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Billet de blog 3 nov. 2015

La fête est finie : entretien avec le réalisateur

« La fête est finie » est un film documentaire qui sort mercredi 4 novembre en exclusivité à Paris et Marseille puis dans plusieurs villes en France. Entretien avec le réalisateur Nicolas Burlaud par Christine Thépenier (1)

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« La fête est finie » est un film documentaire qui sort mercredi 4 novembre en exclusivité à Paris et Marseille puis dans plusieurs villes en France. Entretien avec le réalisateur Nicolas Burlaud par Christine Thépenier (1)


Synopsis : Partout en Europe, sous les assauts répétés des politiques d’aménagement, la ville se lisse, s’embourgeoise, s’uniformise. Cette transformation se fait au prix d’une exclusion des classes populaires, repoussées toujours plus loin des centres-villes.
L’élection de Marseille en 2013 au titre de « Capitale Européenne de la Culture » a permis une accélération spectaculaire de cette mutation. Là où brutalité et pelleteuses avaient pu cristalliser les résistances, les festivités, parées de l’aura inattaquable de « la Culture », nous ont plongés dans un état de stupeur. Elles n’ont laissé d’autre choix que de participer ou de se taire.

Je crois que c’est nous qui sommes insalubres pour eux ».


Une habitante du quartier « Les Crottes »
rebaptisé « Ecocity » dans le projet Euroméditerranée.
CT : Tu filmes par exemple l’inauguration du centre de vidéo surveillance où se pressent toutes les  personnalités politiques. Toute la presse est là, on voit les autres caméras, et pourtant ce n’est pas du tout pareil que ce qu’on peut voir à la télévision. On les voit à l’œuvre, se congratuler. Ça se passe de commentaire.

N.B : Je suis en lien avec des collectifs et des personnes qui luttent contre les expulsions et je réalise depuis longtemps avec le collectif Primitivi* de petites chroniques politiques et sociales sur Marseille. Et on s’est rendu compte que c’était souvent plus intéressant de filmer pas seulement les luttes, mais aussi ceux qui mettent en œuvre les phénomènes contre lesquels on se bat.
Au centre de vidéo-surveillance, je n’aurais pas dû être là. Je suis passé entre les mailles du filet. Mais j'ai filmé la même chose que les journalistes. J’ai simplement choisi de garder ce qui me paraissait parlant : les dames en manteau de fourrure, les petites plaisanteries, l’entre-soi, qui n’intéressaient pas les journalistes.
CT : Mais il y a une voix off qui vient entre les séquences et c’est ta voix. A quel moment t’es-tu décidé à prendre la parole ?
N.B : Je me suis décidé à prendre la parole pour essayer de mettre des choses en contact, pour faire résonner des choses entre elles, qu’elles deviennent des métaphores. J’avais envie que le film puisse servir à se poser la question de ce qui s’était passé, de ce qui nous était arrivé, en termes politiques. Et quand je vois une créature toute de noir vêtue, juchée sur 3 chevaux noirs guider une transhumance de moutons dans les rues de Marseille, pour moi ce n’est pas seulement un spectacle anodin. Quand je vois des spectateurs fabriquer une ville en carton, valser sous la dictée d’un grand chef d’orchestre, pendant qu’Euroméditerranée est en train de vider des quartiers pour construire une ville nouvelle, ça résonne.
C.T : C’est ton premier film en tant que réalisateur, et tu l’as fait sans aide ?

N.B : J'ai commencé à filmer comme je faisais avec Primitivi depuis longtemps, c’est à dire sans argent. Tout s'est fait « hors production » avec du matériel personnel ou prêté et surtout le soutien, l’engagement des uns et des autres. Des copains techniciens sont venus filmer avec moi, prendre le son, d'autres m'ont aidé au montage, au mixage, pour la post-production.
Les musiciens m’ont permis d'utiliser leur travail… J’espère que le prochain film je le ferai avec plus de moyens, mais en même temps je suis assez attaché au Do It Yourself venu de la rue, et à « l'économie de guerre » qui permet de faire les choses sans attendre d'en avoir les moyens.
Christine thépenier* est réalisatrice, elle a réalisé notamment "Disparaissez les ouvriers" avec JF. Priester.
Toutes les informations sur le film et sa programmation > http://lafeteestfinie.primitivi.org/
Visiter et aimer la page Facebook du film > https://www.facebook.com/lafeteestfinie

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