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Billet de blog 2 mars 2018

Monsieur Le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être........

Colombine et Pierrot, sœur et frère de Monsieur Macron, ex Président de la République ont dû quitter la France pour échapper aux violences du pouvoir en place. Quelqu'un lui donne des nouvelles

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Bonjour Mr Macron, Président de la République Française

Aujourd’hui, 1er juin 2023, vous ne devez pas à avoir beaucoup le moral. La situation en France s’est rapidement dégradée depuis l’élection de votre concurrent aux dernières présidentielles. Entre la liberté de la presse compromise et une présence accrue des forces de l’ordre mais surtout des milices régionales et de la mafia, la France n’est plus, comme toute l’union européenne, cette terre des lumières qui nous faisait tant rêver.

Je comprends vos inquiétudes. Nous ne pouvons résoudre celles générées par votre situation de chef de l’opposition mais nous pouvons vous donner des nouvelles de votre sœur Colombine et de votre frère Pierrot qui ont dû partir très loin sans prendre le temps de vous en donner les raisons.

Colombine et son mari ont subi de nombreuses fois la captation de leur salaire par la mafia locale et la police et se sont souvent retrouvés sans aucun moyen pour vivre. Leur décision difficile de quitter leur pays a été prise suite à une bastonnade par la police, raclée ayant entraîné une fausse couche pour Colombine qui se remet difficilement de la perte de son bébé. Toutefois, ils vont mieux et sont parents d’une magnifique petite fille qui va à l’école et d’un petit garçon très vivant. Leur demande d’asile ayant été refusée, ils sont maintenant en situation irrégulière et dépourvus de toutes ressources financières. Nous les accompagnons dans leur difficile parcours en leur assurant notamment un logement, ce qui leur permet de ne pas être à la rue.

Pierrot est, avec sa famille, dans notre pays depuis trois mois. N’ayant pas non plus obtenu le droit d’asile dans leur 1er pays d’accueil, ils ont dû partir précipitamment pour ne pas être renvoyés en France et soumis de nouveau aux brimades mafieuses. La famille va très bien et s’est agrandie d’une petite fille, il y a tout juste un mois. Nous les accompagnons aussi et sommes très inquiets pour les 2 aînés. Difficile pour eux de quitter brutalement les amis qu’ils s’étaient fait à l’école et malgré leur courage, on devine dans leur yeux une profonde tristesse et une inquiétude pour le lendemain. Et pourtant, 3 mois après leur arrivée, ils s’expriment très correctement dans notre langue et leur volonté de réussir fait rêver nombre de parents chez nous.

Une fois par semaine, nous les accompagnons aux « Restos du partage » où ils retrouvent certains de leurs compatriotes et parlent du pays. Quelle tristesse de voir ces jeunes hommes et femmes, capables de travailler et voulant travailler pour nourrir leur famille, ronger leurs freins et se résoudre à bénéficier de la solidarité nationale pour manger. Quel dommage de ne pouvoir s’appuyer sur cette force vive qui ne demande qu’à se mobiliser.

Dans notre confédération et notre pays, qui d’une certaine façon reprends le flambeau de cette France terre d’asile et de fraternité, l’économie se porte mieux et notre démocratie fonctionne correctement. Mais nous voyons poindre des signes inquiétants. Là un mur, ici le renforcement de contrôle policier, qui ne laissent présager rien de bon pour vos compatriotes dont votre famille. Devant l’afflux de migrants, notamment européens, beaucoup d’entre nous ne veulent plus les accueillir, par peur de devoir partager la solidarité nationale en faveur des plus pauvres, de perdre son emploi, de l’altérité différente, du terrorisme, toutes ces peurs entretenues pas ceux qui ne veulent pas partager.

Certains évoquent un risque accru des fraudes sociales, représentant pourtant très peu d’un point de vue statistique. Alors que l’évasion fiscale ou l’optimisation fiscale immorale, trop vite oubliées, représentent dix fois plus de moyens financiers que la petite fraude sociale et échappent à la solidarité générale, au bien commun.

A l’heure où tout le monde se serre la ceinture, où nos services publics s’amenuisent ou disparaissent, comment accepter de voir les puissants être les plus grands usagers de ces services publics de l’éducation, de la santé, du transport, des communications, voire de la sécurité et ne pas les voir contribuer à ces mêmes services à hauteur de leurs moyens ?

En rejetant la faute sur les plus fragiles d’entre nous, ceux laissées sur le carreau par la course au profit et ceux qui ont tout quitté dans l’espoir d’une vie meilleure. Ces chômeurs qui soi-disant ne cherchent pas du travail et ces réfugiés « économiques » qui doivent rester chez eux. Ces derniers devraient pouvoir aussi bénéficier de ce droit d’asile car ils viennent de zone en guerre. La guerre la plus vicieuse dans laquelle nous sommes tous plongés aujourd’hui car elle ne fait pas de bruit, elle ne se voit pas, elle est sans limite et met hors-jeu des milliers de Richesses Humaines les plus fragiles, pour simplement voir le profit de peu d’entre nous augmenter, la Guerre Économique.

Devrons-nous vraiment voir se réaliser chez nous ce qu’écrivait ce grand français la Fontaine « Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

Et pourtant, tous ces collectifs présents sur notre territoire, qui accompagnent vos compatriotes dans leurs difficiles parcours tournés vers un espoir, celui de l’obtention du titre de séjour ce « Sésame magnifique » garantissant enfin un peu de sérénité, sont le vibrant exemple que la connaissance de l’autre fait taire ces peurs et permet de partager simplement du temps de rencontres et d’apprentissage, des légumes du potager, des cultures différentes.

Monsieur Macron, j’ose vous demander de jouer de votre pouvoir d’influence auprès de mon pays et de la confédération auquel il appartient pour que nous puissions continuer de faire briller les valeurs magnifiques transmises par votre pays. Défendez Colombine et Pierrot et tous les autres, victimes et réfugiés de la guerre y compris économique, afin qu’ils puissent, au sein de notre pays, trouvez enfin une terre d’accueil et se reconstruire parce que l’espoir sera de nouveau là.

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