Covid-19 : faut-il fermer les épiceries de nuit ?

En pratiquant la vente de cigarettes au détail, les épiceries de nuit favorisent considérablement la contamination parmi les plus modestes.

Pas besoin d'être un expert de l'Observatoire des cigarettes pour savoir que le paquet de cigarettes à 10 € fait le bonheur des contrebandiers et des vendeurs à la sauvette. Ce que l'on sait moins, c'est que le renchérissement du tabac fait aussi le bonheur du Covid-19... 

Bagnolet (Seine-Saint-Denis), un soir de confinement. N'ayant plus rien à boire, je vais faire un tour à l'épicerie "Kobi frères" pour reconstituer mon stock de bière. Cette épicerie de nuit indienne tire une partie non négligeable de ses revenus en vendant des cigarettes au détail au prix de 0,80 € l'unité. Et cela en toute illégalité puisque le gérant ne dispose pas de la qualité de distributeur agréé. Pas de quoi ruiner en tout cas les buralistes, car il s'agit principalement d'un achat de dépannage pour les fumeurs de joints, qui en profitent aussi parfois pour acheter des feuilles-à-rouler... au détail également. Ajoutons aussi pour planter le décor que ces acheteurs de clopes grillent systématiquement la politesse aux clients qui font poliment la queue devant la caisse....

Un jeune pressé (car garé en double-file) déboule dans l'épicerie et sans même saluer l'assemblée balance un "Mets-moi 2 Marlboro, c'te plaît ! " en posant les pièces sur le comptoir. Le vendeur récupère la monnaie et attrape avec la même main les cigarettes par le filtre. Puis, comble de raffinement en matière d'hygiène, il les pose sur le comptoir!... Dégueulasse ! Il faut vraiment avoir une sacrée envie de fumer pour porter ça à sa bouche ! 

Ce geste irresponsable sera pratiqué plusieurs dizaines de fois dans la soirée. Un vrai nid de contamination. J'essaie de sensibiliser le vendeur sur le risque épidémique qu'il fait courir à ses clients.  Il m'écoute poliment, mais je sens bien qu'il s'en fout. Peut-être qu'une fermeture administrative l'amènerait à reconsidérer la question. Mais que risque t'il au fond, à par part peut être une ridicule amende douanière tous les 5 ans? Pendant l'épidémie, le business continue!

 Mise à jour:

- article du Parisien du 9 avril 2020.  http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/coronavirus-en-seine-saint-denis-les-commerces-devront-desormais-fermer-a-20-heures-08-04-2020-8296080.php

 

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