Lula : la tentation du troisième mandat

C’est comme une musique lancinante. Régulièrement, le thème revient sur la table : et si Luiz Inacio Lula da Silva, Lula pour tout le monde, briguait un troisième mandat ?

C’est comme une musique lancinante. Régulièrement, le thème revient sur la table : et si Luiz Inacio Lula da Silva, Lula pour tout le monde, briguait un troisième mandat ?

 

La constitution l’interdit, mais n’est-ce pas absurde de se priver de celui qui en apparence a réconcilié les classes sociales au Brésil. La croissance brésilienne semble s’être installée au dessus de 5%, le chômage n’a jamais été aussi bas, on n’a jamais créé autant d’emplois formels, la consommation des ménages explose et l’investissement rebondit. Les banques affichent des bénéfices historiques et les plus pauvres sortent la tête de l’eau grâce à une allocation copiée depuis dans le monde entier, « Bolsa familia », la « bourse famille ».

 

Au niveau international, l’OMC tremble quand le Brésil parle, l’ONU remercie ses casques bleus, et, consécration suprême, accueillir la Coupe de monde du football de 2014. Comme a pris l’habitude de le répéter Lula au début de tous ses discours, « Jamais avant dans l’histoire de ce pays ! ».

 

Régulièrement, l’idée d’un troisième mandat revient dans le débat public, comme un ballon d’essai. L’opposition la lance pour évaluer la popularité du président, qui reste, à ses yeux, désespérément élevée. Le gouvernement la reprend, soit pour détourner l’attention d’un thème plus problématique, soit parce que Lula l’envisage vraiment. La constitution l’interdit, mais une constitution, ça s’amende. En Amérique Latine, les plus grands démocrates finissent par retrouver des accents caudillos.

 

Lula n’ira probablement pas au bout de son désir, il est trop respectueux des institutions. Mais cette tentation illustre à quel point sa formation politique, le Parti des Travailleurs est nu. Pendant vingt ans, le PT a eu pour seul objectif de porter Lula au pouvoir, finissant par confondre la fin et les moyens. Il a réussi l’impossible : un mécano qui n’est même pas arrivée au niveau du lycée, à la tête d’un des pays les plus inégaux du monde. Mais il a progressivement perdu tous ses dauphins.

 

Pour 2010, le PT, à vrai dire, n’a qu’un candidat susceptible de l’emporter : Lula

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