Cahuzac: un procès qui part en vrille!

Après s'être soustrait à la vérité, Jérôme CAHUZAC entend se soustraire à la justice des hommes. Des années de cache-cache qui n'ont pas altéré une certaine arrogance

Pendant que les prévenus ordinaires faisaient la queue sous la pluie pour se soumettre au contrôle de sureté, Jérôme CAHUZAC bénéficiait dès son arrivée d'un traitement de faveur: l'entrée réservée aux avocats et aux journalistes accrédités. Alors que l'on parlait d'un procès exemplaire, n'était-ce pas là accorder trop d'honneur à un ministre déchu, engraissé en loucedé par les laboratoires pharmaceutiques?

C'est d'un pas assuré que l'ancien homme-fort de Bercy gravit l'escalier qui mène vers la salle dite "des criées", décrochant au passage une pichenette à un journaliste de l'AFP qui lui barre la route pour recueillir une hypothétique déclaration. On a connu Cahuzac plus locace, notamment lorsqu'il invectivait les fraudeurs du haut de sa tribune! Comme si rien ne l'atteignait, Cahuzac continue de se la jouer VIP dans un costume impécable.

La suite de l'audience se déroule comme prévu: avant même que le fond soit attaqué, les avocats de la défense déposent des Questions Prioritaires de Constitutionnalité (QPC). Ca discute procédure. Le procureur du Parquet National Financier tente en vain une parade, en rappelant que Jérôme Cahuzac ne s'est jamais offusqué de la double peine fiscale et pénale lorsqu'il était ministre. Mais ça c'était avant!... Les suites données par le tribunal à ces QPC seront communiquées le 10 février 2016. Cahuzac repart comme il est venu, regardant fixement devant lui, sans décrocher un mot.

Hormis des journalistes, très peu de particuliers sont présents; pour une raison obscure, l'accès au public au Palais de Justice n'a été autorisé qu'à partir de 14h00 (l'audience commençait à 13h30). S'agit-il d'une mesure destinée à éviter à un ministre de subir les joies de la bronca populaire?...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.