Les fanatiques n’existent qu’au travers de l’intérêt qu’on veut bien leur porter.

Beaucoup de médias marchent aux Buzz et aux polémiques, tout comme l'extrême droite, qui ne peuvent exister qu'au travers de la polémique et de la victimisation.  Voilà un couple qui ne peut que bien s'entendre dans un tel contexte, au delà des intérêts de classe qu'ils partagent, bien évidemment.

Le meilleur moyen de les combattre, à mon sens, c'est d'ignorer leurs polémiques, de ne pas rentrer dans leur jeu malsain qui ne dépend que de l'intérêt que l'on portera à leurs délires paranoïaques et leur victimisation sans fond. 
Répondre de manière frontale leurs donne l'impression d'exister au delà de ce qu'ils représentent réellement, c'est à dire l'insignifiance.
Si ils cherchent tant à choquer, c'est uniquement pour compenser leur inexistence dans le débat publique. Pourquoi défendent-ils avec tant de hargne une liberté d'expression qu'eux mêmes ils n'accordent pas à une certaine partie de l'humanité ? Pourquoi crient-ils autant à la censure? 

Pour exister, au delà du néant insondable de leur pensée.
Parce que, au delà du sujet de la sécurité, leurs idées sont inexistantes. Ils n'ont rien d'autre à proposer que l'autoritarisme, et le rejet de ce qu'il ne leurs ressemble pas. Ces valeurs, si nous pouvons appeler cela ainsi, ne sont que la preuve de leur incapacité à dépasser leurs peurs de l'autre et surtout de vivre dans un monde qui souhaiterait tendre vers la paix. 
Ils ont une vision du monde extrêmement anxiogène, ainsi tout ce qui n'est pas comme ils se pensent être est considéré comme une menace pour leur survie. Ils se sentent menacer en permanence par la moindre petite remise en cause de leur identité fantasmée. 

Chercher la paix, qui ne peut exister qu'au travers de la recherche d'une véritable justice pour toutes et tous,  donc qui ne peut-être réalisée qu'en travaillant à l'équité, la paix, donc, c'est être en capacité d’abandonner un peu de soi à l'autre afin de trouver un compromis équitable. C'est non seulement savoir faire confiance à l'autre mais c'est surtout avoir confiance en soi, ce dont ils semblent être dépourvu malgré tous leurs efforts pour tenter de prouver le contraire. 

Pourquoi insister si fortement sur des valeurs telles que le virilisme, le courage ou l'utilisation systématique de la force et de la violence? Pourquoi se penser constamment agresséssi ils ne vivaient pas dans un état de peur permanent? 

Ils ne se servent pas de la peur, non ils sont vraiment terrifiés. Toutes leurs injonctions à une certaine vision du courage, de l'usage de la force donc mais plus généralement à la réalisation des hiérarchies de dominance dont ils seraient au sommet, illustrent clairement une faiblesse criante, une peur certaine que pourtant ils n'ont de cesse de rejeter sur les autres, incapables qu’ils sont de se remettre en question. 

Une personne comme Cédric Herou ou comme Carola Rackete, entres autres car ils et elles sont loin d’être les seules, invisibles hors de toutes polémiques ce qui bien évidement n'intéresse pas certains médias totalement dépendants du marché,  bref Cédric et Carola, comme d'autres, montrent, qu'ils et elles n'ont pas peur et agissent, s'investissent, prennent de  véritables risques pour combattre les extrêmes, quelles qu’elles soient, et les injustices qu’elles provoquent, oeuvrent à leur niveau pour la paix. Ces personnes n’ont rien à prouver, elles n’ont pas besoin d'en faire des tonnes dans des vidéos sur YouTube en appuyant sur des clichés masculinistes,  et/ou en tirant sur un mannequin.  Mannequin qui au passage ne rendra pas les coups, hein, quelle belle preuve de courage. Il y a dans ces mises en scène aucune véritable prise de risque. Si les types ont un problème avec les fanatiques religieux se revendiquant de l'islam, et si comme ils le laissent penser à grand renfort de superlatifs et de vulgarité, ce sont de véritable guerriers en pleine guerre sainte contre la déliquescence du monde, pourquoi ne vont-ils pas rejoindre les Kurdes qui elleux ne demandent qu'à avoir des soutiens. Non, logiquement du haut d’une lâcheté à la hauteur de leurs gesticulations, ils ont choisit de se saper comme des starlettes et ont préféré tirer sur des mannequins en plastique, de s'en prendre à des gauchistes qu'ils accusent de tous leurs maux, le verbe haut. Où est le courage dans tout cela? Cherchez pas il n'y en a pas, ce n'est que du spectacle. Ils sont les purs produits de cette société du spectacle que pourtant ils disent vouloir s’émanciper pour rétablir un monde qui n’a jamais existé nul ailleurs ailleurs que dans leurs fantasmes. 

L'extrême droite ne veut pas de la paix sinon elle n’existerait plus, la guerre c'est sa principale condition d'existence. C'est une idéologie irrémédiablement nourrie par la peur constante de ne pas exister, c'est un défaut d'identité qui ne trouve qu’un semblant sentiment de sécurité dans une vision fantasmée de la réalité qui ne peut trouver d'ancrage dans le réel. D'où cet empérialisme omniprésent et omnipotent qui cherche inlassablement à plier le monde selon ses fantasmes. Et comme c'est impossible, comme ils restent fixés sur un idéal étriqué dans un monde qui ne cesse de changer, ils sont dans un état de peur et de guerre permanent. Tout doit être à leur image et ce qui ne s'y pliera pas devra être éliminé. C'est le seul moyen pour qu'ils ressentent un peu de sentiment de sécurité.

Voilà pourquoi d'ailleurs ce genre de fanatismes rejoint tous les autres fanatismes. Ils divisent le monde en une opposition bien distincte, manichéenne, eux contre tout le reste qui doivent contraindre à leurs volontés. Pas étonnant que dans la grande majorité des cas, les fanatiques se retrouvent dans le religieux. Ils ne peuvent trouver dans le réel la paix, elle ne peut-être que fantasmée. 

Il faut les ignorer autant que cela soit possible, et surtout lutter pour une véritable justice sociale. Pas de justice, pas de paix. C'est parce qu'il y a un sentiment d'injustice et donc d'insécurité que l'on a besoin de boucs émissaires, si on essayait de corriger véritablement les inégalités, les discours xénophobes, populistes ou fanatiques ne trouveraient pas d'écho ou si peu qu'ils resteraient ce qu'ils ont été une grande partie de l'histoire de l'humanité, insignifiants. 
Leurs grands moments d'histoire, où ils trouvent une large adhésion à leur paranoïa pathologique, correspondent toujours à des temps où les inégalités, et donc les sentiments d'injustice qu'elles induisent, sont très fortes. 

Au vue des inégalités qui ne cessent de grandir et l'état catastrophique d’un monde au pouvoir ultra centralisé que nous laissent les idéologies dominantes capitaliste et néolibérale, pas étonnant que ce type de discours, de récits trouvent de l'adhésion aujourd’hui; tout y est favorable. 
Peut-être est-il d'ailleurs déjà trop tard pour les ignorer. Si c'est le cas alors rien ne pourra les empêcher de déclencher des guerres. 

Personnellement je ne crois pas qu'il soit trop tard mais peut-être que ma vision est biaisée par ce que je vis autour de moi, je ne sais pas. 

En tout cas, ces personnes ne méritent pas l'intérêt dont ils semblent bénéficier, ce sont des caricatures ambulantes en manquent de reconnaissance. Le véritable danger est ailleurs, ils se trouvent dans notre incapacité à faire vivre véritablement la justice sociale et à corriger les injustices qui en découlent et dont se nourrissent ces charognards, trop "lâches " qu’ils sont, pour être à la hauteur de leurs idéaux fantasmés et combattre réellement ce qui les effraie. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.