Ma description du Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein (2)

6.1 – Les propositions de la logique sont des tautologies.

Le monde, la pensée, la vérité, le silence. Sept propositions.

  1. Die Welt ist alles, was der Fall ist.
  2. Was der Fall ist, die Tatsache, ist das Bestehen von Sachverhalten.
  3. Das logishe Bild der Tatsachen ist der Gedanke.
  4. Der Gedanke ist der sinnvolle Satz.
  5. Der Satz ist eine Wahrheitsfunktion der Elementarsätze.
  6. Die allgemeine Form der Wahrheitsfunktion ist : [ p, ξ, N(ξ) ].
  7. Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen.

Comment passe-t-on de l’une à l’autre ? Un peu comme cela : 1. A est B ; 2. B est C ; 3. C est D etc.

Oui, un peu, mais pas tout-à-fait.

On voit bien, par exemple, que la proposition 7, si connue, si belle, si peu catholique , tombe un peu comme un cheveu sur la soupe (je me demande d’ailleurs s’il n’aurait pas été tout aussi possible de commencer par elle, en guise de préambule, ou tout au moins d’avertissement : Attention, si vous ne savez pas de quoi vous parlez, fermez-la!).

Et puis la proposition 6, d’une certaine manière conclusive, peut sembler bien décevante derrière son apparente technicité (il faut que je vous avoue que je n’ai pas encore élucidé le sens de ces signes : p, ξ, N(ξ) – mais, « Alles zu seiner Zeit », comme disait Heidegger).

Donc, non, les sept propositions principales ne sont pas tout-à-fait comme « les anneaux pendants d’une chaîne » (2.03).

  1. Le monde [A] est tout ce qui a lieu [B].
  2. Ce qui a lieu, le fait, [B] est l’existence d’états de choses [C].
  3. L’image logique des faits [B] est la pensée [D].

En 3, C n’est pas, et B est en réalité f (B). (A vrai dire, je ne sais pas si je peux considérer « image de » comme une fonction f, mais peu importe. Au point où j’en suis de ma découverte du traité, cela m’amuse vraiment de considérer les choses de cette manière. Ce n'est d'ailleurs pas ma manière la plus légère de traiter ce traité. J'ai essayé de le lire comme un ouvrage de métaphysique et c'était très amusant. Au reste (voir à ce sujet mon préambule), ce qui m’importe le plus ce n’est pas le traité en lui-même mais la lecture du traité, en l’occurrence ma lecture du traité, étant donné qu’il me serait bien difficile de faire l’expérience de la lecture d’un autre. Ce qui ne serait cependant pas impossible. Si vous me lisez depuis mon préambule, n’êtes-vous pas vous-même entrain de faire l’expérience de ma propre lecture du traité ? Mais trêve de digression. Je reviendrai sur cette question très bientôt, dans le cadre d’un « aparté ») (un aparté qui me permettra de faire une petite pose : j’avance plus vite dans l’écriture de ma description que dans ma lecture du traité).

 

Bon, revenons à nos moutons.

A vrai dire, entre 2 et 3, il y a au moins une autre proposition essentielle : 2.1 :

2.1 – Nous nous faisons des images des faits.

Le chaînon manquant entre le monde et la pensée, ce sont les images que nous nous faisons.

Image. Nous tombons là sur une notion essentielle du Tractatus, une notion développée sur pas moins de trente-six propositions qui débouchent directement, sans autre forme de procès, sur 3 :

3 – L’image logique des faits est la pensée.

Vous aimeriez sans doute que je vous fasse une synthèse, mais je ne peux pas tout faire. Je vous renvoie donc aux pages 38-40 de la traduction de GGG chez G. Soyez alors très attentifs. Faites bien attention à examiner la différence entre l’« image » et l’« image logique ». Nous comparerons à l’occasion le fruit de nos réflexions.

Pour conclure, deux questions sur le « poids logique » des propositions et sur le passage de l'une à l'autre.

  • Première question : Quelle est la différence entre une proposition n.0 (voire n.00) et une proposition n.1.

    Ma réponse : n.0 permet de consolider n ; n.1 permet d’aller au-delà de n, d’avancer vers n+1.

  • Deuxième question : Au sujet du « poids logique » des propositions, peut-on faire la différence entre le poids logique relatif et le poids logique absolu des propositions?

    Ma réponse : Je ne vois pas très bien ce que je veux dire, on verra ça une autre fois.

  • J’insiste : Par exemple, on pourrait considérer que 2.1 – Nous nous faisons des images des faits à un poids logique inférieur à 2 – Ce qui a lieu, le fait, est la subsistance d’états de choses (et encore, je ne serais pas tout-à-fait d’accord et j’aurais tendance à vouloir changer 2 en 1.n et 2.1 en 2, ce qui aurait l’avantage de rééquilibrer le truc) mais pourtant un poids logique supérieur à d'autres proposition n.1?

    Ma réponse : Oui, en effet.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.