MARX, visionnaire !

Le Marxisme peut changer nos vies et sauver la Planète

Le Marxisme peut changer nos vies et sauver la Planète

              

 Si les prolétaires petits et moyens veulent un jour gagner la bataille contre le Capitalisme mondialisé et de plus en plus financiarisé, entre les mains de la Grande Bourgeoisie, il faut qu’ils se convainquent de la nécessité de bien connaître celle-ci, ses origines, la manière dont elle s’est emparée du pouvoir économique au fil des siècles, ses réseaux, ses procédés de l’ombre, la manière dont elle recrute ses plus fidèles serviteurs, ces derniers, le plus souvent, choisis parmi des citoyens aux origines relativement banales (Chirac, Sarkozy, Hollande), modestes (Pompidou, Royal, aujourd’hui Macron), voire très modestes (Dati, Guaino…), mais dont le désir brûlant d’appartenir un jour au cercle restreint des décideurs en fait des recrues de choix…  

C’est pourquoi les livres de sociologues comme les Pinçon-Charlot sont très utiles, mais insuffisants. En effet, les recherches de ce couple très sympathique nous permettent de connaître la sociologie actuelle de la GB[1], cette connaissance est indispensable mais lacunaire et insuffisante pour inverser le rapport de force entre la GB1 et le Prolétariat ou, pour utiliser une terminologie plus contemporaine, les Salariés (les travailleurs indépendants, dans la mesure où ils dépendent de donneurs d’ordre, font également partie de cette classe). Car, encore une fois, pour vaincre le Capitalisme, qui détruit nos vies et la Planète, pour instaurer progressivement un écolo-communisme qui devra créer, dans un second temps, une nouvelle République, de nouvelles institutions, capables d’empêcher une minorité de citoyens de réduire en esclavage économique le reste de la population, il importe de bien comprendre comment la bourgeoisie, depuis le Moyen Age, a peu à peu réussi à devenir économiquement la classe dirigeante. A ce propos, le livre Les Racines de la Bourgeoisie de l’historienne Simone Roux est très éclairant.

 

Malheureusement, il ne suffit pas de descendre dans la rue pour lancer une Révolution capable de transformer en profondeur la société dans le sens de la Liberté, de L’Egalité et de la Fraternité. Bien entendu, descendre dans la rue EST une étape révolutionnaire, bien entendu le mouvement des Gilets Jaunes est important, mais il faut bien comprendre qu’aux yeux de la GB1, à l’heure actuelle, il ne l’effraie nullement, contrairement à ce qu’écrivent ici ou là quelques « insoumis » peinards qui, manifestement, ne connaissent RIEN à la GB1

La preuve en est que, sans être grand sémiologue, on aura compris ceci : les propositions du gouvernement en réponse aux revendications des GJ révèlent carrément que Macron et sa clique considèrent lesdits GJ au mieux comme des ânes capables de se taire dès qu’on aura brandi la bonne carotte, au pire comme des révolutionnaires à la petite semaine qui se tirent des balles dans le pied sans le savoir. De telles propositions véhiculent, de la part du pouvoir, la conviction intrinsèque que ce mouvement est un épiphénomène que la classe dirigeante compte mater d’une manière ou d’une autre, d’abord par la ruse, ensuite par la division, enfin, si le tout ne suffisait pas, par la force (cf les primes octroyées aux CRS, alors qu’ «  il n’y a pas d’argent pour augmenter le smic ! »).

 

Pourquoi ni Macron ni la GB ne sont-ils, pour l’instant, aucunement effrayés par le mouvement des GJ ? Tout simplement parce que le mouvement en soi des GJ s’inscrit dans le piège tendu par Macron lors de son élection : Ni Droite, Ni Gauche… Les GJ, sous le prétexte fallacieux de « ne pas vouloir être récupérés » ont envoyé paître tous ceux qui dans ce pays sont à l’origine des plus grandes avancées sociales communistes du XXe siècle : Congés payés, Age de départ à la Retraite, Régime Général de Sécurité Sociale etc, autrement dit tous ceux, la CGT, le PCF etc, qui ont une connaissance savante de la GB, et donc des outils pour la faire plier. Contrairement à ce que pensent un certain nombre de GJ, une Révolution ne sauraient se passer de penseurs, d’intellectuels, d’économistes, de syndicalistes, d’hommes et de femmes politiquement engagés… Or les GJ rassemblent un certain nombre de gens, minoritaires espérons-le, dont certaines revendications sont parfois étonnantes, et qui font le jeu des pires réactionnaires au pouvoir. Dire : « il faut supprimer les taxes » tout court, plutôt que de demander a minima une remise à plat de la fiscalité afin de la rendre plus juste, a été du pain béni pour le gouvernement. Lemaire, Philippe ont tout de suite entonné en chœur la vieille antienne « Nous souhaitons dans l’avenir baisser les impôts, ce qui veut dire diminuer les dépenses publiques qui ne doivent pas peser sur les générations futures ». Cette TRES VIEILLE formule de l’Ancien monde PLUS QUE JAMAIS AU POUVOIR, formule qui dissimule des mensonges éhontés, comme l’ont maintes fois montré les économistes hétérodoxes, fait toujours mouche dans les classes moyennes aisées…

 

Comment vaincre la Grande Bourgeoisie qui mange nos vies et détruit la Planète en toute impunité ?

 

Tous les grands stratèges militaires vous le diront, impossible de vaincre un ennemi si l’on ne sait rien de lui. La GB1, en tant que classe dirigeante, a lutté des siècles durant (rassurons-nous, tout va plus vite aujourd’hui !) pour obtenir contre l’aristocratie des droits lui permettant de s’emparer peu à peu du pouvoir économique, en particulier de la maîtrise et de l’organisation du travail et des travailleurs. Il faut bien comprendre que ce n’est pas la Révolution de 1789 qui la consacre classe dirigeante. Elle était déjà, depuis un temps certain, la classe dominante au moment de la Révolution. Celle-ci lui confèrera uniquement le pouvoir politique qu’elle détenait, déjà, également, en partie. Souvenons-nous du sort que Louis XIV, au XVIIe, réserve à Fouquet (noblesse de robe= anoblie= GB), ce « commerçant » (=les origines de ses ancêtres) plus riche que le Roi lui-même ! Progressivement, la monarchie absolue est devenue entièrement dépendante, économiquement et culturellement parlant, de la GB1, au point de finir moribonde au moment de la Révolution française de 1789. Ceux qui détiennent les capitaux aujourd’hui sont de Grands Bourgeois, malgré quelques particules qui traînent, ce qui n’est nullement le signe d’une appartenance aristocratique. Cette caste qui s’est appropriée le mode de vie aristocratique, son aisance, son raffinement, a créé tout un arsenal de critères discriminatoires pour éviter d’être « polluée » par les « nouveaux riches », petits ou grands, tout en se servant de ces derniers dont elle a besoin. Enfin, pour perdurer, pour maintenir et conserver ses incommensurables privilèges, financiers, culturels, intellectuels, elle a besoin de « collabos », c’est-à-dire de tous ceux qu’elle parvient à convaincre de la soutenir, grâce à des procédés sociétaux et communicationnels qui relèvent de la manipulation, alors que la condition sociale de ces « serviteurs » les enjoindrait, pour le bonheur de leurs semblables, de la combattre sans état d’âme. Son dernier valet, qu’elle doit tout autant mépriser qu’elle en a besoin, c’est Macron…

 

Donc, d’abord, Citoyennes, Citoyens, jaunes, verts ou rouge, il faut vous approprier les connaissances savantes et les méthodes nécessaires au combat contre une classe qui, elle, est extrêmement solidaire en son sein et bien entraînée à ne rien lâcher. Ces savoirs, il faut évidemment aller les chercher ailleurs que dans le Récit historique de notre société que la Grande Bourgeoisie a écrit ou fait écrire par ses dévoués serviteurs de tout poil et que les médias « mainstream » ou les manuels de l’école publique diffusent. Suivez déjà au moins les conférences d’économistes hétérodoxes : Loridon, Rousseau, Porcher, etc sur le site des économistes atterrés, écoutez les conférences d’Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’Histoire Contemporaine, sur son site, qui vous apprendra comment cette GB1 a conduit Pétain au pouvoir, comme elle fait monter aujourd’hui les populistes, tout en poussant des cris d’orfraie ; suivez les conférences de Bernard Friot, brillant chercheur souvent ridiculisé par de pseudo-économistes de gauche qui ne lui arrivent pas à la cheville ; consultez les conférences sur Le Média ou sur Hors-Série. Enfin, n’ayez pas d’a priori, la CGT organise également des conférences où des chercheurs en sciences sociales viennent expliquer comment ont été possibles les conquêtes sociales du passé, rognées petit à petit, depuis près de 40 ans (1983), par un pouvoir contre-révolutionnaire qui se prétend tantôt de droite tantôt de gauche ! Pour y assister, nul besoin d’adhérer à la CGT. Ce n’est pas l’ignorance qui permettra de faire la Révolution capable d’apporter le bien-être et le bien-vivre pour tous. Quel rapport peut-il y avoir entre un GJ qui se plaint de devoir vivre à 4 avec 700 € par mois, ce qui est un crime social, et le grand patron de BTP qui profite du moment pour réclamer de ne plus « payer de taxe sur le diesel » car « il y a trop de charges », rengaine éculée ? Aucun ! Ou plutôt si, les revendications du second, toujours moins d’impôts pour les plus riches, aboutissent inéluctablement à la situation du 1er.

La perle de ces jours derniers :  tous les macronistes défilent sur les ondes des GB1pour expliquer que la suppression de l’essentiel de l’ISF n’a JAMAIS été dans le but de favoriser les riches mais de les faire investir dans l’économie… !!! Or, même un élève de 1ère année de sciences économiques SAIT qu’en pareil cas les riches investissent non dans l’économie réelle mais dans la finance qui leur rapporte encore plus de GROS SOUS ! Les macronistes ont le toupet et la morgue de prétendre que toutes leurs réformes visent la justice sociale. Etes-vous satisfaits par cette manière de nous prendre pour de gros C... Alors, instruisez-vous, Citoyennes, Citoyens !

Ayons Confiance et Sachons organiser les attaques en demandant de l’aide à ceux qui dans l’Histoire de notre pays ont gagné, avec nos ancêtres, de GRANDS COMBATS SOCIAUX !

 

[1] GB : Grande Bourgeoisie

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