Le problème des lits de certains hôpitaux parisiens

Les lits "uniques", métalliques et avec un matelas mince, que certains hôpitaux parisiens imposent à leurs patients sont en réalité incompatibles avec des éventuels problèmes lombaires (arthrose, tendinite...) des intéressés. Un lit sans structure métallique sous le matelas, et avec un matelas plus épais, serait le choix approprié. Malheureusement, lesdits hôpitaux ne disposent pas de ces lits.

Que peut faire un patient hospitalisé confronté à un lit avec un matelas mince installé sur un support métallique, alors que des problèmes lombaires lui ont été diagnostiqués et qu'il ne peut en aucun cas dormir sur un tel matelas dans un tel lit ? Pour quelle raison l'hôpital ne peut-il pas lui proposer un autre type de lit ?

Pour quelle raison, dans tout l'hôpital, pas un seul lit n'est adapté aux problèmes d'ordre lombaire des malades ?

Et pour quelle raison le personnel hospitalier, y compris médical, adopte-t-il trop souvent une attitude de "défense de la maison" cherchant à justifier une telle situation et à inciter les patients à se contenter malgré tout de ces lits ? Malheureusement, cette impasse se présente même dans des hôpitaux parisiens très prestigieux.

Que peut faire le malade confronté à cette situation ? Il dormira peut-être sur une chaise pendant une nuit. Mais que fera-t-il par la suite ? Nous avons pu constater qu'il arrive même que l'intéressé soit par ce motif amené à quitter l'hôpital avant la date prévue, si une autorisation de sortie lui est refusée de façon à lui permettre de dormir sur un lit adapté à ses besoins.

Pourtant, les problèmes lombaires n'ont rien de mystérieux. Aucun médecin ni infirmier ne saurait valablement ignorer leur existence et leurs implications. Nombre de personnes âgées se heurtent à des souffrances de cette nature de plus en plus sérieuses.

Un exemple de conclusion d'une IRM (imagerie par résonance magnétique) du rachis dorso-lombaire passée par un malade de 70 ans avec un problème lombaire peut être :

- Rachis dégénératif avec sténose canalaire segmentaire en L2-L3 par rétrolisthésis de L3 et arthropathie postérieure avec hypertrophie ligamentaire jaune.

- Arthropathie dégénérative aux trois derniers étages lombo-sacrés associée à une arthrose postérieure sans conflit disco-radiculaire focal.

- Discopathie légèrement inflammatoire à l'étage L5-S1.

- Hypersignal inflammatoire des muscles psoas iliaques.

- Amyotrophie des muscles para-vertébraux.

(fin de citation)

Que penser si, malgré un tel rapport médical, les médecins hospitaliers refusent de reconnaître le caractère anormal de la situation en matière de lits et de rechercher une solution adaptée au problème constaté ?

Mais surtout, pour quelle raison des hôpitaux très connus ne disposent pas d'un autre type de lits ? Depuis quand ces lits métalliques "uniques" ont été imposés sans alternative ? Combien de patients en ont souffert ?

Sans doute, des problèmes d'ordre budgétaire se trouvent derrière cette situation, qui nécessiterait un examen détaillé par une inspection accompagnée de spécialistes indépendants des hôpitaux et du monde politique.

 

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