petite bavure policière à Marseille

chapô, les conditions d'une interpellation

Etat d'urgence: petite bavure à Marseille.

 

La semaine dernière, un petit dealer a été présenté au Tribunal dans le cadre des "comparutions immédiates". Il avait été interpellé par une patrouille de police en train de vendre du shit au pied d'un des entrées de la cité " la Castellane ", surtout connue pour avoir il y a quelques décennies été le lieu ou a grandi Zineddine Zidane, ainsi que pour sa réputation d'être un des hauts lieux des trafics de stupéfiants. Et ce malgré plusieurs opérations policières de ratissage dont une au peigne fin. Pour paraphraser Paul Valéry, c'est un peu comme "l'amer, toujours recommencée" (sans les galets ;-) )

Or dans le box, le "prévenu" comme on dit dans le langage judiciaire, s'est présenté avec un visage tuméfié et en particulier un oeil au beurre noir. Son avocat a souligné le fait que son interpellation lui avait causé une fracture des os propres du nez, tel que décrit dans l'examen médical auquel il a été procédé au cours de la garde à vue.

Chose notable: dans le procès verbal, le policier rédacteur explique que l'interpellation du "mis en cause" a suscité des cris et rejets, et que pour s'assurer de la personne du dealer, observé comme opérant des transactions portant sur une substance prohibée, ils avaient dû lui porter des coups de poing au visage.

Mention tout à fait inhabituelle. La praticien de la chose judiciaire sait, par expérience, qu'une interpellation est parfois difficile et n'est parfois pas un jeu de marelle. Mais il arrive parfois que l'expression consacrée "utilisons la force strictement nécessaire" recouvre une rééalité plus prosaïque.

Ce qui est original dans ce procès verbal, c'est que le fait que la patrouille de police ait employé une méthode relevant de la boxe sauvage plutôt que du code de déontologie de la Police nationale et du Code de procédure pénale soit assumé dans une procédure.

Signe des temps? Enervement en lien avec l'état d'urgence en cours?

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