Devant les Gilets Jaunes, Macron comediante, tragediante…

Devant les Gilets Jaunes, Macron comediante, tragediante…

Devant les Gilets Jaunes, Macron comediante, tragediante…

 

C’était écrit, comme dans la Tragédie grecque… Il était évident que le Président allait faire des propositions qui se moqueraient des GJ et de tout le Peuple qui souffre. Nous en rappellerons plus loin les raisons, déjà explicitées dans un précédent article.

La forme de l’intervention.Vous avez dit Jésuite ? Une GJ, sur un plateau télévisé, a parfaitement su analyser la forme du discours de ce disciple des Jésuites, vous savez ceux qui ont inventé la Casuistique… Malheureusement, un piètre disciple, car d’un point de vue communicationnel, la forme du discours du Président nous révèle un comédien fort peu doué, de ceux qui n’auraient pu suivre le Cours Florent, encore moins le CNSAD (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique). La Comédie Française ne lui aurait pas même permis de franchir son seuil… C’est que le Théâtre est un art, et non une pratique d’amateur, ce qu’est Brigitte Trogneux, sans parler de sa copine « Mimi » Marchand. N’importe quel bon comédien vous dira que le ton sonnait faux, les accents de compassion relatifs aux compatriotes qui ont des difficultés pour terminer les fins de mois ou le moment du mea culpa à propos des « petites phrases » méprisantes et inhumaines étaient tellement appuyés qu’ils ne parvenaient pas même à simuler la sincérité, à tel point que le téléspectateur, malgré la gravité du propos, se voyait pris d’un fou rire irrépressible. Sarkozy était nettement meilleur, quand il s’agissait de jouer les pleureuses. Conclusion : Macron, de même qu’il n’aurait pas été capable de s’élever jusqu’aux hautes sphères de la philosophie, est un comédien médiocre, au sens contemporain du terme (car au XVIIe, « médiocre » signifiait « moyen »).

Le fond : des mesurettes ; 100 € pour le SMIC payés par les contribuables, suppression de la CSG pour les foyers de retraités dont le revenu est au-dessous de 2000 €. Enfin et surtout, le clou des mesures, pour les entreprises, quelles qu’elles soient, la suppression des charges sociales sur les heures supplémentaires, le dada de Sarkozy qui fait ainsi un retour en douce…Quant aux concitoyens au RSA, aux handicapés, aux invalides, aux SDF, ils n’existent pas même dans l’esprit de Macron, il n’en a jamais vu à la Providence ni à Science Po, pas même à l’ENA, malgré les stages. Pour lui, ils demeurent des « RIENS » qui parfois hantent les gares au lieu d’avoir la bonne idée de débarrasser définitivement le plancher. Les lycéens qui demandent l’abrogation de la « réforme » débile et injuste et celle du dispositif intitulé « Parcoursup », eux non plus, ils n’existent pas, ces petits crétins qui feraient mieux, aux yeux de Macron, d’accepter à terme la privatisation, déjà rampante, de l’Education Nationale. C’est la vie ! Et les classes moyennes, exit aussi. Elles, surtout la petite classe moyenne, qu’elles payent et qu’elles se taisent ! Quant aux fonctionnaires, ceux-là bientôt, grâce à Bruxelles, il faudra s’en débarrasser, TOUT DEVRA ETRE PRIVATISE ! Quand on pense qu’un professeur certifié ou agrégé, qui a au moins Bac + 5, et souvent plus, a vu son pouvoir d’achat diminuer du tiers en 35 ans. Autrement dit, si son salaire avait vraiment suivi le cours de la vie, il aurait dû percevoir un tiers de plus de son salaire d’aujourd’hui.

Qui va payer les mesures de Macron ? Contrairement à ce que pensent la plupart des GJ, heureusement que les partis existent, surtout l’opposition de gauche, PCF, Insoumis, et même le PS, dommage que le PRCF ne soit pas représenté à l’Assemblée par un Georges Gastaud, par exemple. Car malgré les défauts de ces partis, le principal à nos yeux étant d’avoir suivi la dérive droitière (PS, PCF, Insoumis) qui contamine la gauche française depuis 40 ans, ils sont utiles pour démasquer Macron en analysant les pièges qu’il tend au peuple… En effet, comme nous le disions dans un précédent article, ce n’est pas en rejetant ceux qui dans notre pays ont conquis les plus importants acquis sociaux, la CGT, le PCF (du moins les communistes qui restent), que les citoyens de ce pays pourront obtenir des avancées sociales, en attendant de changer en profondeur la société, afin que cesse définitivement l’exploitation des travailleurs par une minorité de nantis du CAC 40 auxquels s’ajoutent les hauts et très hauts revenus. En effet, les mesures de Macron, sous des apparences « sociales » participent du système capitaliste contemporain, qui est devenu aujourd’hui ultra-oligarchique. La hausse du SMIC et le demi-cadeau à une partie des retraités ne sont là que pour faire oublier la suppression des charges sociales sur les heures supplémentaires payées par les entreprises. D’ailleurs, un représentant du patronat n’a pu cacher sa joie de voir rétablie cette mesure sarkozyste qui n’a jamais créé aucun emploi mais qui a déjà creusé, par le passé, et qui va assurément, dans le futur immédiat, creuser à nouveau le trou de la Sécurité sociale, autre bastion conquis par Ambroise Croizat, ministre communiste en 1946, pour les travailleurs français. Or, Macron voudrait également « réformer » la Sécu… Nous savons ce que le mot signifie dans sa bouche… Tout comme le mot « Révolution », titre de son livre, mot qu’il a complètement dévoyé, comme l’avait fait, avant lui, un maréchal célèbre, auquel récemment il a eu l’intention passagère de rendre hommage (Le Monde 8 novembre 2018)… Macron aurait pu choisir, ce qui aurait été à peine mieux, de n’exonérer de ces charges que les entreprises en difficulté, mais NON, TOUTES les entreprises, même celles qui font de confortables profits. En revanche, la lutte contre la fraude fiscale, qui rapporterait à l’Etat 80 à 100 milliards par an (source : syndicat des inspecteurs du Fisc) est à peine évoquée. Les GJ qui se sont félicités de la défiscalisation des heures supplémentaires n’ont pas saisi que l’essentiel de la mesure (les entreprises exonérées des charges sur les heures sup) allait se retourner contre les intérêts du peuple (aggraver le trou de la Sécu).  Pour concevoir une autre société porteuse d’un idéal de justice sociale, pour obtenir des acquis sociaux, nous avons toujours eu besoin, certes, du Peuple, mais aussi d’intellectuels, de femmes et d’hommes politiques capables d’analyser les situations grâce à des savoirs savants qui permettent, entre autres, de déjouer les pièges tendus par le Grand Capital dont Macron est aujourd’hui, comme d’autres avant lui, le plus fidèle serviteur. Bruno Retailleau, proche de P. de Villiers, soutien de Fillon, membre de LR a rappelé que LR réclamait la mesure relative aux heures sup depuis des mois et que celle-ci devait nécessairement s’accompagner de la baisse drastique des dépenses publiques. Donc, pour ceux qui auraient des problèmes de compréhension cela signifie clairement : 1) qu’il s’agit bien d’une mesure de droite faite AVANT TOUT pour enrichir les nantis, 2) que des coupes sombres vont être faites dans les dépenses publiques : Sécu, hôpitaux, Ehpad, Education Nationale, allocations etc. Que certains GJ trouvent cette mesure remarquable nous laisse… rêveurs.

 

En un mot comme en cent, GJ, Citoyennes, Citoyens, Craignez Macron et la clique qui le soutient, mais ne foulez pas aux pieds la politique qui vient d’un étymon grec signifiant « la science des affaires de la cité » car il existe encore, dans ce pays, des intellectuels, des femmes et des hommes politiques qui se battent pour faire reculer ces prédateurs que sont les nantis qui en veulent toujours plus. Encore une fois, ne croyez pas au piège tendu par Macron : ni droite ni gauche. Un tel discours cache toujours une droite dure. Si vous m’en croyez, Gilets Jaunes, utilisez les intellectuels, les politiques honnêtes, qui ne passent pas dans les médias mainstream, pour vous aider. Quant à présenter une liste aux européennes GJ, c’est le plus cher souhait de Macron ; si vous le faites, Macron l’emportera et terminera d’appliquer les directives de Bruxelles… La casse des services publics et des acquis sociaux sera définitive pour longtemps…

 

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