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Billet de blog 30 janv. 2021

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Médico-sociaux : ils sont venus, ils ont vu, vont-ils tout perdre ?

La lutte pour l'obtention du complément de traitement indiciaire de 183€ aux personnels médico-sociaux publics et privés s'enlise malgré une lutte constante. Les propositions de la mission Laforcade ont pour but de diviser les professionnels selon leur lieu d'exercice et leur métier. Beaucoup vont partir. Quel est l'avenir de ces professions oubliées ?

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Il est temps de faire un bilan de trois mois de lutte pour les personnels sociaux et médico-sociaux exclus du Ségur de la Santé et tout n'est pas complètement négatif. On s'était quittés sur la parution d'un décret (19 septembre 2020) qui excluait ces agents du public et du privé de la revalorisation de traitement indiciaire de 183€ accordée aux agents du sanitaire public, puis aux agents du privé lucratif. Le ministère de la Santé, à l'aise dans ses baskets, avait expliqué aux syndicats signataires du Ségur (FO, CFDT, UNSA) qu'ils avaient signé en connaissance de cause et qu'on verrait plus tard pour les agents non concernés.

La levée de bouclier des professionnels et des syndicats non signataires (SUD et la CGT), et le malaise des signataires gros-jean comme devant ont entraîné de nombreuses manifestations et initiatives, au point d'accélérer la mise en place de la mission Laforcade, du nom d'un fringant retraité de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, chargée de faire des propositions au premier ministre qui semble reprendre la main sur le dossier. Les syndicats représentatifs de la santé et du social ainsi que la FHF (Fédération Hospitalière de France) ont participé aux différentes réunions, portant la même revendication de 183€ pour tous (même si, pour SUD la revendication de base est de +300€ pour tous les personnels de la Santé et du Social).

Partout dans les régions les personnels ont interpellé les ARS, les Conseils départementaux, les directions d'hôpitaux, parfois même le conseiller santé du premier ministre à Tarbes (celui-ci étant totalement inabordable, protégé par des cohortes de force de l'ordre), partout la réponse a été la même : "la mission Laforcade travaille, attendez ses préconisations". OK, on a attendu et on a vu.

Les agents exclus de la première mouture du Ségur toucheront bien le Complément de Traitement Indiciaire ! Victoire pour le peuple et communiqués dithyrambiques des syndicats signataires... Sauf que (le diable est toujours dans les détails) : le versement se fera à partir de...janvier 2022 avec une rétroactivité sous forme de prime (ne comptant pas pour la retraite) à juillet 2021. Rappelons que les agents du sanitaire touchent le CTI depuis septembre 2020, le différentiel serait supérieur à 1600€ avec leurs collègues du médico-social. Les établissements non rattachés à des hôpitaux ne seront pas concernés. Les agents du privé non lucratif sont encore plus mal lotis : la revalorisation ne concernera que les métiers en tension (infirmière, aide-soignante) dans des délais inconnus.  

Les conséquences risquent d'être terribles : si les agents socio-éducatifs sont coincés, les infirmières cherchent à tout prix à quitter le médico-social et le trou de génération va vite devenir un gouffre béant. Les aides-soignantes sont dans la même réflexion et guettent tous les postes en EHPAD ou dans le sanitaire disponibles. 

Il reste peu de temps à M. Laforcade pour revoir sa copie. A SUD nous considérons que la lutte n'est pas finie et que le rapport de force peut encore basculer avec l'aide de tous les agents, collectifs, syndicats et politiques lucides et volontaires sur la question. Nous avons déjà montré que le combat peut payer, il ne faut rien lâcher et travailler pour l'intérêt de tous. Pour que MM. Laforcade, Véran et Castex comprennent enfin les enjeux.

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