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Billet de blog 27 mars 2015

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Départementales : 72h avec trois candidates de l’Hérault

Dans l’Hérault, sur quarante-neuf conseillers généraux sortants, six sont des femmes. Grâce à la nouvelle loi électorale, les assemblées seront paritaires. Sans cette obligation, certaines estiment qu’elles n’auraient jamais été investies, comme Agnès Gizard-Carlin, Gabrielle Henry et Valérie Bréard. Rencontrées à quelques jours du premier tour, elles n’en sont pas moins combatives. 

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Dans l’Hérault, sur quarante-neuf conseillers généraux sortants, six sont des femmes. Grâce à la nouvelle loi électorale, les assemblées seront paritaires. Sans cette obligation, certaines estiment qu’elles n’auraient jamais été investies, comme Agnès Gizard-Carlin, Gabrielle Henry et Valérie Bréard. Rencontrées à quelques jours du premier tour, elles n’en sont pas moins combatives. 

18 mars. Il est 19h00 et Gabrielle Henry, la candidate du binôme socialiste, est déjà là, discrète, à la table de conférence. A Montpellier, le meeting va bientôt commencer. Benoît Hamon, ancien ministre de l’Éducation nationale, André Vézinhet, président sortant du Conseil général de l’Hérault, et Michael Delafosse, candidat PS aux élections départementales du canton de Montpellier-2, entrent sous les vivats des militants. La Maison pour tous Marie-Curie est pleine à craquer. Pour la première fois, la nouvelle loi électorale impose la parité. Dans son discours d’ouverture, le député Christian Assaf le souligne : « Les femmes sont pragmatiques ». Après avoir lu avec application son discours, Gabrielle Henry, au chandail rose socialiste, ne dément pas et confie que « les femmes ont une approche de la politique par les dossiers et non par la stratégie. Elles sont plus concrètes et moins calculatrices. Peut-être qu’en étant une femme, on ne voit pas les mêmes choses. On est plus attentives aux situations ».

« Complémentarité dans les rôles »

La nouvelle candidate est issue de la société civile. La campagne départementale est le premier engagement partisan de Gabrielle Henry, qui milite pour les droits liés aux handicaps depuis sa retraite en 2009, et elle-même en fauteuil roulant. « C’était une opportunité à saisir. Je ne pense pas que l’on serait venu me chercher s’il n’y avait pas eu cette loi. » Conséquences de cette nouvelle configuration, les partis politiques n’avaient pas assez de candidates à présenter. Ils ont dû recruter.

Cette idée selon laquelle sans la loi, les candidates ne seraient pas là, se retrouve aussi à droite. Valérie Bréard, brune aux cheveux courts, est candidate du binôme UMP dans le canton de Montpellier-1. Elle constate, entre deux distributions de tracts, qu’il y a « une suprématie de fait des hommes et une défiance de la part des cadres politiques du parti » à l’investiture de femmes. Agée de 48 ans, conseillère en communication, la candidate souligne que lors des discussions avec les habitants, elle s’est rendue compte que « les jeunes sont bienveillants, au contraire, ce sont les plus vieux qui me renvoient à mon statut de femme ». Son binôme Charles Khoury, lui, n'en est pas à sa première campagne politique. Cet ancien collaborateur de Jean-François Mattéi (ministre de la santé sous Jacques Chirac) a aussi été chef de cabinet d’Hélène Mandrou à la mairie de Montpellier. Et la nouvelle loi électorale n'est pas pour lui déplaire : il parle de « sérénité de travail et de complémentarité dans les rôles ». D'ailleurs, lorsque la sonnerie retentit à la sortie de la petite école de Grabels, c'est Valérie Bréard qui profite de la présence des mères de famille pour discuter « problématiques éducatives et familiales ». En tant que mère de trois enfants, elle estime « avoir une connivence avec les citoyennes que ne pourrait avoir un homme ».

« Ce sont les femmes qui me posent les questions sur la conciliation de la vie familiale et politique »

A quelques kilomètres de là, Agnès Gizard Carlin, candidate EELV dans le canton d’Agde, arrive dans le bar La Louisiane, où elle doit tenir une conférence de presse. Hasard, à la table d’à côté se trouve le candidat UDI Sébastien Frey. Seul. La candidate écolo, à l’accent du coin, glisse : « Dans cette campagne, je ne croise que les binômes homme dans les marchés. Je ne sais pas où sont les femmes ». Et d’évoquer son passage à Radio Pays de l’Hérault, où, lors du débat, « il n’y avait que deux candidates alors que les quatre candidats hommes étaient présents ». C’est un peu le combat de cette militante historique, héritière du militantisme de ses parents, qui étaient sur le plateau du Larzac. La veille encore, lors d’une visite au Planning familial, cette prof de SVT, croix occitane en pendentif, s’étonnait que ce soit « en majorité les femmes qui posent les questions sur la conciliation de la vie familiale et politique ».Une position soutenue par son colistier PCF, Frédéric Markidès. Bonhomme, il assure : « Je fais comme je peux, comme elle. Nous sommes deux couples de militants avec une journée de travail et un engagement politique à assurer ». La place des femmes dans cette campagne est un sujet qui a animé aussi les discussions entre militants. Au Parti socialiste, lors du meeting en présence de Benoît Hamon, les militants évoquaient pêle-mêle l’écoute, le sens des réalités ou la minimisation du combat des égos comme des qualités féminines. A cheval entre clichés et réalités, ces sujets sont tout autant revendiqués que dénoncés par les candidates.

A la suite du vote du dimanche 22 mars, Gabrielle Henry et son binôme accèdent au second tour dans le canton de Montpellier-2. En revanche, Valérie Bréard (UMP) et Agnès Gizard-Carlin (EELV) ne seront pas présentes au second tour des élections.

Reportage de Yann Castanier, élève de la Street School.

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