La faillite inévitable d'Air France-KLM

La faillite inévitable d'Air France-KLM © Pierre Reynaud La faillite inévitable d'Air France-KLM © Pierre Reynaud
Alors que le patron de Boeing a semé la panique mardi à Wall Street en annonçant (sans la nommer) la faillite prochaine d’une grande compagnie aérienne américaine, que va-t-il se passer en France pour Air France- KLM ? Nous savons que le groupe reçoit de l’État français une aide de 7 milliards d’euros pour Air France alors que les Pays-Bas suivent en injectant 2 à 4 milliards d’euros supplémentaires pour KLM. Mais ce plan de sauvetage qui permet à la compagnie de faire face momentanément à ses pertes pendant la crise du coronavirus, sera-t-il assez efficace pour lui donner une visibilité à long terme ? Ce n’est pas du tout certain. Pour survivre actuellement et pour ne pas disparaître à court terme, Air-France-KLM doit engager obligatoirement et rapidement une politique de restructuration indispensable pour assurer son avenir et celui de ses salariés.

Mais rappelons-nous brièvement les difficultés passées d’Air France.

Voici 26 ans, le groupe avait bénéficié d’une recapitalisation de 20 milliards de francs à l’époque (correspondant aujourd’hui à 3 milliards d’euros) afin d’échapper à la faillite. Positivement, la compagnie avait parfaitement réussi un redressement spectaculaire, lui donnant ainsi une envergure de taille dans l’espace européen du transport aérien.

Mais, à cette époque, il n’y avait pas la rivalité des compagnies « low cost » telles Ryanair ou EasyJet qui proposent des voyages à des prix défiant toute concurrence. À l’heure actuelle, tout a bien changé et des entreprises comme Air France-KLM n’ont plus les moyens d’assurer les vols dans des conditions peu coûteuses pour une clientèle de plus en plus populaire.

Ainsi, l’erreur fondamentale d’Air France-KLM, est de ne pas vouloir se réformer. Cette bévue ne concerne pas uniquement le groupe franco-néerlandais. En fait, elle s’applique à de nombreuses entreprises françaises qui, à moyen terme, disparaîtront du paysage économique, soit après une fermeture définitive, soit par suite d’une délocalisation. Lire l'article complet

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