Le futur de la Parole Errante ne s'écrira pas sans nous

Bonjour, comme vous le savez, un appel à projets a été lancé le 8 juillet 2016 par le conseil départemental de Seine-St-Denis concernant les locaux de la Parole errante. Au moment où le Conseil départemental tarde à donner sa réponse, nous avons décidé d'interpeller directement les structures qui se sont portées « candidates ». Il semblerait que 6 structures aient répondu à l'appel d'offres.

Bonjour,
comme vous le savez, un appel à projets a été lancé le 8 juillet 2016 par le conseil départemental de Seine-St-Denis concernant les locaux de la Parole errante. Au moment où le Conseil départemental tarde à donner sa réponse, nous avons décidé d'interpeller directement les structures qui se sont portées « candidates ». Il semblerait que 6 structures aient répondu à l'appel d'offres, mais l'opacité de la procédure est telle que nous ne connaissons que quatre d'entre elles : Les jeunesses musicales de France (contact@jmfrance.org), le Théâtre La Cité (contact@theatrelacite.com), Les pépinières européennes pour jeunes artistes (pepinieres@art4eu.net), Mains d'oeuvres (info@mainsdoeuvres.org).


Nous vous sollicitons ici en tant qu'acteurs de la défense du lieu et vous demandons de renvoyer cette lettre par mail aux structures sus-nommées, et de l'accompagner éventuellement de votre propre courrier. Dans une période cruciale pour l'avenir du lieu, il s'agit de réaffirmer publiquement qu'un processus de réinvention du lieu est actuellement en cours et que son avenir ne pourra se décider sans ses usagers ! Construisons ensemble une réalité si forte que ce lieu ne puisse pas disparaître ! Continuons !


À l’attention des différents acteurs culturels en compétition pour obtenir « l’exploitation de l’ensemble immobilier dit la Maison de l’arbre », à Montreuil, plus connu sous le nom de la Parole errante



Ami.e.s, usagères et usagers de ce lieu, nous avons été informés de manière fortuite de vos ambitions concernant la Parole errante. En effet, jusqu'à présent, les usagers, usagères, amis et amies de ce lieu n'ont jamais eu connaissance de vos projets. De plus, contrairement à notre réponse à l'appel d'offres du conseil départemental pour « l’exploitation de l’ensemble immobilier dit la Maison de l’arbre », disponible sur internet et sur papier pour qui veut bien s'y intéresser, vos projets semblent dépourvus de tout caractère public. Alors même que l'appel d'offres indique que la librairie Michel Firk et le festival Ta parole maintiendront et développeront leur activité sur place, il nous paraît étonnant que vous ne soyez entrés en relation qu'avec le seul propriétaire des murs, le conseil départemental.

Pourtant, vous n'ignorez sans doute pas l'histoire déjà longue de ce lieu, sa vitalité, l'abondance et la diversité des activités qui y prennent place, ni non plus le fait que depuis 2015, un collectif d'usagers s'est constitué pour réinventer ce qu’il sera demain et le défendre. Des dizaines de personnes rassemblées dans le collectif La parole errante demain font actuellement vivre ce lieu et permettent ainsi à des centaines d'usagers et à un public tout aussi engagé que foisonnant de le fréquenter, de s'y retrouver et de l'utiliser.

Un processus de réinvention du lieu, ouvert à tous, est engagé depuis plus d'un an. Diverses compagnies de théâtre et de nombreux collectifs à vocation culturelle et sociale nous ont d'ores et déjà rejoint. Un des axes structurants de notre démarche est de contribuer à répondre au besoin d'espaces de partage et de solidarité, ce qui suscite l'éclosion de nouvelles activités, comme le montre la création d'un centre social autogéré. Disons le tout net, nous ne comptons pas entériner les séparations usuellement admises entre social, culturel et politique.

Si nous ne remettons pas ici en cause l'intérêt de vos projets respectifs, la démarche que vous empruntez jusqu'à présent revient à faire table rase d'une histoire longue de plusieurs décennies, et à mépriser du même coup des réseaux de solidarité, des attachements, des usages et une mémoire collective partagés par des milliers de personnes.

La Parole errante est utilisée, habitée, défendue par une multitude de collectifs, de personnes et de compagnies. Elle est le lieu des voisins et celui des amis, dont certains viennent régulièrement de loin pour y faire escale. Sa programmation est dense et quotidienne. Des dizaines d'événements sont déjà programmés pour l'année 2017, engageant des centaines de personnes qui ne sont pas prêtes à y renoncer, et encore moins à ce que l'on ignore l'histoire de ce lieu, ses usages actuels et la continuité de l'expérimentation en cours.

Et vous, alors ? Puisque vous semblez intéressés par la Parole errante, plutôt que d'ignorer ces réalités et de vous inscrire dans la logique concurrentielle impliquée par une procédure d'appel d'offres, plutôt que de vous adresser aux "décideurs", nous vous invitons à venir rencontrer les protagonistes de l'expérience en cours.
Au même titre que toutes celles et ceux qui s'engagent à la faire vivre, nous vous invitons à prendre part à cette fabrique du commun, et à élaborer avec toutes et tous, de manière ouverte et horizontale, le futur de ce lieu collectif de création culturelle et sociale.

Le futur de la Parole errante, en tout cas, ne s'écrira pas sans nous. Et ce nous est vaste et déterminé.

                                                                       
 Collectif La parole errante demain, le 28 octobre 2016.


Collectif La Parole errante demain : Le café-librairie Michèle Firk, les revues Z et Jeff Klak, les Editions Libertalia, l'orchestre Surnatural Orchestra, les festival Ta Parole, la Fanfare invisible, le centre de recherche et d'expérimentation théâtral autour d'Armand Gatti, Le groupe Topo, Le collectif Théâtre(S) Politique(S), la compagnie des Grands Mâtins, la compagnie NAJE, le Teatro del silencio, L'écharpe de colombine, le collectif Précipité, le collectif Ozho Nayhé, la coopérative de diffusion L'Amorce, l'association Tant qu'il y aura de la pellicule ou « Ciné Pelloche », le collectif Synaps audiovisuel pour un cinéma voyageur, le centre de recherche, de création et de diffusion sur les arts de la parole « La Maison de la Parole », l'Atelier du Non Faire.


Pour consulter la programmation en cours, lire notre réponse à l'appel d'offres, connaître la liste des lieux, des structures, des collectifs (de théâtre, de cinéma, de soin, d'édition, de travail social...) ainsi que des habitants de Montreuil et d'ailleurs qui soutiennent cette fabrique du commun, voir le site laparoledemain.jimdo.com

 

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