales ». Décoloniser le nom
Olivier Marboeuf est un conteur, un archiviste, et son livre est important pour au moins deux raisons : il invente une cartographie des sujets postcoloniaux français des années 80 à aujourd’hui, et il offre plusieurs outils pratiques afin de repenser la politique de la race en contexte français. Analyse de l'essai « Suites décoloniales. S'enfuir de la plantation ».
par Chris Cyrille-Isaac
Billet de blog
Nazisme – De capitaine des Bleus à lieutenant SS
Le foot mène à tout, y compris au pire. La vie et la mort d’Alexandre Villaplane l’illustrent de la façon la plus radicale. Dans son livre qui vient de sortir « Le Brassard » Luc Briand retrace le parcours de cet ancien footballeur international français devenu Allemand, officier de la Waffen SS et auteur de plusieurs massacres notamment en Dordogne.
par Cuenod
Billet de blog
« Mon pauvre lapin » : le très habile premier roman de César Morgiewicz
En constant déphasage avec ses contemporains, un jeune homme part rejoindre une aieule à Key West, bien décidé à écrire et à tourner ainsi le dos aux échecs successifs qui ont jusqu’ici jalonné sa vie. Amusant, faussement frivole, ce premier roman n’en oublie pas de dresser un inventaire joyeusement cynique des mœurs d’une époque prônant étourdiment la réussite à n’importe quel prix.
par Denys Laboutière