Un cheikh du Qatar, seule espérance pour l'ara bleu brésilien de Rio

RIO Bande Annonce Version Française © 20th Century Fox France
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Les vacances commencent. Si vos enfants, neveux (vous-même ?) ne vous y a pas encore traîné, vous n’allez pas couper à « Rio », le dernier grand dessin animé, contant les aventures de Blu, un ara bleu, espèce en voie de disparition. Elevé dans le Minnesota, Blu, seul mâle de la planète revient au Brésil, à la demande d’un ornithologue, pour rencontrer Perla, dernière femelle, et tenter ainsi de sauver l’espèce... Dans la vraie vie, c’est désormais à un cheikh du Qatar qu’il faut s’adresser.

Blu et Perla ne sont pas les seuls survivants de cet oiseau originaire du Brésil, on en décompte en fait 71, dont 66 à l’étranger. Jusqu’aux années 1980, les pouvoirs publics faisaient peu pour empêcher la chasse du ara, qui se négociait jusqu’à 15 euros par des collectionneurs fanatiques. On a retrouvé un couple dans une région, mais il faut une population minimale pour prétendre réintroduire l’espèce. Le cheikh Saoud Bin Mohammed Bin Al al Thani, principal éleveur du monde, avec 55 oiseaux en détention a décidé de changer de statut : passer de collectionneur illégal à celui de protecteur. Il s’est engagé à relâcher dans une région spécifique de Bahia, d’où est originaire le ara bleu, son précieux volatile. Les environnementalistes n’ont aucune amitié pour ces personnages qui ont traqué l’espèce dans le monde entier, mais ils reconnaissent qu’il est aujourd’hui l’unique espérance de récupération. « C’est comme si un chef du trafic de drogues était le seul capable d’en finir avec la violence provoquée par le trafic », confie le biologiste Francisco Pontual au journal O Globo.

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