Davos : Non au Politburo de l'Internationale Capitaliste !

Suite au Forum économique mondial de Davos, des médias évoquent toujours les discours tenus à cette réunion par des dirigeants des Etats les plus influents. Mais quelle est la réalité économique et sociale, dix-huit ans après le Millenium Round de Seattle et le Forum tenu à Davos du 17 au 22 janvier 2000 ? L'affiche critique portée par un manifestant à Davos en 2000 mérite d'être rappelée.

Que penser du Forum économique mondial ? Une affiche portée par un manifestant à Davos en janvier 2000, alors que Bill Clinton participait à cette réunion, semble avoir particulièrement attiré l'attention des médias français. Son texte repris par des journalistes : « Non au politburo de l'internationale capitaliste ! ».

On ne retrouve plus, malheureusement, la une du Journal du Dimanche du 24 janvier 2000 où cette affiche, et les bras de son porteur, apparaissaient au deuxième rang de la manifestation de Davos derrière José Bové et Jean-Claude Amara. Mais Getty Images a conservé une photo qui s'y rapporte et que l'on peut trouver sur la Toile avec le titre JOSE BOVE DEMONSTRATES AGAINST GLOBALIZATION à l'adesse :

https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualité/jose-bove-demonstrates-against-globalisation-photo-dactualité/612596622

A droite de José Bové, Jean-Claude Amara téléphone. A gauche, le manifestant exhibe de manière très visible son affiche avec le texte :

OMC, FMI, Banque Mondiale...

NON AU POLITBURO

DE L'INTERNATIONALE

CAPITALISTE

(fin du texte de l'affiche)

S'agissant de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), on trouve sur son site une note d'information du 26 janvier 2018 intitulée « Davos: Le Directeur général Roberto Azevêdo appelle les Membres à concrétiser le soutien exprimé en faveur de l’OMC ».

Quant au Fonds Monétaire International, sa directrice générale Christine Lagarde était présente à Davos cette semaine. Il en est de même du président de la Banque Mondiale Jim Yong Kim. Lagarde est membre du conseil d'administration de la conférence.

Une importante nouveauté : la liste des participants au Forum économique de Davos prévus en date du 16 janvier est à présent publique et accessible sur le site du forum qui semble avoir réuni autour de 400 participants

UNE INTERNATIONALE CAPITALISTE, MAIS...

Le capitalisme étant le système économique dominant à l'échelle planétaire, on peut considérer que telle a été la nature de cette réunion de Davos, même si des représentants de la République Populaire de Chine y ont également participé.

La liste classe les participants par pays, en dehors d'une cinquantaine qu'elle présente comme appartenant à des organisations internationales (intitulé INT) et onze représentants de l'Union Européenne (intitulé EU).

Dans l'ensemble, il s'agit d'une participation au plus haut niveau gouvernemental et du pouvoir d'Etat, aristocratie comprise. Le roi et la reine de Belgique, pas plus que le roi d'Espagne ou le prince de Monaco, n'ont pas manqué au rendez-vous. Sauf méprise, on ne trouve pas dans la liste des représentants du Venezuela, de la Corée du Nord, de l'Afghanistan, de l'Iran, du Paraguay, de l'Uruguay... Deux représentants de l'Autorité Nationale Palestinienne ont en revanche été invités.

En réalité,  même si beaucoup d'Etats se sont efforcés d'être présents à Davos, la voix dominante semble bien avoir été celle des puissances capitalistes que les médias du système se sont également employés à amplifier

UN « POLITBURO »

De toute évidence, la participation à Davos dépasse de loin la taille de ce qui pourrait être appelé un « politburo ». Mais il en est autrement si on considère le groupe dominant au sein du Forum et son éventuelle représentation.

Comme déjà précisé, les coupoles de l'ensemble OMC + FMI + Banque Mondiale.... évoqué dans l'affiche fournissent tout naturellement une telle « représentation ». Quel en est, aujourd'hui, le pouvoir réel ?

De toute évidence, le sommet des « élites » de Davos  rend  un service certain au grand capital. Mais « gouverne-t-il  » vraiment la mondialisation du capitalisme ?

 LE GRAND CAPITAL DANS LA MONDIALISATION

Il semblerait plutôt que, dans la situation actuelle, le grand capital mondialisé soit directement gouverné par une véritable coupole de l'oligarchie et gouverne à son tour directement la planète sur l'ensemble des questions stratégiques.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.