Aesh, les grands oubliés !

L’indifférence totale dans laquelle avancent les aeshs dans cette crise sanitaire. Les oubliés, jamais cités et jamais entendus.

Je suis AESH

En résumé  ça veut dire que je m’occupe d' élèves en difficulté dans des écoles. Je vous l’explique parce que ça serait tout à fait normal que vous ne connaissiez pas ce métier ( à croire que ce n'en est peut être pas un ? )  personne ne parle de nous, PERSONNE! Dommage, c’est un métier passionnant, que j’aime vraiment vraiment beaucoup et qui mérite d’avoir une place à part entière dans notre société. 

La semaine avant le confinement, on avait aucune info concernant la marche à suivre pour nous, pendant le confinement aucune nouvelle non plus et là on parle d’une reprise de l’école et on ne nous dit toujours rien, on avance encore une fois dans le flou, pas une seule fois on est cités dans les discours de nos dirigeants ! Pas une seule fois! On peut donc parler de la rentrée des élèves handicapés dans des grands discours à la telé en omettant de  citer ceux qui rendent ça possible au quotidien : 

TOUT VA BIEN !!

Ce manque de considération est fou! Et c’est la même chose pour les ATSEMS et AEDS, les petites mains de ce gros système qui est l’éducation nationale. Avec nos conditions de travail et notre salaire précaire, on va peut être ( je dis bien peut être parce que finalement on ne sait pas, on a pas d’infos ) reprendre le 11 mai. 

Petite piqure de rappel, notre travail consiste à aider les élèves sans déranger le cours. Donc :

on est assis à côté d’eux  /  on leur chuchote les consignes / on les aide à écrire / on échange donc notre matériel /  on les aide dans les gestes quotidiens /  on pousse leurs fauteuils / on gère des crises / on rassure avec des gestes réconfortants /  on les aide à manger, à écrire, à lire, à comprendre les autres  et je passe les dizaines de missions supplémentaires que nous accomplissons ( oui parce qu’en plus nous sommes au top de la polyvalence !)

Bref, notre travail n’a AUCUN sens sans contact rapproché.

Et donc, sans aucune reconnaissance, dans le mépris le plus total de notre profession, on voudrait nous mettre en danger, nous, nos proches,notre famille et nos élèves le 11, tout ça pour qu'on fasse mal notre travail ? quelles solutions allez-vous nous apporter ? Qu’attendrez-vous de nous concrètement ? 

Les premières lignes, les petites fourmis de l’éducation nationale, nous sommes invisibles aux yeux du gouvernement, serons le nous toujours après être partis «  en guerre »  parce que VOUS avez décidé que l’économie valait plus que les vies humaines?

Essayons de considérer les gens et APRÈS demandons leur de faire des efforts, l’inverse serait incorrect non ?

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