L'hommage aux morts de Vincennes, assassinés car juifs

Le néon s'obstine à diffuser encore une lueur bleue, Mais une partie de l'enseigne HYPER CASHER témoigne de la violence de l'assaut donné vendredi soir par le RAID. D'hyper, cette épicerie juive, emblématique de la porte de Vincennes, n'a que le nom: sa surface (60-70 m²) ne pouvait lui permettre de prétendre au plus qu'au titre de superette. Et c'est peut-être cette surenchère dans la dénomination et cette hyper visibilité qui ont retenu l'attention des terroristes.

Le peuple juif est là, rassemblé par familles. Certaines ne s'étaient pas croisées depuis des années. L'ambiance est résolument à la fraternité. Certaines affiches rappellent le nom des otages décédés au cours de la prise d'otage. Une frustration est cependant perceptible: celle d'être dépossédé des lieux. Un cordon de gendarmes mobiles maintient la foule à l'écart, tandis que les responsables politiques sont autorisés à pénétrer dans le périmètre sécurisé. Mais les badauds n'en veulent pas aux forces de l'ordre, qui sont régulièrement ovationnées au son de la «Marseillaise». Un hommage qui ne laisse pas indifférent les gendarmes, dont certains acheminent les fleurs vers l'autel du souvenir.

Dans les conversations, le thème du départ est récurent: «Je suis bien en France, j'ai un bon boulot, Mais je vais sûrement un jour être obligé de partir» déclare un jeune trentenaire à ses amis. L'un d'entre eux lui répond «Mais tu veux partir où? Il n'y a a pas de travail en Israël. Et puis, on n'a aucune certitude que ce pays existera encore dans 20 ans! Moi je pense plutôt à l'Espagne».

Aucune haine manifeste pour les musulmans. «C'est seulement un minorité qui commet ces actes» commente une retraitée avant de rajouter. «Le problème, c'est qu'aujourd'hui, la majorité d'entre eux se tait». 

 

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