Islamogauchisme ou la bipolarisation du débat politique.

Quand la réduction à une vision manichéenne de la complexité risque de nous pousser vers le fanatisme...

J’aimerais réagir, en toute humilité, au sujet des propos sur « l'islamo-gauchisme », et surtout sur certaines réactions que celui-ci semble avoir suscité. Je ne côtoie pas le milieu universitaire,  je ne peux donc pas juger de son "état" mais je dois avouer être assez attristé, à la vue de certains commentaires et autres discussions qu'ont engendré de tels propos.
Même si je suis tout à fait conscient que des commentaires sur les réseaux ne reflètent en rien la complexité de la réalité, je ne peux pas nier le fait que je suis plutôt surpris de voir autant de réaction en faveur de ce terme creux qu'est "islamo-gauchisme". Ce qui me pousse à réagir.

Cela devrait nous interroger. Nous questionner. J’observe depuis un certain temps autour de moi, dans les informations que je glane par-ci par-là une certaine tendance générale, que je ne peux nier, à glisser vers une certaine forme de réductionnisme, inquiétant, sans doute gavalnisée par un contexte extrêmement complexe et anxiogène, qui semble vouloir polariser le débat entre les gentils républicains autoproclamés défenseurs de notre culture ancestrale et de nos valeurs si exemplaires d’une France fantasmée contre des vilains gauchistes qui marcheraient main dans la main avec les islamistes pour les grands remplacer. Réductionnismes d'ailleurs qui me semblent monter en puissance dans de nombreuses sphères de la société. 
A titre informatif, je rappelle tout de même que les violences faites aux femmes ont fait 3 à 4 fois plus de mortes que les attentats terroristes en France entre 2014 et 2019. On pourrait parler de tout un tas d’autres violences et décès dûs au manque de justice sociale mais je crois que l’idée a été comprise. Loin de moi l’envie de comparer, hiérarchiser ou, pire, de dénigrer les souffrances liées à ces attentats mais fort est de constater que le combat contre des violences bien plus meurtrières que celles engendrées par le terrorisme semblent moins préoccuper nos chers défenseurs de la république du haut de leur cheval blanc.

Ce réductionnisme semble vouloir nous inciter à penser que la Gauche et l'Islam seraient, dans leurs identités propres, des groupes homogènes dénuées de complexité quant à la diversité des courants qui les composent, ce qui me semble extrêmement problématique; surtout quand cela semble venir d'individus qui ont autant de pouvoir qu'un ou une ministre en France ou même des universitaires comme Taguieff. 
Même si je me sens personnellement proche des idées de "Gauche", je ne me sens pas pour autant identifiable à tous les courants de la gauche et j'imagine que cela doit d'être le même sentiment chez des personnes pratiquantes de l'Islam. Cette essentialisme est insupportable, d'autant plus quand ce genre de propos émane de personnages issus de domaines aussi essentiels que sont la recherche, l'université, la politique ou les médias dans l’équilibre d’une société plus ou moins paisible.

Comme le suggérait Edgar Morin dans une tribune pour le journal Le Monde (1), ce réductionnisme, qui mène inlassablement au manichéisme, laisse une porte grande ouverte à toutes sortes de fanatismes, surtout celui d'un conservatismes aux angles de la droite plutôt dure (2).
Ce réductionnisme est à mon humble avis très loin de la rigueur académique, universitaire et politique à laquelle j'aspire afin de vivre dans une société qui favoriserait la capacité à penser le monde sous l'angle de la complexité. Cette pensée complexe, que je considère avec conviction, essentielle à toute communauté qui aspirait à la dignité pour tous les membres qui la constituent. Dans ce sens "Islamo-gauchisme" me semble être une étiquette politique qui vise à décrédibiliser des idées de gauche, et avant tout celle qui viserait à remettre en question certains « privilèges » pour plus d'équité.

En effet, en l'associant avec un terme à connotation « péjorative », et quelque peu discriminant au passage, ici sous entendu l'islam politique, elle a pour vocation de tenir à distance son adversaire tout désigné pour ne pas avoir à argumenter concrètement sur cette nécessité de se questionner donc sur la notion de « privilèges », surtout ce des individus qui utilisent ce terme. Questionnement qui induirait irrémédiablement la nécessité d’une juste redistribution des richesses, idée qui me semble être aux fondements de l'idéologie socialiste. 
Dans un contexte où les crises se font de plus en plus menaçantes et donc où nous devrions nous engager à remettre en question nos modes de vie pour plus de justice sociale, certaines, certains semblent vouloir fuir la question en refusant le débat et en l'enfermant dans un manichéisme puant. Du coup, cette étiquette réductrice, que je trouve plus que fallacieuse, me semble être utilisée pour lâchement éviter de se remettre en question et ainsi ne pas avoir à discuter de la réalité de certaines injustices liées à des inégalités au travers de certains privilèges et/ou positions sociales favorables "non réparées".

 

Je tiens à préciser qu'un droit ne peut réellement exister que si il est rendu accessible à toutes et tous sinon cela reste un privilège avec tout ce que cela induit en terme d'injustice et de souffrances ressenties pour les plus démunis et donc les réactions violentes que cela pourrait engendrer. Si le droit de suffisait à lui-même nous n'aurions pas besoin d'un défenseur des droits, entres autres.

J’aimerais revenir sur cette notion de privilège un instant car c’est un terme aussi souvent remis en question par une certaine frange (privilégiée?) de la société.

Dans une communauté , il y a des privilégiés et il y en aura toujours; en ce sens que nous ne pourrons jamais éliminer toutes les inégalités ce qui, je trouve, est même plutôt positif. Les privilèges ne sont pas une fatalité en soi à condition que la communauté s'engage à essayer de "réparer" ces inégalités de faits. En effet une société qui viserait à une homogénéité parfaite, dénuée de toute diversité, ressemblerait à une prison dorée où les sentiments de liberté ne pourraient s'exprimer. Ce genre de société serait vouée inévitablement à s'éteindre assez rapidement. Non, il me semble que nous devrions être capables d'accepter et de réparer, autant que cela soit possible, les souffrances liées aux inégalités, aux privilèges et aux  sentiments d'injustice qui en découlent. Et cela demande irrémédiablement d’être en capacité de remettre en question certains aspects qu'induisent des positions "favorables" au sein de la communauté. Et cela vaut à tous les niveaux d'organisations.

 

Par exemple je suis considéré comme « valide », c’est à dire que je peux me déplacer sur mes deux jambes sans difficulté dans un monde où cela est perçu comme la normalité. Je bénéficie donc de toutes les infrastructures adaptées à ma condition de valide. Une personnes qui n’aurait pas l’usage de ses deux jambes, elle, sera perçue comme « invalide » du fait qu’elle ne pourra pas se déplacer aussi « normalement » que moi du fait, entre autre, que les infrastructures ne lui sont pas complètement favorables. On parle d’une personne en situation de handicap, parce que c’est bien cette situation particulière qui tend à la priver d’une certaine forme de liberté par rapport à d’autres et non sa personne dans son intégralité. 
En ce sens, je peux me reconnaître comme étant privilégié puisque je peux jouir du droit fondamental de pouvoir me déplacer librement quand cette personne dans certain cas ne peut jouir de ce droit. Il y a donc là une inégalité de fait qui, si elle ne se voit pas être réparée, par exemple au travers d’infrastructures plus adaptées à sa propre condition, peut engendrer un sentiment d’injustice, donc une souffrance inacceptable dans une société telle que je l’imagine.

Il est donc essentiel que la société, dans son ensemble, travaille à permettre à tous les individus de pouvoir accéder aux droits qui leurs sont conférés.  Je précise dans son ensemble parce que, adapter notre environnement pour que tout le monde puisse jouir de ses droits, demande une certaine forme de sacrifice de la part de certains individus plus « privilégiés » en faveurs des plus démunis. En ce sens que dans notre exemple, des changements dans les infrastructures m’amènerons certainement à devoir adapter ma façon de me déplacer donc en quelque sorte à faire des compromis. Il n’existe pas une seule société sans conflits donc une société ne peut exister sans que ces membres soient en capacité de faire des compromis.

Et c'est certainement ici que le bas blesse. Certaines personnes semblent ne pas être en capacité de se remettre en question et ainsi vouloir changer un peu leur situation pour permettre à d'autres d'accéder réellement à certains droits. Le psychologue Irwin D. Yalom suggérait que les 3 plus grands problèmes de l’humanité étaient la peur de la liberté, la peur des responsabilités et la peur de la solitude. Les 3 étant intimement liées. La notion de responsabilité me semble être au cœur de notre capacité à « faire-société ». En ce sens que nous devrions nous sentir responsables, bien évidement de nous-mêmes, mais aussi et surtout des autres membres qui partagent la société avec nous.

Tout seul je ne suis rien, j’ai forcément besoin des autres pour survivre. Et tout cela prend de la valeur quand je prends conscience de tout ce que j’utilise au quotidien pour vivre. La grande majorité de ces indispensables choses, que ce soit mon logement, ma nourriture, mes médicaments, mon vélo, mes vêtements, mes livres, mon ordinateur,...etc etc ont été fabriqué par d’autres. Coopérer à été certainement une de nos capacités les plus importantes dans la survie de notre espèce au point que cela semble inscrit dans notre patrimoine génétique. 
Mais voilà, nos environnements trop confortables et sécurisants semblent nous avoir coupé les uns des autres (3). Ce sentiment de confort et de sécurité associé à un fort sentiment de puissance porté par une technologie toujours plus au service de l’individu, semble nous avoir fait perdre cette capacité à coopérer si essentiel au « faire-société »

 

L'émergence, par exemple, de la "cancel culture", pour revenir sur le thème de départ, n'illustre-t-elle pas assez justement ce manque évident de capacité à faire-société? Quand les pouvoirs publiques n'offrent plus les conditions favorables d'accès aux droits et par là même que des individus puissent se sentir exclus, sans réelle possibilité de pouvoir s'exprimer et donc d'être entendus, reconnus et donc réduit à l'unique soumission aux filtres idéologiques dominants, que reste-t-il à ces individus sinon le levier de la puissance auquel la cancel culture semble faire usage?  
"J'ai le sentiment de ne pas pouvoir m'exprimer, de ne pas pouvoir donner un droit de réponse à des discours opposés aux miens,vde pas être reconnu ben tant que tel donc de ne pas exister au sein de la communauté, alors pourquoi mes adversaires pourraient-iels elleux s'exprimer?"

Quand les rapport de force sont déséquilibrés par l'accaparement des outils du pouvoir pour servir l'intérêt de quelques individus dans la société, celles et ceux qui s'en voit privéEs ne semblent plus avoir d'autre moyen que d'utiliser toute leur puissance pour rétablir un peu d'équilibre dans ces rapports de force. Et plus les pouvoirs publiques vont réagir de façon autoritaire et plus l'expression de la puissance se fera violente.

La nature même du conflit semble se changer en affrontements violents, semble passer de l'agressivité du combat à l'agression de la lutte quand le champs complexe des différences va tendre à se réduire en deux camps antagonistes par une approche manichéenne qui opposerait d'un côté le "bien" qui légitime l'usage de la violence par le fait qu'il se pense justement du bon côté, contre celleux qui représenteraient un mal absolue; au point de vouloir l'éliminer, au sens propre comme au sens figuré. il y aurait donc d’un côté celles et ceux qui s'érigent en grands défenseurs de la République et des valeurs qu’elles  rattachent à une réalité fantasmée contre des collabos fricotants avec l'ennemi, ces traitres à la nation qu'il faudrait éliminer. C'est en cela, je pense, que Edgar Morin parle très justement de ce risque de glissement vers le fanatisme quand l'on aborde un conflit par le réductionnisme manichéen (2).

Bakounine (sale gauchiste qu'il était) lui disait :

"A force de se sacrifier et de se dévouer, ils se sont fait du commandement une douce habitude,  et, par une sorte d'hallucination naturelle et presque inévitable chez tous les gens qui gardent trop longtemps en leurs mains le pouvoir, ils ont fini par s'imaginer qu'ils étaient des hommes indispensables."

Quelle lucidité, vous ne trouvez pas? 

Donc voilà, en gros j'ai plutôt l'impression que les personnes qui utilisent le terme "Islamo-gauchisme" craignent de perdre certains "privilèges", ou en tout cas une position sociale sécurisante qui ferait appel à une interprétation fantasmée de la réalité et qui chercheraient par cette étiquette à échapper aux véritables questions en ce qui concerne la répartition des richesses indispensable d’une part dans une situation de crise multiples comme celle que traversons aujourd’hui mais surtout d’autres part à l’existence dans la société de la notion de justice sociale si essentielle à son épanouissement dans son ensemble. Mais voilà, il est certainement plus confortable et sécurisant de se considérer comme victimes, en désignant un ou plusieurs boucs-émissaires, dans ce cas une certaine vision étriquée d'une Gauche, elle aussi fantasmée, qui serait associée à une certaine branche de l'Islam, qui ne représente en rien toute la diversité de ce courant de pensée. Boucs émissaires qui évidement menaceraient grandement nos modes de vie, notre culture, nos libertés,....en gros leurs privilèges.

Elles se posent donc en victimes vraisemblablement pour légitimer cette non remise en question mais surtout pour justifier des réactions autoritaires visant à rétablir l'ordre. Un ordre qui les favorise soyons précis. Elles utilisent cette rethorique de la peur, sans doute pour provoquer une réactance et ainsi pouvoir justifier et faire accepter auprès du plus grand nombre, des décisions de plus en plus liberticides afin de conserver leurs propres privilèges sans à avoir à les réparer. C'est le fameux paradoxe du " pour pouvoir conserver nos libertés (à comprendre leurs privilèges) face aux graves dangers qui nous (les?) menacent, il vous (pas eux) faut sacrifier une part de vos libertés (enfin dans le peu qu'il nous reste)".  
Ils savent très bien que face à la peur, nous sommes plus enclins à accepter l'inacceptable. Quand l'incertitude et l'insécurité règne, on a plutôt tendance à rechercher l'autorité et l'ordre (4).

La seule issue vraiment efficace dans ce contexte aux crises multiples, c'est la justice sociale, j'en suis convaincu. C'est d'ailleurs probablement ce défaut de justice sociale réelle dans notre société qui me semble être le principal facteur responsable de l'émergence de ces crises. Pour que vive réellement la justice sociale dans une société, une majorité des individus qui la composent, devrait être en capacité de porter dans ses paroles comme dans ses actes, une certaine forme de responsabilité individuelle vis à vis des autres membres de la communauté. 
Et cela ben ça s'apprend, ça se travaille, ça s'entretient. Ensemble. Tous ensemble.

Maintenant quand j'observe les réactions "paternalistes", "autoritaires" (Mafieux?) des trois pouvoirs, qu'ils soient politiques, financiers et/ou médiatiques, trois grands pouvoir qui ont une grande maîtrise sur l'information donc une grande responsabilité, je me dis que l'on est pas prêt de voir surgir au sein de la société une majorité de comportements responsables. La justice sociale, de mon humble avis, passe aussi par le partage du pouvoir, qui me semble être une ressource vitale à laquelle tout le monde devrait avoir accès, donc par la possibilité pour toutes et tous de pouvoir prendre le plus directement possible part aux décisions qui les concernent. En ce sens que plus les rapports de force sont déséquilibrés moins il me semble possible de pouvoir faire démocratie. L’usage de l’autorité empêche tout débat argumenté et nous empêche donc de pouvoir « faire-démocratie »

Ce genre d'étiquettes réductrices et de comportements "fanatiques" devraient nous interroger sur le glissement probable vers une certaine forme d'autoritarisme qui ne laisse rien présager de bon en ce qui concerne l'expression de nos libertés, que ce soit au sujet de la recherche comme dans tous les autres domaines de la société. 
Il n'est pas question de nier le problème de l'islam politique, bien au contraire, ce serait totalement irresponsable, tout comme le fait d'aborder cette dérive par l'unique angle de l'autoritarisme. Cet argument d'une soi disante complaisance d'une Gauche réduit à un courant de pensée homogène envers une certaine vision fantasmée de l'islam est un sophisme dangereux qui, d'une part nous empêche de faire front ensemble face à la montée des fanatismes, d'où qu'ils viennent, chose à mon humble avis plus qu'essentiel parce que c'est un problème qui concerne tout le monde, et d'autre part parce que cela nous empêche complètement de penser ces problématiques de manières complexes et donc d'en trouver des solutions efficaces.

 

C'est extrêmement inquiètant effectivement car les universités sont, j'aime à le penser, un des principaux vecteurs de formation des esprits qui feront le monde de demain. Il me semble donc plus que nécessaire que ce soit des lieux ouverts où la réflexion devrait être, autant que cela soit possible, dénuée "d'idéologisme partisan". Quelque soit l'idéologie défendue. L'hégémonie des pouvoirs politiques, financiers et médiatiques sur le pouvoir des citoyens favorisent les hiérarchies de dominance et donc les inégalités non réparées, les violences et souffrances insupportables que tout cela induit. Si en plus, les lieux où pourraient être former des esprits critiques essentiels à l'équilibre d'une société véritablement fondée sur le "faire-démocratie" tombe sous le poids de leur domination, j'ai bien peur que nous perdions bien plus que ce que représente comme réel danger le fanatisme de l'islamisme politique.
Je dirais même que c'est exactement ce qu'attendent comme réaction les extrémistes de tout bord.

Pour moi, ces clivages de plus en plus affirmés dans notre indéniable incapacité à supporter la ou les différences de l'Autre sont vraiment le signe que nous avons été jusqu'à présent incapables de favoriser le "faire démocratie" et la prise de responsabilité individuelle dans l'expression du "vivre en commun". Cela ne semble pas dater d'hier, c'est un processus lent qui prend ses racines certainement bien plus loin dans notre histoire, bien au delà de l'émergence de la gauche n'en déplaise à ses détracteurs qui l’accuse de tous les maux, et qui s'exprime aujourd'hui au travers d'insupportables inégalités que nos choix politiques ont entretenue et qui malheureusement semblent encore aujourd'hui bien plus favoriser les comportements violents et individualistes que des comportements universalistes et donc non-violents dans nos sociétés.

Il est tout de même plus que motivant de voir qu'il y a encore malgré tout des personnes qui rentrent dans le rapport de force, avec toutes les responsabilités que cela incombe. Nous aurons certainement encore à faire avec ce genre de réactions qui, je pense, montrent bien que nous sommes dans un moment de bascule de l’histoire.

Il nous faut encore et toujours porter haut et fort nos idées dans les débats publiques, sur le terrain, partout s'engager dans les rapports de force pour faire valoir d'autres visions du monde, continuer à offrir une contradiction affirmée, une opposition assumée et fermes aux discours stigmatisants, continuer à déconstruire les constructions sociales qui nourrissent les hiérarchies de dominance pour construire de nouveaux récits plus inclusifs, plus universels, prendre part à toute la responsabilité qui nous incombe en tant que membre de la communauté du vivant afin de favoriser les comportements de coopération et d'entraide sur les comportements de compétition et de domination.
Il y aura toujours des rapports de force, des antagonismes, des conflits et il y aura toujours des individus très motivés pour accéder au pouvoir, surtout dans un monde comme le nôtre où le pouvoir est extrêmement concentré, pour influencer le monde sous le prisme unique de leur propres valeurs. Nous voulons toutes et tous voir s'ancrer dans le réel nos propres interprétation du monde, si nous avions le pouvoir nous tenterions aussi, sans aucun doute, d’influencer le monde au travers de nos filtres idéologiques.

Et si nous ne rentrons pas dans le rapport de force, nous subirons toujours la vision du monde de celles et ceux qui se seront accaparés le pouvoir. Nous ne risquons pas ainsi de voir un jour nos valeurs exister en ce monde. C'est une lutte sans fin qui vise à maintenir un équilibre dans les rapports de force, c'est je crois plus ou moins l'idée de notre constitution comme de la déclaration universelle des droits de l'Homme. Équilibrer.

Encore une fois, si le droit se suffisait à lui-même, on aurait pas besoin de toutes ces institutions, associations, organisations, manifestations,...etc qui visent à faire appliquer les droits voir à les faire évoluer vers plus d'équité.

Prenons nos responsabilités, faisons vivre la démocratie.

 

(1) https://politoscope.org/2021/02/islamogauchisme-le-piege-de-lalt-right-se-referme-sur-la-macronie/

 

(2) https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/07/peut-on-prevenir-la-formation-du-fanatisme_4860871_3232.html

 

(3) https://www.youtube.com/watch?v=4P7V5JKI1fQ

 

(4) https://www.franceinter.fr/emissions/co2-mon-amour/co2-mon-amour-20-septembre-2020

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