Continuons de prendre la Parole

La décision finale du côté du Conseil Départemental concernant l’avenir de la Parole errante prend forme : ils ont choisi, dans le cadre de l’appel d’offres et parmi les 5/6 propositions retenues courant octobre, d’ouvrir des négociations avec le projet des Jeunesses Musicales de France (JMF) et celui du centre d’art et de transformation sociale d’Arras (!?) dont nous ne savions rien jusqu’alors.

Continuons de prendre la parole!

La décision finale du côté du Conseil Départemental concernant l’avenir de la Parole errante prend forme : ils ont choisi, dans le cadre de l’appel d’offres et parmi les 5/6 propositions retenues courant octobre, d’ouvrir des négociations avec le projet des Jeunesses Musicales de France (JMF) et celui du centre d’art et de transformation sociale d’Arras (!?) dont nous ne savions rien jusqu’alors.

Le projet de la Parole errante demain a été (sans trop de surprises) exclu de l’appel d’offres, même si nous n’avons reçu aucune réponse ou nouvelle officielle. La même politique de mépris et de silence se poursuit à destination de ceux qui tiennent à ce lieu et à son histoire : c’est-à-dire qui l’utilisent, l’habitent et le font vivre quotidiennement.

Comme dans tout le processus de l’appel d’offres rien n’est public, rien n’est discuté, et d’ailleurs ni les JMF ni le centre « d’art et de transformation sociale d’Arras » ne se sont exprimés publiquement sur leurs projets et leurs perspectives de reprise de la Parole Errante. L’appel d’offres ne produit bel et bien qu’une mise en concurrence de projets qui n’ont ensuite à discuter qu’avec le propriétaire des lieux.

Les négociations vont donc se prolonger dans les bureaux du CD, et après 6 mois de « transition », un nouveau « projet » devrait s’installer.

Nous ne comptons pas accepter une telle décision, et surtout pas de telles modalités de décision. Si nous avons répondu à l’appel d’offres, c’est en remettant le projet que nous avions écrit un an auparavant, à partir d’un processus déjà en cours et d’une activité dans le lieu d’ores et déjà lancée. Ce que nous défendons, c’est une démarche de réinvention à partir de l’existant, et surtout à partir des multiples usages et réalités qui sont été accueillis depuis 10 ans à la Parole Errante.

Nous n’abandonnerons pas notre programmation, pas la grande salle, pas la librairie, pas le centre social ni les collectifs, les compagnies, ni toutes celles et ceux qui font que ce lieu vit et ont besoin de lui. Depuis des années beaucoup à Montreuil cherchent à construire une réalité riche de liens, de solidarités, d’expressions littéraires, artistiques, sociales et politiques. Au lieu de prendre en compte ces besoins et volontés, on décide purement et simplement de s’en débarrasser. Pour quel motif ? Les autres auraient plus d’argent ! Pour des services culturels sans vision, décliner la doxa libérale, c’est-à-dire attirer des investisseurs, fait figure de politique culturelle.

L’ironie de cette histoire est que nous nous trouvons dans la même situation qu’il y a un an quand le Conseil Départemental voulait purement et simplement remplacer la Parole errante par les Rencontres Chorégraphiques.

Sauf qu’il ne s’agit plus des Rencontres Chorégraphiques de Saint-Denis mais des Jeunesses Musicales de France.

Ce qui n’a pas changé, ce sont les méthodes et le mépris des gens. Ce qui n’a pas changé, c’est le caractère complètement illégitime de ce projet. Ce qui n’a pas changé, c’est notre détermination à défendre et faire vivre la Parole errante.

Nous avons un lieu pour habiter le monde ! Nous le garderons !

Continuons de prendre la parole!
laparoledemain (at) gmail.com, //laparoleerrantedemain.org


LE SITE INTERNET DE LA PAROLE ERRANTE DEMAIN A DÉMÉNAGÉ,

IL EST ICI: LAPAROLEERRANTEDEMAIN.ORG


 

Les locaux de la Parole Errante appartiennent au conseil départe- mental (CD) de Seine-Saint-Denis. Gatti et sa troupe y sont installés depuis 1997. Le bail se termine toutefois, et non sans lien avec la transformation en cours de la ville : le CD veut récupérer les lieux et faire de cet espace un lieu culturel de plus.


Ces dix dernières années, la Parole Errante a accueilli un grand nombre d’initiatives politiques, sociales et culturelles. Un accueil presque inconditionnel et une grande liberté d’usage y a été possible. À partir de cette histoire, de ces usages et des collectifs qui occupent ce lieu quotidiennement ou régulièrement, nous avons construit le collectif de la parole demain pour imposer des suites à la parole errante qui repartent de l’existant.


Le CD, en réponse, ne cesse de repousser la fin du bail, ou de contourner le problème en lançant notamment un appel d’offres pour la reprise du lieu. Deux projets ont été pré-selectionnés: celui des Jeunesses Musicales de France (JMF) et celui de l’Envol («centre d’art et de transformation sociale») d’Arras. L’avis de la Mairie de Montreuil pèse dans cette décision, et ils soutiennent a priori ces projets.


Nous voulons que les suites de la Parole Errante continuent de s’inventer à partir de l’existant et de la multiplicité d’initiatives accueillies dans ce lieu, nous exigeons une expérimentation sur 3 ans dans cette perspective. Nous avons besoin d’être nombreux, venez donc! passez nous voir à la librairie, au Centre Social Autogéré, écrivez-nous, organisez des choses, organisons-nous, nous avons besoin de lieux partagés, ouvert, défendons-les!

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