Gilets Jaunes, Attention à la faille…

Gilets Jaunes, Attention à la faille…

Gilets Jaunes, Attention à la faille…

 

 

Comme nous l’expliquions dans un précédent article, Macron n’a eu de cesse, aidé par des médias capitalistes (= appartenant au Grand Capital), de diviser le mouvement des GJ, notamment en annonçant de fausses mesures ou des mesures nuisibles au plus grand nombre (cf mon article précédemment publié). Aussi, ce week-end 15-16/12, les journalistes à la solde du pouvoir n’ont cessé de répéter en chœur, telle une litanie, que le mouvement des GJ connaissait une baisse considérable de ses effectifs, que le plus grand nombre d’entre eux avait été conquis par les mesures de Macron etc etc.

En réalité, même s’il est très difficile de proposer des hypothèses, compte tenu de la nature même de ce mouvement dont les membres sont divers et variés, il est bien possible que ceux qui ont abandonné soient soit des chefs d'entreprises satisfaits par la mesure d’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires, soit des gens en difficulté mais qui ont fini, et cela peut tout à fait se comprendre, en raison de la répression lancée par le gouvernement (arrestations, gardes à vue souvent infondées etc), par craindre de se voir pris dans une de ces arrestations en cascade qui plongerait leurs familles dans le désarroi et dans de plus grands ennuis financiers. Faisons remarquer, au passage, qu’il est heureux (c’est ironique !) que la grande majorité de nos concitoyens ne connaissent pas leurs droits, celui d’être assisté d’un avocat commis d’office par exemple, car sinon ces arrestations intempestives auraient coûté très cher aux finances publiques, dépenses qui, dans ce cas précis, ne dérange nullement le pouvoir…

Toutefois, cette baisse de l’effectif des GJ, sans doute volontairement exagérée par les médias à la solde du pouvoir, nous interpelle et nous renvoie à la diversité sociale et donc politique du mouvement. Pour avoir parlé avec des GJ dans une « ville très bourgeoise », nous avons constaté que cette diversité sociale n’était pas nécessairement un atout, contrairement à ce que pense ceux qui n’ont aucune culture politique, voire aucune culture tout court… En effet, entre le GJ qui n’arrive pas à terminer ses fins de mois car la famille de 4 personnes doit vivre avec 400 €, une fois les factures payées et le chef d’entreprise qui se plaint de « payer trop de charges sociales », il n’y a non seulement rien en commun mais leurs intérêts politiques divergent radicalement. Lorsque vous parlez avec le chef d’entreprise, vous comprenez vite qu’il tient au système capitaliste. Quand vous lui expliquez que l’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires non seulement ne créera AUCUN emploi, comme cela avait été constaté sous Sarkozy-l’inventeur de cette mesure remarquable, mais que cela va creuser considérablement le trou de la Sécurité sociale, il vous rétorque que l’entreprise est essentielle au pays et que sans entreprise le pays s’écroule (ce que personne ne conteste ; encore faut-il savoir qui doit être propriétaire des moyens de production…), que s’il n’y a plus de Sécu on fera comme aux USA, on aura des assurances privées. Autrement dit, vous l’aurez compris, il s’agit d’un dialogue de sourd. Pis encore, le même ajoute que son père bénéficie du 100%. A quoi nous répondons que les assurances privées voient l’intérêt de leurs finances et non l’intérêt du patient, nous pourrions lui fournir moult exemples. Rien n’y fait, pas même une touriste américaine qui passait par là, et qui, intéressée, s’est arrêtée devant ce stand des GJ ; pourtant, lorsque nous expliquons à cette dame le thème de la discussion, elle confirme en anglais, devant le chef d’entreprise GJ, que nous avons raison. Nous demandons, au passage, à notre entrepreneur, si cela ne lui fait rien que Pénicaud, dont le patrimoine s’élève à 7,3 millions d’euros et dont le goût pour Las Vegas laisse rêveur, n’ait cessé, sur les chaînes de TV, de raconter des billevesées en faisant croire aux Français que la « hausse du smic » (qui n’en est pas une) entraînerait nécessairement une hausse de tous les salaires. Pour lui, chef d’entreprise, un tel patrimoine n’est pas choquant, cela devient choquant à partir de milliards d’euros…Bon, tout le monde aura compris que ce GJ-là n’a guère sa place, selon nous, parmi les GJ, et même leur nuit considérablement, sauf s’il se tait.

Il faut appeler un chat un chat, sans culture ni réflexion politiques, sans conscience de classe, au sens marxiste du terme, une révolution n’est guère possible. Nombre de GJ ont cette culture, mais est-ce la majorité ?

Aussi en revenons-nous toujours au même point : ceux qui, dans les organisations syndicales (la CGT), dans les partis politiques (le PCF et surtout le PRCF), ont cette réflexion politique et cette conscience de classe doivent aller vers les GJ, vers les travailleurs, et faire œuvre de pédagogie, doivent transmettre leurs connaissances pour permettre à ces GJ-là, id est ceux qui souffrent réellement à cause de la casse du système social poursuivie à grande échelle et au pas de course par Macron, de faire leurs choix, en toute connaissance de cause.

Intellectuels, Georges Gastaud, Annie Lacroix-riz, Bernard Friot, vous qui êtes à la retraite, les livres, les vidéos, c’est très bien, mais n’oubliez pas le terrain. Où sont les Aragon ???

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.