Rumeurs / Soupçons

Il faut sortir la sexualité du champ politique.

Sur un plateau de télévision, vendredi 10 février 2017, on débattait de la question de la transparence en politique. N'allons-nous pas trop loin? Les intervenants étaient invités à exercer leur sagacité sur deux cas : les rumeurs Macron et les soupçons Fillon. Les réponses ont été un peu confuses. Personne n’a véritablement mis le doigt sur l’essentiel : la différence entre la rumeur et le soupçon. Sauf erreur de ma part, la justice n’a pas décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour savoir si Macron couche bien avec sa femme, et seulement avec celle-ci. En ce qui concerne la sexualité des candidats, l’opacité doit être totale. Personnellement, j’étendrais cette opacité à leur vie privée toute entière, tout en me rendant compte qu’il s’agit là d’un idéal que l’on n’atteindra jamais : tous les candidats aiment jouer de certains aspects de leur vie personnelle à des fins électorales. C'est la rente de certains hebdomadaires.

En ce qui concerne les actes de élus, notamment au sujet de la dépense de l’argent public, la transparence doit être totale. Il ne s’agit pas de défendre ce que certains élus de droite appellent parfois un « stalinisme dangereux ». Il s’agit simplement de parer la faiblesse des hommes par la force des institutions, force garantie notamment par le droit au contrôle et à la vérité que possède tout citoyen.

Mais cette différence entre rumeur et soupçon nous éclaire aussi sur les limites du champ politique dont doivent être exclus, entre autres, les pratiques sexuelles et les croyances religieuses. Le réel mérite du mariage pour tous et de justement contribuer à la sortie de la sexualité du champ politique : par le mariage, peuvent fonder une nouvelle famille toute personnes issues de deux familles différentes. C’est dans cette voix que s’engage notre société, et nous en profiterons tous parce que notre société en sera un peu plus démocratique. Nous avons fait un pas dans le bon sens, et nous devons aller encore un peu plus loin : nous ne pouvons pas accorder ou interdire la PMA en raison de l’orientation sexuelle. Toutes les femmes doivent pouvoir y avoir recours, ou aucune.

 

Il faut donc se battre avec acharnement contre toute cette classe politique de droite et de gauche qui voudrait faire entrer dans nos campagnes électorales les questions de mode de vie, d’identité, de croyance et de pratiques religieuses. Ces questions n’appartiennent plus au champ politique.

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