Les lois d’exception seraient-elles En Marche ?

Les lois d’exception seraient-elles En Marche ?

Les lois d’exception seraient-elles En Marche ?

 

 

 

« Emmanuel Macron, le vertige autoritaire

La décision de mobiliser la troupe, samedi, pourendiguer les manifestations à Paris est sans précédent depuis les grandes grèves de 1947-48. Année après année, le mouvement social est un peu plus criminalisé et les libertés bafouées. Homme sans limites et sans mémoire, le chef de l’État franchit un nouveau pas.

Prend-on seulement la mesure de ce choix d'une gravité extrême ? La décision d'annoncer le renforcement du « dispositif Sentinelle » – entre 7 000 et 10 000 soldats – et son déploiement samedi 23 mars contre les manifestations possibles de « gilets jaunes » à Paris est une rupture historique dans l'ordre républicain. La mise en scène faite par le pouvoir de cette décision renforce encore cette appréciation.La mesure a été prise personnellement par Emmanuel Macron, a-t-il été souligné, puis annoncée en conseil des ministres. »

MEDIAPART , 21 MARS 2019 PAR FRANÇOIS BONNET

 

 

Les signes précurseurs ont tous été présents. Nous ne les évoquerons pas tous, ils sont trop nombreux. Nous ne rappellerons que trois d’entre eux, très symboliques et déjà cités dans de précédents articles. MACRON-MEDEF, en novembre 2018, lors de son inénarrable « itinéraire mémoriel », avait jugé « légitime » (sic) de rendre hommage à Pétain, maréchal frappé d’indignité nationale, déclaré notamment « coupable d’intelligence avec l’ennemi et de Haute Trahison » (sic) ; à Colombey, MACRON-MEDEF prétendait rapporter des propos du général de Gaulle, confiés selon lui par son petit fils, or lesdits propos reprenaient en réalité les termes propres qui figuraient sur les affiches de propagande pétainiste (cf Le Canard enchaîné  ) ; la loi « anti-casseurs » a été conspuée à l’Assemblée Nationale par Charles de Courson, député on ne peut plus anti-marxiste, en ces termes : « On se croit revenus sous le Régime de Vichy ! »

De plus en plus ce régime et tous ceux qui l’entourent ou le cautionnent par leur mollesse (nous songeons également à certains responsables syndicaux…) miment, en effet, les années précédant la seconde guerre mondiale, il suffit de relire  Industriels et Banquiers Français sous l’occupation (lire en particulier le chapitre relatif au dévoiement de certains syndicalistes qui ont préféré leur enrichissement personnel aux intérêts du Peuple).

Comment oser songer à remettre en question le droit de manifester ? Comme le pouvoir précédent, la sauvagerie en plus, MACRON-MEDEF ne rêve que d’instaurer un état d’urgence grâce auquel il pourrait terminer de faire passer toutes ses lois socialicides en toute tranquillité : casse définitive des Services Publics indispensables à la classe moyenne et aux plus démunis (Santé, Education, Justice etc), casse des retraites selon un mode de répartition d’esprit communiste- mode qui a déjà été bien attaqué sous la Droite et sous la pseudo-Gauche depuis 2003, et Victoire du Néolibéralisme sauvage qui relégalisera, sans dire le mot, l’esclavage au travail avec au bout la mort par épuisement physique et psychologique ou par maladie incurable. L’un, Hollande, se moquait des « sans dents », l’autre, sa créature, MACRON-MEDEF méprise les « RIENS » qui constituent la majeure partie du Peuple, tous ceux qui n’ont pas la religion de l’argent roi, des réseaux, ni l’art d’écraser leur prochain ni celui de construire une fortune sur l’exploitation des malheureux.

L’acmé de ce pouvoir autoritaire et sans âme aura été de charger l’armée d’assurer la « défense » intérieure, la détournant ainsi de sa mission fondamentale, la défense nationale. Car le Peuple français n’est pas un ennemi intérieur et encore moins un ennemi étranger, comme l’a été par exemple par le passé l’ennemi nazi. Rappelons le mot de Georges Politzer, le communiste fusillé par les nazis : « La Nation c’est le Peuple ». Par conséquent, ceux qui tirent sur le Peuple, fusillent la Nation, c’est ce que nous devons avoir à l’esprit, tout comme ceux qui portent l’uniforme.

A Nice, samedi 23 mars, lors d’un rassemblement des plus paisibles d’un petit groupe de GJ, Geneviève Legay, 73 ans, qui ne brandissait qu’un drapeau aux couleurs de la paix, a été violemment renversée par une charge de policiers et sa tête s’est fracassée contre un plot en acier, ce que montreront les vidéos. Elle est dans un état grave, ce qui n’a nullement empêché MACRON-MEDEF de commenter l’événement de manière infecte, à son habitude. Ce commentaire, à lui seul, rejoint le début de notre article et nous ramène aux heures de notre Histoire où des êtres ont défié un pouvoir illégitime (un pouvoir qui est élu avec 18% des voix des électeurs inscrits qui représente-t-il ? Et est-il démocratique ?) pour rendre à la France sont honneur et sa liberté.

 

Nous, nous rendons, au contraire, hommage à Geneviève Legay, militante pacifique qui n’a jamais fait preuve de la moindre violence.

Geneviève, tu nous as ouvert la voie de l’Arc-en-ciel que tu agitais à la brise légère du Printemps naissant,

Geneviève, à nous de nous montrer digne de toi et d’emprunter le chemin qui nous conduit aux Jours Heureux sur les pas d’Aragon, d’Eluard et de tant d’autres auxquels nous devons les avancées sociales de 1946…  

 

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