La mort est ta maison

 

La mort est ta maison, que m'importe au fond, si tu finis nourriture à poisson. Reprends la mer, amer, reprend la route, pas de doute. La mort est ta maison, telle est la loi, c’est la raison. Qu’importe les voies de la raison, la mort est ta maison. Prends ce qui est ta seule ration.

 

La mort est ta maison, telle est la loi, il fallait naître au bon endroit. La mort est ta maison, tu n’es qu’un homme sans droit. C’est ça, au fond, retourne donc chez toi, que m’importe à moi si la mort est ta maison. Telle est la loi, c’est la raison.

 

La mort est ta maison. Tu fuis ton toit à cause de la guerre, de la misère, mais sache qu’ici, c’est la crise je ne partagerais pas je n’ouvrirais pas mes bras. La mort est ta maison et nous fermons les ponts. Je ne te connais pas, je me méfie de toi, retourne donc chez toi, va retrouver ta Terre, ivre de misère . Va retrouver ta Terre, quitte à dormir dessous puisque la mort est ta maison.

 

La mort est ton voyage, à chaque pas elle te guette. La loi s’impose à toi, chez moi, celle du plus fort, chez toi, celle du plus mort. Je la graverai sur ton corps si tu en doutes encore, sur ta vie s’il le faut, finie la comédie. Tu la porteras en homélie, rentre donc chez toi, là où la mort est ta maison

 

Ce n’est pas sans raison si tu finis au fond de l’eau dans un naufrage ou jeté du bord par un passeur sans cœur. Ce n’est pas sans raison si tu finis mariée de force à un ténébreux guerrier ramenant chaque soir son lot de sang au nom de Dieu. Que m’importe, au fond, si tu péris dans les geôles d’un dictateur sanguinaire, ton corps jeté au fond d’une fosse commune criblé de balles par l’armée régulière, criblé de balles par la guérilla révolutionnaire, ou par des miliciens.

Ce n’est pas sans raison si je te renvoie chez toi, là où la mort est ta maison, car il n’y a pas la place chez moi pour tous les malheureux de la Terre. Alors, rentre donc chez toi. Reprends la mer, amer, reprends la route, pas de doute, tu n’es qu’un homme sans droit. Telle est la loi, c’est la raison.

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