Les petits ruisseaux font les grandes rivière

Les petits ruisseaux font les grandes rivières...

Le gouvernement doit trouver 50 milliards d'économies en 2014 pour tenir son engagement de réduction du déficit.

Le gouvernement Fillon avait instauré en 2012 la journée de carence pour les fonctionnaires en congé de maladie. Cette journée de carence visait à réduire les congés de maladie de courte durée qui empoisonnent la vie des services et sont, pour un certain nombre, de confort pour ne pas dire  de complaisance.

Mais  Mme Lebranchu, ministre de la fonction publique a déclaré cette mesure "injuste, inutile et inefficace" et l'Assemblée nationale a voté sa suppression le 12 novembre 2013.

La journée de carence aura ainsi duré juste  deux ans.

Etait-elle injuste ? Certainement pas aux yeux des salariés du privé, du moins du tiers  de ces salariés qui ne bénéficient pas d'un accord de branche ou d'entreprise sur ce point, en subissent trois. Probablement pas davantage aux yeux des collègues qui en ont assez de faire le travail de ceux ou celles, souvent les mêmes, qui s'absentent pour un oui pour un non. Sans doute pas aux yeux des usagers ...

Etait-elle inutile ? Mme Lebranchu pense-t-elle que l'Etat, les établissements hospitaliers, les collectivités territoriales sont suffisamment riches pour ne pas avoir besoin de ces petites économies ? Il s'agit tout de même de sommes de l'ordre de 150 millions d'euros.

Etait-elle inefficace ? Les chiffres  démentent la ministre. En 2012, les arrêts de maladie d'une journée ont chuté de 43% dans la fonction publique territoriale et de 40% dans la fonction publique hospitalière et la Fédération hospitalière de France a plaidé pour son maintien.. Certes, la journée de carence a eu moins d'effet sur les congés de maladie de plusieurs jours mais ce n'est pas surprenant car il y a sans aucun doute beaucoup moins d'arrêts de simple confort ou de complaisance d'une durée d'une à deux semaines. De plus,  le but de la journée de carence était de mettre fin aux arrêts injustifiés par l'état de santé et non pas d'empêcher les (vrais) malades de se soigner.

La vérité est que l'absentéisme dans la fonction publique a été et demeure un sujet TABOU.

Ceux qui ont voulu aborder la question de l'absentéisme s'y sont cassé les dents...Notamment dans l'Education nationale,  on se souvient des déclarations de Claude  Allègre. Et pourtant...

Oui, pourtant, il faudra bien un jour prochain pourtant examiner de près pourquoi l'absentéisme est 30% plus élevé dans la fonction publique de l'Etat que dans le secteur privé et 2 fois plus élevé dans la fonction publique territoriale que dans le secteur privé. Pour l'heure, la contre-réforme paraît encourager le laxisme et la paresse et n'améliore pas l'image du service public. C'est dommage,  au regard des compétences, de l'engagement et de l'efficacité d'un grand pourcentage des fonctionnaires !

 

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