En passant par la Turquie, récit footballistique

De voyage en Turquie en mars 2017, j'en profite pour me délecter d'un Beşiktaş Jimnastik Kulübü - Olympiakos en 1/8e de final retour d'Europe League. Innoubliable!

1/8e de final retour Europa League : Beşiktaş Jimnastik Kulübü - Olympiakos

Le voilà, à quelques encablures de l’arrêt de tramway Kabataş, entre le  magnifique Palais Dolmabahçe et la mosquée du même nom, trône la flambante neuve Vodafone Arena. Une magnifique arène posée sur la rive occidentale du Bosphore.

A J-2 du match, deux nouvelles, 1) il reste des places au guichet, 2) seulement en tribune VIP à 650 livres turques (environ 160 euros)… On n’est pas à Istanbul tous les jours, la carte bleue VISA chauffera pour l’occasion ! D’autant plus que l’affiche s’annonce alléchante. Beşiktaş JK reçoit l’Olympiakos en 1/8e de final retour d’Europa League. A l’aller le score 1-1 promet un match retour ouvert. Pour pimenter le tout, une forte rivalité anime les deux cités multimillénaires. Peut-être une histoire pas totalement close datant de Byzance en -300 avant JC ?...

Le jeudi dès 16h dans le quartier touristique de Sultanahmet ou dans la rue commerçante d’İstiklal menant de la Galata jusqu’à la place de la Taksim beaucoup de monde avec au choix, maillot, écharpe ou bonnet noir et blanc aux couleurs du BJK. La pression monte. Pas de grecques à l’horizon, ils n’auront certainement pas été autorisé à se déplacer. Vers 19h je m’engouffre avec la foule dans le funiculaire qui vous conduit de la place Taksim vers la station Kabataş.

Les abords du stade sont noirs de monde. Ou plutôt noir et blanc car tout le monde aborde les couleurs du Jimnastik Kulübü. Devant le stade, pas mal de torches craquées pour continuer la montée en pression. Les mecs ivres côtoient les femmes voilées, tout le monde est là pour la même chose, la qualification de Beşiktaş ! 

Entrée en tribune VIP à 1h du coup d’envois et changement d’atmosphère. Ambiance violons et petits fours dans les coursives. Je rejoins ma place et une bonne partie des 42000 places sont déjà occupés. Les mecs sont debout et encouragent bruyamment leurs joueurs pendant l’échauffement.  Une bonne partie de ces derniers est encouragé nommément, un par un, par les tribunes et là, le mec quitte l’échauffement collectif et vient saluer la tribune. Jamais vu en France. Les 22 acteurs regagnent les vestiaires et la tribune latérale déploie un magnifique tiffo. Hissé par des cordes sur toute la hauteur du stade. Une première partie avec trois joueurs de dos et le message « Fight for Us », puis derrière eux apparaît une carte de l’Europe avec un avion allant d’Istanbul à Stockholm (ville hôte de la finale).

Au coup d’envois, le stade est plein comme un œuf, un chaudron ahurissant comme j’en ai jamais vu.  Juste avant le coup de sifflet de l’arbitre, tout le stade (y compris la tribune VIP et les loges) est debout agitant les bras « oh oh oh oh » et au coup de sifflet libérateur le traditionnel et magistral « Bir, Iki, Üch – Beşiktaş – Beşiktaş » puis tout le monde saute « la la la la, oh Beşiktaş ». Incroyable.

La suite est un récital, il n'y a pas un kop à proprement parler, tout le stade est debout pendant tout le  match. Le premier quart d'heure a été insoutenable pour les grecques. Sifflés à vous en faire perdre la tête sur leur possession de balle. Et dès qu'ils récupèrent le ballon, les turques se projettent vite vers l'avant. Mais pas à 4 ou 5, à 42000 ! Les noirs et blancs abusent de jeu direct par l'axe avec Aboubakar et par les ailes avec Quaresma d'un côté et Babel de l'autre.

Scénario de folie, car les turques mèneront rapidement 2-0 avant de voir les grecques revenir à 2-1 puis d’être réduit à dix. Les joueurs du BJK feront le dos rond toutes la pendant 40 avant de marquer deux buts synonyme de qualification en fin de match (4-1).

La folie se poursuit le lendemain, où arborant un bonnet du BJK, je suis régulièrement hélé par des mecs le pouce levé que ça soit dans la rue où même directement par des policiers dans les contrôles à l’entrée des zones touristiques. Ça c’est football !

 

 

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