Au Brésil, apprenez le français avec la méthode du capitaine Naissance !

Curso intensivo de francês com Capitão Nascimento © Débora Freire
Curso intensivo de francês com Capitão Nascimento © Débora Freire

« C’est mon pére ? », lance l’étudiant, timide. « Non ! C’est mon père ! Accent grave !!! », répond le professeur entre amusement et exaspération, tant il est convaincu que jamais ses étudiants brésiliens ne feront la différence entre les deux accents. Depuis que la langue de Molière a disparu des écoles publiques et de la majorité des privées au profit de l’anglais – ou du néant - apprendre le français, au Brésil, apparaît souvent comme un chemin de croix aux étudiants de meilleure volonté. Il y a les accents, dont les subtilités échappent à l’oreille locale, et surtout cet orthographe incompréhensible qui fait qu’un même phonème ait des graphies si différentes. Pot, peau, même combat ? Des étudiants d’un cours de français de Recife, la capitale du Pernambouc, dans le nord du Brésil, ont décidé de se moquer de la terreur que leur inspire leur professeur ou leur cours en détournant les images du films « Troupe d’Elite ». Sorti il y a trois ans en battant tous les records d’audience de l’histoire du cinéma brésilien – (record battu une nouvelle fois par troupe d’élite 2, qui a monopolisé les écrans l’année dernière), le film relate l’histoire du capitaine Nascimento (naissance, en français), chef du Bope, la troupe d’élite de la police militaire de Rio de janeiro. On le voit torturer et tuer des bandits, et former, en les terrorisant, les nouvelles recrues. L’adaptation « en français » du film est surtout drôle quand on l’a vu. Si ce n’est pas encore le cas, précipitez-vous. C’est sociologiquement passionnant sur les relations entre la population, la police, et les gangs de la drogue, mais aussi les différences de classes sociales. Et cela fera sourire sur l’image de rigidité que transmet l’enseignement du français de ce côté de l’Atlantique.

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