L'Aiguillon
Abonné·e de Mediapart

49 Billets

0 Édition

Billet de blog 31 janv. 2019

L'Aiguillon
Abonné·e de Mediapart

LOI ANTI-CASSEURS ou VICHY, LE RETOUR ?

LOI ANTI-CASSEURS ou VICHY, LE RETOUR ?

L'Aiguillon
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

LOI ANTI-CASSEURS ou VICHY, LE RETOUR ?

Le gouvernement et, à sa tête, MACRON-MEDEF mènent une véritable GUERRE contre les Gilets Jaunes. Si une bonne majorité de Français continue de soutenir les GJ, il n’en demeure pas moins que ladite majorité n’a pas encore décrété la grève générale non seulement pour indiquer au Grand Capital, représenté par MACRON-MEDEF, qu’elle partage les revendications progressistes desdits GJ mais aussi pour protester contre une répression policière et judiciaire qui nous ramène à des périodes nauséabondes de notre Histoire.

David Dufresne, journaliste indépendant qui suit le mouvement des GJ, invité par Aude Lancelin (Le Media), a fait état des chiffres réels de GJ mutilés de guerre (des personnes qui ont perdu un œil, une main, etc) : 246, il y a quelques jours ; depuis d’autres mutilés se sont ajoutés. A ces mutilés, il faut ajouter 11 morts…Par ailleurs, l’un des avocats, parmi ceux qui, au sein de l’association Robes noires Gilets Jaunes, ont décidé de venir bénévolement en aide aux GJ, David Libeskind, dénonce une répression judiciaire sans précédent, que les juristes comme lui n’avaient JAMAIS constaté auparavant. Evidemment, David Libeskind, jeune avocat, n’a pas connu l’époque vichyste. Ainsi, parmi les GJ qu’il a été amené à défendre, il constate qu’un grand nombre sont sanctionnés par des peines de prison ferme alors qu’ils n’ont pas de casier judiciaire et que les actes commis sont minimes. Il précise que pour des faits identiques, en règle générale, les prévenus n’ayant pas de casier n’ont JAMAIS de prison ferme. Maître Libeskind parle d’  « une justice d’exception »(sic). Il souligne que ces peines de prison ferme, peines absolument disproportionnées,  qui touchent des GJ très modestes, ont des conséquences dramatiques sur les familles desdits GJ.

Mais les Français laissent faire… Cela ne vous rappelle rien ?

David Libeskind, a rappelé que, le 22 novembre 2018, la ministre de la justice a adressé à tous les procureurs une circulaire prônant une sévérité extrême dans le traitement des affaires des GJ. De plus, une copie de cette circulaire a été faite aux Présidents des Tribunaux de Grande Instances (belle conception de l’indépendance de la Justice !). Aussi D. Libeskind (Le Média, L’Entretien libre) termine-t-il son propos en disant que la loi « anti-casseurs » devrait s’appeler plutôt LOI ANTI GILETS JAUNES.

Mais les Français laissent faire…

La loi vient d’être présentée à l’Assemblée Nationale où il y avait, une fois de plus trois pelés et deux tondus, même, pour ne pas dire surtout, dans les rangs de La France Insoumise. Et, devinez, quel est le député qui a sauvé l’honneur de la représentation nationale ? Eh bien, non ! Pas du tout un député de la FI ! A croire que depuis que Mélenchon a des ennuis avec la justice, leur devise est « Courage, Fuyons ! ». Le député en question, auquel nous rendons hommage ce soir, député dont nous ne partageons pourtant absolument pas les idées politiques, le seul député qui a eu le COURAGE de nommer la situation que nous vivons tous, c’est Charles de Courson qui a dit, sans détour et sans crainte : « On se croit revenu sous le Régime de Vichy » (sic). Merci monsieur de Courson. Mais Charles de Courson est de ces êtres qui n’oublient pas l’Histoire et qui a été très certainement élevé dans le respect de ses ancêtres dont il peut être fier. Son père fut Résistant, Son grand-père maternel, Léonel de Moustier, député du Doubs, refusa de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et mourut en déportation ; vous savez, Pétain, ce maréchal auquel Macron, récemment encore, avait prévu de rendre hommage (Le Monde, 8 novembre 2018).

Il est des actes historiques IMPARDONNABLES. Heureusement que, dans ce pays, il existe encore des Français qui n’oublient pas. Un journaliste ignare de TMC est venu, ensuite, interroger Charles de Courson en lui demandant s’il avait choisi sa phrase pour faire un « buzz ». Le député n’a pu retenir ses larmes en répondant : « Croyez-vous, monsieur, qu’on pense à faire un buzz quand on a perdu des membres de sa famille en déportation sous Vichy ? » Le crétin de journaliste avait l’air de ce qu’il est…

Bien des familles en France entendent encore la voix de chers disparus qui ont connu cette époque impardonnable. Nous nous souvenons de ce que nous ont enseigné nos parents : les traitres étaient déjà ces grands capitalistes qui avaient mis Pétain à la tête de notre pays uniquement pour pouvoir faire prospérer les intérêts financiers qu’ils avaient avec l’Allemagne. Pour ceux d’entre vous qui auraient encore des doutes, nous les invitons à lire l’ouvrage d’Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure, Industriels et Banquiers français sous l’Occupation, livre qui regorge de références aux archives.

Alors, que comptez-vous faire ? Continuer votre vie paisible en détournant le regard, en laissant les GJ à leur triste sort ? Ou comptez-vous les rejoindre, avec nous, pour oser, enfin, avec eux, participer à la grève générale qu’ils appellent désormais de leurs vœux ? Allons-nous  laisser MACRON-MEDEF casser tout ce que le Conseil National de la Résistance a construit ?

Allons-nous laisser revenir les effluves de Vichy ?

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Soupçons d’emploi fictif : une vice-présidente du RN visée par une enquête du Parquet européen
Selon nos informations, une série de perquisitions est en cours lundi 5 décembre, visant deux élus RN, dont Edwige Diaz, vice-présidente du parti, dans le cadre d’une enquête du Parquet européen. La justice se penche sur des soupçons d’emploi fictif, lorsque la députée était assistante parlementaire européenne en 2018-2019.
par Marine Turchi
Journal — Europe
Ukraine : la guerre, « un puissant accélérateur » pour les droits LGBT+
Depuis le début de l’invasion russe, de plus en plus de soldats ukrainiens portent publiquement les revendications des personnes LGBT+, en particulier la demande d’une union civile entre partenaires du même sexe. L’enjeu, en temps de guerre, est capital. Des hommes et des femmes meurent au combat, sans que leurs proches ne puissent revendiquer aucun droit sur leur corps.
par Mathilde Goanec
Journal
Comment le gouvernement veut rattraper le retard français
Dans un contexte de risque élevé de tension sur le réseau électrique cet hiver, l’Assemblée nationale examine, à partir du lundi 5 décembre, le projet de loi visant à accélérer le déploiement de l’éolien et du solaire en France.
par Mickaël Correia
Journal
États-Unis : en Géorgie, une enquête sur l’élection de 2020 menace Donald Trump
L’ancien président a moins de souci à se faire au sujet de la défaite attendue de son poulain, Herschel Walker, lors de la sénatoriale de Géorgie du mardi 6 décembre, que de l’enquête de la procureure Fani Willis, au terme de laquelle il pourrait être inculpé pour fraudes et ingérences électorales.
par Alexis Buisson

La sélection du Club

Billet de blog
L’électricité, un bien commun dans les mains du marché
Le 29 août dernier, le sénateur communiste Fabien Gay laisse exploser sa colère sur la libéralisation du marché de l’électricité : « Ce sont des requins et dès qu’ils peuvent se goinfrer, ils le font sur notre dos ! ». Cette scène témoigne d’une colère partagée par bon nombre de citoyens. Comment un bien commun se retrouve aux mains du marché ?
par maxime.tallant
Billet de blog
L'électricité est-elle un bien commun ?
[Rediffusion] L'électricité est-elle un bien commun, comme Yannick Jadot l'a fait récemment ? La formule produit un effet électoraliste garanti. Mais cette opération rhétorique est sans intérêt s’il s’agit, à partir de la fonction sociale actuelle de l’électricité, de faire apparaître dans le système énergétique des options qui méritent un positionnement politique.
par oskar
Billet de blog
À Brioude, itinéraire d'une entreprise (presque) autonome en énergie
CN Industrie vit en grande partie grâce à l'électricité produit par ses panneaux solaires. Son modèle énergétique est un bon éclairage de ce que pourrait être un avenir largement éclairé par les énergies renouvelables. Rencontre avec son patron précurseur, Clément Neyrial.
par Frédéric Denhez
Billet de blog
Les coupures d'électricité non ciblées, ce sont les inégalités aggravées
Le gouvernement prévoit de possibles coupures d'électricité cet hiver : j'ai vraiment hâte de voir comment seront justifiées l'annulation de trains et la fermeture d'écoles pendant que les remontées mécaniques de Megève ou Courchevel continueront à fonctionner. Non ciblées sur les activités « non essentielles », ces coupures d'électricité pourraient aggraver les inégalités.
par Maxime Combes