Il y a tous ceux que l'on oublie - Centralites

Le droit d'asile : un Droit de L'Homme

L'UNION EUROPEEENNE BATIT DES CAMPS POUR ENFERMER DES GENS EN RAISON DE LEUR NATIONALITE

Il n'y a pas de mur pour rentrer en Europe, mais une mer à franchir, et des camps où ceux qui tenteront leur chance seront enfermés.
En notre nom, notre gouvernement et tous les gouvernement européens foulent les Droits de l'Homme.

Article 13 des Droits de l'Homme :
"« Toute personne a le droit de circuler librement, et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »

Visiblement ça ne s'applique que quand on a du fric ou des beaux diplômes.
Je republie ici mon texte, "Centralités", plus que jamais d'actualité :

France, Terre d’accueil. Méditerranée, mer limpide, bleu azur, chaleureuse et nourricière. Méditerranée, meurt   d’accueil, première destination d’immigration éternelle pour tous ces hommes et femmes qui fuient les combats, la misère, la faim, la répression politique, ou simplement en quête d’une destinée meilleure. Méditerranée, tombeau ouvert sous nos yeux cyniques d’Européens, campés sur nos quotas, notre seuil de tolérance, notre définition étriquée de l’identité confinant à la pureté des origines, et nos sacro-saints critères de convergence.
Il y a ces choses si importantes, mises de côté quand elles devraient être centralités. Ouvrir ses mains, ses yeux, son cœur, faire preuve d’empathie, accueillir, nourrir, guérir. Prodiguer des bienfaits, tout savoir partager. Il y a des choses qu’on oublie, des Traités qu’on brandit à la face de certains pays pour donner des leçons de démocratie mais tout ça n’est qu’héritage des colonies. Il y a cet Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : « Toute personne a le droit de circuler librement, et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »

Il y a tous ceux que l’on oublie, jour après jour, encore et encore, jungle après jungle, corps après corps, mort après mort.

Il y a nos yeux fermés pour les disparitions de ceux finissant nourriture à poisson, se jetant dans ces embarcations de fortune, principalement inopportunes. Pour un réfugié qui passe, combien trépasse ? Combien sont broyés sous un camion à Calais ? Combien meurent de faim, de froid, d’épuisement en chemin ? Combien de femmes violées ? Ce voile que l’on pose sur ces vies déchiquetées, ces enfants en en stress, en détresse, ces enfances brisées, morcelées. Nous parlions d’immigrants car, fut un temps, nous leur bâtissions le droit de rester. Nous disons désormais migrants, ce sont nos frères pourtant car le seul choix qu’on leur laisse, c’est de bouger, dégager.

Où s’est barrée notre humanité ?

Il y a tous ceux que l’on oublie, jour après jour, encore et encore, jungle après jungle, corps après corps, mort après mort.

Mais il y a ces choses si importantes qu’on oublie, pourtant au centre de notre vie, nous disant : nous ne sommes pas responsables. Nous laissons faire cet enfer, restant sidérés devant ces vivants, aux portes de la mort, au lieu de les considérer. Il y a ceux qui aident quoiqu’il leur en coûte, que coûte. Se retrouvant menottés, de prison menacée, leur seul tort étant juste de sauver.

Il y a tous ceux que l’on oublie, jour après jour, encore et encore, jungle après jungle, corps après corps, mort après mort.

Et si l’amour n’est pas notre essence, c’est que, de la vie, nous avons perdu le sens. 
Perdu la vue, perdu les sens

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