MACRON-MEDEF, LE LIQUIDATEUR DES CONQUIS SOCIAUX…

MACRON-MEDEF, LE LIQUIDATEUR DES CONQUIS SOCIAUX…

MACRON-MEDEF, LE LIQUIDATEUR DES CONQUIS SOCIAUX…

 

 

La conférence de presse de jeudi 25 avril 2019 est indigne et ignoble ; indigne, car même dans le cadre d’une constitution aussi monarchique que celle de la Vème République, le Chef de l’Etat doit incarner l’autorité de l’Etat (art. 5) et non ne songer qu’à le démanteler et qu’à en affaiblir la portée, ignoble aussi car les mesures annoncées par MACRON-MEDEF visent (nous le verrons plus loin avec les retraites) TOUTES à supprimer à terme les conquis sociaux de 1946, selon la célèbre et indélébile formule de Denis Kessler : « Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR (=Conseil National de la Résistance ») » Challenges, 4 octobre 2007. Moins d’impôts pour les « classes moyennes », expression relativement vague qui inclut aussi bien celui/celle qui perçoit un salaire de 2000 € par mois que celui/celle qui gagne 6 à 8000 € mensuels, mais pas de rétablissement de l’ISF et une annonce de la lutte contre l’évasion fiscale qui n’est qu’un effet d’annonce, puisque  nous voyons mal le serviteur de la classe capitaliste, « Le Grand Capital », comme disait Georges Marchais en son temps, se mettre à dos ses petits potes du MEDEF ; ceux qui le croient sont soient naïfs soit vendus… Evidemment, dans la perspective capitaliste, la formule « moins d’impôts » s’accompagne toujours de la diminution, voire de la suppression des conquêtes sociales : la gratuité de l’Ecole, la Sécurité Sociales et ses Hôpitaux qui n’en finissent pas de mourir (personne ne parle, et surtout pas les medias à la botte du pouvoir, des dépressions et des suicides dans ces secteurs, car tout le monde n’est pas insensible, comme MACRON et ses amis du MEDEF, à la misère sociale, à la mort faute de moyens, de ceux qui ne sont « RIEN » (sic) et qui ont donc un besoin vital de ces services publics), la privatisation rampante et désormais clairement programmée des Services Publics en général... Toutes ces mesures ne nuiront sans doute pas aux foyers fiscaux qui perçoivent 8-10 000 € et plus par mois. Les Français devraient aller voir ce que coûtent aux Anglais et aux Américains les « Public Schools » les « Colleges » anglo-saxons (id est : les lycées et les Universités privés qui forment l’élite au Royaume Uni et aux USA).

 

18% des Français (si l’on compte les abstentionnistes et les votes blancs) ont voté Macron et voilà où nous en sommes !

Le documentaire diffusé sur LCP et intitulé La Fin de Solférino dévoile ce qu’est MACRON, un petit parvenu arriviste, sans état d’âme, dont la seule ambition est de ressembler aux Arnault, Pinault (un pote de Hollande et de Ségolène Royal), Niel et consort, peut-être pour surprendre encore et toujours son grand amour, Brigitte ; peu nous importe les raisons psychologiques de MACRON, ce qu’il fait coûte et coûtera de plus en plus de vies humaines. Certes, cela n’est bien entendu pas explicitement dit dans le documentaire, mais cela transparaît tellement que le spectateur humaniste en a la nausée. Même EL Komri explique que MACRON a tellement dénaturé la loi qui porte son nom qu’elle en a été sidérée (lat. siderari : subir l’influence funeste des astres ; en médecine le patient en état de sidération est comme pétrifié), sidération qui nous laisse froids car cette dernière aurait dû, une fois le choc passé, démissionner au lieu de laisser faire… Laisser faire, tel est bien notre problème Français ; un problème récurrent dans l’Histoire récente… Laisser faire en 1914, Laisser faire après la chute du Front Populaire, Laisser faire en 1939 quand Daladier interdit le PCF (26 septembre 1939), Laisser faire en 1940, 41, 42, Laisser faire quand des lois iniques ont été promulguées par Vichy, Laisser faire quand femmes, hommes et enfants juifs sont partis rejoindre les camps… Laisser faire en 2005 quand le NON des Français à la ratification du Traité établissant une Constitution pour l’Europe n’a pas été respecté, Laisser faire en 2003 quand le rouleau compresseur des « Réformes » des Retraites a commencé, avec l’instauration de l’augmentation de la durée de cotisation, de la décote et de la surcote scandaleuses, Laisser faire quand France-Télécom, les autoroutes, EDF-GDF ont été privatisés ou ont commencé à l’être, puis est venu le tour, récemment, de la SNCF etc, car la liste des « Laisser faire » est si longue que le souffle nous manque…

 

LES RETRAITES, VERSION MACRON-MEDEF

 

Comme le montre et le démontre si bien BERNARD FRIOT dans son dernier ouvrage, Le Travail, enjeu des retraites, La Dispute, février 2019, l’enjeu des retraites ne consiste pas à opposer la retraite par répartition à la retraite par capitalisation. En effet, contrairement à ce que nous fait croire la classe dirigeante, qui trouve un intérêt à alimenter cette croyance, même dans les pays les plus capitalistes au monde, ce n’est pas la retraite par capitalisation qui représente l’essentiel des systèmes de retraite, mais bel et bien le système par répartition. Car l’épargne en vue de la constitution d’un capital retraite réclame au minimum une trentaine d’années pour commencer à être un peu rentable, sans compter que les sommes ainsi comptabilisées doivent être très importantes. En réalité, c’est à l’intérieur du système de la répartition que se joue la lutte des classes.

Il existe, de fait, deux manières d’appréhender le système par répartition, l’une est capitaliste, l’autre est communiste…Evidemment, à l’intérieur de chaque système, il existe des degrés.

Ainsi, depuis 2003, nous avons basculé dans une gestion capitaliste ou néolibérale du système par répartition. Décote, surcote, augmentation de la durées des cotisations, augmentation de l’âge de la retraite passée de 60 à 62 ans et, enfin, le cadeau Macroniste : la retraite à points !

La « réforme » Raffarin en 2003, avec la double peine de la décote, a plongé quantité de nos concitoyens devenus retraités au cours des années suivantes, dans la misère ; et plus particulièrement des femmes qui, soit en raison du chômage qui les frappent davantage soit en raison des temps partiels, se sont retrouvées dans la pauvreté. Nous pouvions penser que Sarkozy avec l’augmentation de l’âge de départ à la retraite (de 60 à 62 ans), la suppression de la CPA (cessation progressive d’activité), puis Hollande avec l’allongement de la durée de cotisations avaient usé jusqu’à la corde toutes les mesures ultra-capitalistes. Grâce à ces derniers, la misère dans notre pays s’est répandue comme une traînée de poudre, de plus en plus de personnes âgées fréquentent les Restos du Cœur ou fouillent les poubelles pour se nourrir, sous l’œil insensible de nos concitoyens anesthésiés par les absurdités que diffusent les médias et la Toile…

MACRON-MEDEF a bien l’intention de repousser les limites du Capitalisme. Il met en place la retraite à points, où comment créer encore plus de retraités pauvres ? Non seulement ce fameux point est une calamité pour les petits revenus, puisque sa valeur va dépendre du nombre de personnes susceptibles de percevoir le même taux de retraite (c’est-à-dire plus nombreux sont ceux qui appartiennent à la même catégorie professionnelle que vous et plus basse sera la valeur du point) mais également la longévité potentielle de ce groupe d’êtres humains (si ce groupe de X milliers/millions de personnes est susceptible de vivre encore 25-30 ans à partir de la retraite, la valeur du  point attribuée à ce groupe sera plus basse que si son espérance de vie était de 15-20 ans).

Sans compter la pension de réversion sauce MACRON-MEDEF qui plongera la majorité des citoyens qui ont de modestes pensions dans la pauvreté ; là encore, les femmes seront tout particulièrement touchées, puisque ce sont elles, dans la classe des ouvriers et des petits et moyens employés, qui perçoivent les salaires les plus bas.

Exemple 1: Monsieur a une pension de 1500€ 

               Madame a une pension de  1000€

                                                        = 2500 €  50% = 1250 €

Madame meurt, Monsieur ne touchera AUCUNE pension de réversion, puisque sa pension excède 1250€

Monsieur meurt, Madame touchera 1250€

Exemple 2, Bourgeois très aisés : Monsieur a une pension de 6000 €

Madame a une pension de 2300 €

                                               = 8300€  50% = 4150 €

Madame meurt, Monsieur ne touchera AUCUNE pension de réversion, puisque sa pension excède 4150 €

Monsieur meurt, Madame touchera 4150 €

Si l’on ne comprend pas que cette réforme favorise les hauts revenus, c’est que l’on ne comprend rien.

 

LES RETRAITES, SELON BERNARD FRIOT ou COMMENT FAIRE TRIOMPHER LES TRAVAIILLEURS

 

Le nouveau statut des fonctionnaires, promulgué par la loi de 1946, étendu à la SNCF, à EDF-GDF, aux PTT, fut une conquête remarquable. Mais, ce qui a été alors mis en place par les camarades communistes de l’époque représentait les fondations d’un mouvement à venir plus vaste qui a été brutalement interrompu par le Grand Capital. En effet, le mérite de B. FRIOT, communiste qui a une lecture intelligente et fidèle de Marx, et de son dernier livre Le Travail, enjeu des retraites, c’est bien de nous faire comprendre que la pensée Marxiste est une pensée de la contradiction, c’est-à-dire que la graine communiste existe déjà au milieu de l’environnement néolibéral qu’est le nôtre. Au lieu de laisser MACRON-MEDEF, comme avaient également commencé à le faire les gouvernements de droite et de gauche depuis la fin des années 80, détruire les fondations communistes de 1946, il nous faut les rebâtir puis les étendre afin de transformer cette société en un lieu où il fait bon vivre. Les propositions de B.FRIOT méritent d’être expérimentées. Mais aujourd’hui, il ressemble à Cassandre, il a beau crier en ouvrant le chemin, personne ne l’écoute ni au sein du PCF, sans doute car cela forcerait ses membres à opérer une autocritique sans précédent, ni au sein de la CGT qui a depuis si longtemps oublié ce qu’elle a été...

En ce 1ermai 2019, souhaitons à toutes les citoyennes et à tous les citoyens de faire l’effort de lire B.FRIOT pour se mobiliser autour de ses propositions. Lorsque nous l’avons rencontré, nous lui avons demandé : « Bernard, crois-tu que reviendrons les Jours  Heureux ? » à quoi il a répondu : « Il ne tient qu’à nous… »

 

TRAVAILLEUSES, TRAVAILLEURS, NOUS LE POUVONS !

 

 

 

 

 

 

 

 

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