Pourquoi pas des élections en Espagne, en France, en Europe ?

Le gouvernement espagnol a appelé à des élections anticipées en Catalogne comme une prétendue "sortie à la crise". C'est oublier que la désignation de Carles Puigdemont à la présidence de la Generalitat est en réalité très récente, à différence du mandat de Mariano Rajoy ancien de presque six ans. En réalité, les motifs ne manquent pas pour des élections en Espagne, en France et en Europe.

Un simple parcours de la biographie de Carles Puigdemont met en évidence qu'il n'avait exercé aucune fonction gouvernementale avant sa désignation en tant que président de la Generalitat en janvier 2016. Entre 2011 et 2016, il avait été maire de Girona (Gérone).

Fort différente est la biographie de Mariano Rajoy, qui a occupé plusieurs ministères depuis 1996 et été même Premier Vice-président du Gouvernement entre avril 2000 et septembre 2003. Entre juillet 2002 et septembre 2003, Rajoy a été également Ministre de la Présidence et Porte-parole du Gouvernement. Etc...

Quant à la situation sociale en Espagne, force est de constater un nombre de chômeurs supérieur à trois millions pour une population autour de quarante-six millions et demi d'habitants. De même, les enfants sont très nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté. Voir, par exemple :

https://www.euractiv.fr/section/soci-t/news/40-des-enfants-espagnols-sous-le-seuil-de-pauvrete/

Une telle situation ne mériterait-elle de nouvelles élections anticipées, à la recherche d'une alternative à la politique actuelle ? C'est une évidence, que celles de décembre 2015 et juin 2016 n'ont abouti à rien de concret.

S'agissant de la France, que pense aujourd'hui la population de la politique d'Emmanuel Macron ? Et quel serait à présent le résultat de nouvelles élections, dans une situation de crise du Front National et avec la possible émergence de nouveaux candidats ? L'atout de "protection face au FN" dont avait bénéficié Macron devant une partie de l'électorat n'existerait plus en ce moment.

Enfin, en ce qui concerne l'Union Européenne, Jean-Claude Juncker a été le président de l'Eurogroupe entre 2005 et 2013 avant de devenir Président de la Commission Européenne en novembre 2014. Sa politique incarne celle du Parti Populaire Européen (PPE), et c'est dans le groupe de ce parti que siègent les élus européens du Partido Popular de Mariano Rajoy.

Que pensent aujourd'hui les citoyens européens de la politique du PPE ? Force est de constater que le Brexit correspond à un vote du 23 juin 2016, deux ans après les élections européennes de 2014.

Peut-on laisser perdurer cet ensemble de situations critiques ? Pourquoi pas des élections simultanées en Espagne, en France et dans l'Union Européenne ?

Autant de questions stratégiques que nous avions déjà abordées, sous des formes diverses, dans notre blog du Courrier International La Science au XXI siècle qui vient d'être supprimé.

 

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